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Appel en faveur de mesures d'urgence contre la méningite en Afrique

Les prix trop élevés et la pénurie de vaccins sont les principaux obstacles

Le succès d’un nouveau plan d’action contre une souche épidémique de méningocoque récemment apparue en Afrique dépend de la disponibilité de vaccins d’un prix abordable. Telle est la principale conclusion d’une consultation d’urgence qui s’est tenue cette semaine en Afrique occidentale.

Des experts du monde entier, et surtout de toute l’Afrique, se sont réunis au Burkina Faso, premier pays d’Afrique touché par une épidémie due à une nouvelle souche de méningocoque appelée W135. La flambée, qui s’est déclarée en février dernier, a provoqué plus de 12 000 cas et fait près de 1500 décès.

Les discussions de grande ampleur qui ont eu lieu entre l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires au sujet de la préparation aux flambées de méningite et des mesures de lutte ont débouché sur un plan d’action médicale, politique et financière. Des mesures doivent être prises d’urgence en prévision d’une autre flambée due à la souche de méningocoque d’émergence récente connue sous le nom de W135, qui pourrait se déclarer dans ces prochains mois.

«En prévision de la prochaine saison épidémique, nous devons nouer des liens solides entre les pays d’Afrique qui ont besoin de se procurer des vaccins et des antibiotiques existants mais inaccessibles financièrement et les secteurs privé et public des pays riches qui contrôlent l’accès à ces produits,» a déclaré le Dr Jean Gabriel Ouango, Secrétaire général du Ministère de la Santé du Burkina Faso, qui présidait la réunion.

Les experts sont convenus que le plus important était d’obtenir un vaccin pouvant être utilisé contre toutes les futures flambées de méningite en Afrique. Ce vaccin devra couvrir les trois souches différentes de bactérie responsables des flambées antérieures – y compris la nouvelle souche W135 – et qui pourraient être à l’origine de nouvelles épidémies dès la fin de 2002.

Un vaccin incluant les trois souches est déjà utilisé systématiquement dans les pays industrialisés mais son prix de vente actuel (entre US$ 4 et US$ 50 la dose) le rend inaccessible financièrement aux pays d’Afrique. Les experts sont d’avis qu’au delà de US$ 1 la dose, l’utilisation de ce vaccin tétravalent en cas d’épidémie en Afrique serait sérieusement compromise et qu’il faut tenter par tous les moyens d’en réduire le prix tout en accroissant sa production. Des négociations visant à réduire le prix de ce vaccin sont déjà en cours.

«Les pays d’Afrique n’ont guère d’autre choix que de combattre les épidémies de méningite. Nous devons les aider à protéger leurs enfants contre une maladie invalidante et mortelle,» a déclaré le Dr Daniel Tarantola, Directeur du Département OMS, Vaccins et produits biologiques.

Entre autres mesures essentielles à prendre en prévision de la prochaine flambée possible à sérogroupe W135, il convient d’améliorer la surveillance de la maladie dans les dispensaires et les hôpitaux, de resserrer le maillage des laboratoires de district qui pourraient servir de système d’alerte précoce, de tester au plus vite de nouveaux médicaments pour les personnes infectées, et d’accélérer l’acheminement des médicaments là où ils sont nécessaires.

En Afrique, on administre actuellement aux malades atteints de méningite du chloramphénicol en suspension huileuse, antibiotique peu utilisé dans les pays industrialisés, et dont la production mondiale est par conséquent insuffisante. Toutefois, un traitement utilisant la ceftriaxone en dose unique s’est déjà révélé prometteur. La ceftriaxone pourrait être plus facile à obtenir et à utiliser et elle serait plus efficace. Des essais plus poussés sont nécessaires avant l’adoption de ce médicament sur une plus grande échelle en remplacement du traitement existant.

Enfin, pour affronter les flambées futures, il reste à obtenir l’engagement financier et politique des pays affectés et de leurs voisins, ainsi que celui de la communauté internationale des bailleurs de fonds, qui devront regrouper leurs ressources et travailler ensemble pour protéger les populations et sauver des vies. Cet engagement animait clairement et de façon remarquable la consultation d’experts au cours de ces deux journées. Les personnes présentes se sont déclarées décidées à poursuivre leur action pour résoudre cet urgent problème.

* La méningite est une maladie d’origine bactérienne qui touche les méninges. Elle peut provoquer de graves lésions cérébrales et, en l’absence de traitement, elle est mortelle dans 50 % des cas. Elle se manifeste périodiquement sous forme épidémique dans toute la « ceinture méningitique de l’Afrique », de la côte de l’Afrique occidentale à la Corne de l’Afrique à l’est, et ailleurs.

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