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L’Organisation mondiale de la santé informe les donateurs que les services de santé publique ont besoin d’une aide d’urgence pour combattre la crise humanitaire en Afrique australe

Quatre mois après les premiers avertissements lancés au sujet de l’imminence d’une catastrophe humanitaire en Afrique australe, plusieurs centaines de milliers de personnes risquent de mourir parce qu’on n’a pas collecté les fonds qui permettraient de fournir une aide élémentaire à ceux qui souffrent.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prié aujourd’hui les partenaires internationaux réunis à son Siège à Genève de faire un effort pour aider les nations d’Afrique australe à endiguer une vague de décès et de maladies dus à la crise humanitaire qui sévit dans la Région.

Dans les pays les plus touchés – Malawi, Zimbabwe, Zambie, Lesotho et Swaziland – près de 300 000 personnes souffrant de malnutrition risquent de décéder de maladies qu’elles pourraient combattre si on leur donnait un minimum de nourriture et de soins de santé élémentaires.

L’OMS, institution spécialisée des Nations Unies dans le domaine de la santé, dit que la situation d’urgence qui sévit actuellement en Afrique australe n’est pas seulement due à une pénurie de nourriture mais à une crise humanitaire globale. Selon les dernières estimations, cette crise menace désormais la vie de près de 14,5 millions de personnes. L’OMS estime que l’on pourrait prévenir cette vague de décès et de maladies en aidant les gouvernements à prévoir des interventions sanitaires pour un coût d'environ US $3,40 par personne. Jusqu’ici, le montant des financements connus s’élève à US 35 cents par personne.

« Le plus ironique est que nous savons comment sauver des milliers de personnes et que nous sommes prêts à le faire, mais le monde semble peu désireux de payer la modique somme nécessaire », a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS. « On a besoin d’argent pour fournir des médicaments, maintenir les agents de santé en poste, assurer un programme d'alimentation thérapeutique, maintenir ouverts les circuits de distribution, mesurer l’étendue des souffrances et prévoir la réponse la plus efficace », a-t-elle poursuivi.

La pauvreté est la principale cause de vulnérabilité et elle prélevait certes déjà son tribut avant la crise. Néanmoins le risque qu’une femme meure lors de l’accouchement a probablement doublé dans certaines régions du Malawi en quelques mois, tandis qu’au Zimbabwe, le taux des décès dus à la tuberculose et aux infections respiratoires aiguës a augmenté considérablement au cours des trois dernières années. En 2002, le Malawi a connu l’une de ses épidémies de choléra les plus terribles.

L’Organisation mondiale de la Santé appelle les donateurs à soutenir ses efforts pour renforcer les moyens de la santé publique dans toute la Région. Il faut satisfaire d’urgence les besoins de santé prioritaires, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en eau saine et l’assainissement, l’alimentation thérapeutique, des soins de santé accessibles et efficaces – et ce, le plus rapidement possible, car l’Afrique australe ne peut attendre.

L’OMS a déployé sur le terrain des experts sanitaires à plein temps spécialisés dans l'organisation des secours et puise dans les fonds actuellement disponibles pour aider les pays à réagir face à la crise. Des équipes d'intervention rapide qui détectent et maîtrisent les flambées de maladie, et traitent la malnutrition, sont déjà à pied d'oeuvre dans les pays touchés.

En Afrique australe, la crise économique à long terme a été aggravée par deux années consécutives de sécheresse et de précipitations irrégulières, qui ont provoqué une grave pénurie de la culture de base, le maïs.

En outre, des taux extrêmement élevés d’infection à VIH/SIDA ont réduit le nombre d’adultes productifs et de professionnels, parmi eux les agents de santé. Pourtant, les gouvernements s’efforcent de fournir des services de santé publique avec des budgets qui ne dépassent pas les 20 dollars par an et par personne ; souvent, les établissements de santé n’ont ni le personnel voulu ni les médicaments nécessaires pour soigner les malades qui se présentent quotidiennement à leur porte.

La composante sanitaire de l’appel global des Nations Unies comprend 48 millions de dollars pour la santé qui serviront à fournir des éléments de survie - eau saine, alimentation et services de santé élémentaires - et à sauver des vies.

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