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la nouvelle coalition internationale entend développer l’accès aux traitements contre le VIH/SIDA dans le monde

Une nouvelle alliance internationale, the International HIV Treatment Access Coalition (ITAC : Coalition internationale pour l’accès aux traitements contre le VIH), a vu le jour aujourd’hui à Genève et à Dakar et elle entend stimuler les efforts pour généraliser l’accès aux médicaments antirétroviraux dont a besoin le nombre croissant de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Selon les estimations OMS/ONUSIDA présentées dans le nouveau rapport publié par la coalition aujourd’hui, des millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays à revenu faible ou intermédiaire périront dans les années à venir s’ils n’ont pas accès à ces médicaments indispensables.

Bien qu’ils n’assurent pas la guérison, les médicaments antirétroviraux (ARV) inhibent la réplication du VIH, le virus à l’origine du SIDA, et stimulent le système immunitaire pour combattre les infections. Dans tous les pays où les personnes vivant avec le VIH/SIDA ont largement accès aux ARV depuis 1996, on a observé une diminution spectaculaire de la morbidité et de la mortalité en relation avec le VIH. Sur les 42 millions de personnes infectées selon les estimations, 95 % vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire où l’on a enregistré 99 % des 3,1 millions de décès dus au SIDA cette année. L’OMS estime que seuls 300 000 personnes vivant avec le VIH/SIDA dans ces pays utilisent actuellement les ARV, ce qui ne représente que 5 % de ceux qui en ont besoin.

Le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS, a déclaré : « Est-il juste de condamner à une mort certaine ceux qui n’ont pas les moyens de se procurer des traitements qui coûtent moins de 2 dollars par jour ? La vie humaine compte-t-elle si peu ? Des familles entières doivent-elles se retrouver dans le dénuement ? Doit-on laisser les enfants devenir des orphelins ? A toutes ces questions, il n’y a qu’une seule réponse : non, non, non et non. »

La coalition rassemble actuellement plus d’une cinquantaine de partenaires, ONG, donateurs et gouvernements, personnes vivant avec le VIH/SIDA et leurs défenseurs, secteur privé, instituts d’enseignement et de recherche, organisations internationales, tous travaillant ensemble pour relever les défis inhérents au développement de l’accès aux ARV, notamment la communication plus efficace des informations et des renseignements techniques sur ce qui fonctionne bien dans les programmes fructueux et la formation des personnels de santé. Ce groupe vise également à galvaniser et à coordonner l’action des donateurs et à fournir l’assistance technique qui manque cruellement aux programmes nationaux de traitement du VIH. Une petite structure au Siège de l’OMS à Genève lui servira de secrétariat.

« Ces médicaments ont sauvé des centaines de milliers de vies en Europe et aux Etats-Unis et pourraient en sauver des millions d’autres dans les pays en développement, déclare le docteur Joep Lange, Président de l’International AIDS Society. Alors qu’on réussit à fournir du Coca Cola et de la bière réfrigérés dans le moindre recoin d’Afrique, il ne devrait pas être impossible d’en faire autant pour des médicaments. »

Avec un nombre croissant de donateurs dans l’Alliance et de plus en plus de pays s’engageant à fournir les ARV, l’enjeu consiste désormais à étendre les programmes pilotes qui ont fait leur preuve.

« Les gouvernements, les donateurs, le secteur privé, les ONG et d’autres groupes ont entrepris un grand nombre d’actions dans différents pays, déclare Stu Flavell, Coordonnateur international du Global Network of People Living with HIV/AIDS, l’un des membres de la coalition. Il faut également que ces acteurs mettent en commun leurs connaissances et travaillent ensemble. C’est le seul moyen pour arriver à traiter des centaines de milliers de personnes dans un pays au lieu d’une cinquantaine ou d’une centaine dans un village. »

La création de la coalition survient à un moment de crise et de possibilités. Dans les pays les plus touchés, plus d’un tiers de la population est désormais infectée par le VIH. Bien que le nombre des patients sous ARV ait augmenté de deux tiers en Afrique subsaharienne en 2002, seul 1 % des 4,1 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA et nécessitant le traitement dans cette région peuvent actuellement se procurer les ARV. Mais, en Afrique comme ailleurs, on observe une volonté croissante de donner l’accès à ces médicaments par le biais du secteur public. Le Botswana, le Sénégal, le Nigéria, Costa Rica, Cuba et la Thaïlande se sont récemment fixé des objectifs ambitieux dans ce domaine. De nombreux gouvernements ont diminué les droits et les taxes sur les importations de médicaments et de produits en rapport avec le VIH.

« Le développement de l’accès aux traitements antirétroviraux indispensables est un devoir moral, politique et économique, estime le docteur Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Nous savons que, techniquement parlant, ces médicaments peuvent sauver des vies même dans les milieux les plus démunis. Il nous reste à canaliser les volontés politiques, les ressources et les infrastructures pour réaliser ce potentiel. »

Pour de plus amples informations sur la coalition, veuillez consulter le site :www.itacoalition.org

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