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La Chine va étudier le lien entre le développement durable et les investissements dans la santé

Les conclusions de la Commission Macroéconomie et Santé (CMH), mise en place par la l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), et leurs conséquences pour les réformes économiques et sociales en Chine vont être présentées aux autorités chinoises. Selon ces conclusions, les investissements dans la santé contribuent fortement à la croissance économique et à un développement équitable.

L’OMS et le professeur Jeffrey Sachs, Président de la Commission, ont présenté aujourd’hui le rapport de la Commission au gouvernement chinois, lors d’un séminaire à Beijing, organisé conjointement par la Commission d’Etat pour la Planification du Développement, le Ministère des Finances, le Ministère de la Santé et l’OMS. Le rapport final comportant les conclusions de la Commission a été traduit en chinois.

En 1999, le Directeur général de l’OMS, le docteur Gro Harlem Brundtland, a invité le docteur Sachs à présider une commission comptant 18 membres, tous d’éminents économistes et experts de la santé publique. Ils ont alors consacré deux ans à la préparation du rapport, avec l’aide de six groupes de travail qui ont mené près de 200 études.

Le Rapport révèle que les liens entre la santé, la réduction de la pauvreté et la croissance économique sont bien plus forts qu’on ne le pensait en général. Les membres de la Commission réfutent l’argument classique selon lequel la croissance économique a automatiquement pour résultat une amélioration de la santé. Ils montrent au contraire que c’est l’inverse qui se produit en réalité : l’amélioration de la santé est une condition indispensable pour le développement économique des pays pauvres. Selon l’une des principales recommandations de la Commission, les pays à revenu faible ou intermédiaire doivent, en partenariat avec les pays à revenu élevé, généraliser l’accès aux services de santé essentiels. Ils doivent mettre l’accent sur les mesures spécifiques pour combattre les maladies les plus meurtrières et les plus débilitantes.

A l’échelle mondiale, une augmentation des investissements dans la santé de US $ 66 milliards par an, en plus des sommes déjà dépensées, permettrait d’ici 2010 de sauver 8 millions de vies par an et pourrait rapporter au moins US $360 milliards par an en terme de croissance économique supplémentaire en 2015 - 2020, selon la Commission.

Actuellement, un cinquième de la population mondiale vit en Chine où l’on observe un septième de la charge mondiale de morbidité, en années de vie ajustées sur l'incapacité.

Le séminaire d’aujourd’hui représente le début d’un processus visant à adapter les conclusions de la CMH à la réalité chinoise. Leur impact sera maximal si les investissements donnent la priorité aux interventions d’un bon rapport coût-efficacité sur les principaux facteurs de risque en Chine : diminution du tabagisme, prévention des maladies cardio-vasculaires, des cancers et d’autres maladies non transmissibles, promotion de modes de vie plus sains. Il faudra également consentir de gros efforts pour abaisser les risques de maladies transmissibles, notamment le VIH/SIDA, et améliorer le traitement de la tuberculose.

Au cours des vingt dernières années, le niveau de vie, la réduction de la pauvreté, les indicateurs de santé et la croissance économique ont progressé à pas de géant en Chine. Mais de grandes disparités subsistent encore dans la couverture des services de santé et dans l’état sanitaire des populations entre les zones urbaines et rurales comme entre les provinces de la côte et celles de l’intérieur. Des millions de personnes pauvres ne peuvent se traiter en raison du coût des soins à leur charge. Il en résulte souvent une pauvreté accrue ou, lorsqu’elles se retrouvent dans l’incapacité de payer, un risque plus grand d’incapacité, voire de décès.

Un effort spécial devra être consenti pour assurer les services de santé à proximité des populations pauvres, notamment dans les régions où les résultats des systèmes de santé et le développement économique sont très en retard par rapport à la moyenne nationale.

Le gouvernement chinois cherche à établir des normes nationales de santé publique, alors que ce sont les autorités provinciales et locales qui, dans une large mesure, assument la responsabilité des soins. De plus, les lois du marché influencent la conception et le fonctionnement des systèmes locaux de santé à différents niveaux. Il va devoir déterminer les mesures et les dispositions à prendre pour développer la santé publique et obtenir des résultats sanitaires uniformes pour l’ensemble de la population.

Le Bangladesh, le Cambodge, les Caraïbes, l’Ethiopie, le Ghana, l’Indonésie, l’Iran, la Jordanie, les Maldives, le Mexique, le Mozambique, le Myanmar, le Népal, Sri Lanka et la Thaïlande ont déjà entrepris des actions nationales pour appliquer les conclusions de la CMH. Douze autres pays prévoient d’en faire autant dans un proche avenir.

Déclarations :

Dr Shigeru Omi, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental : “Il est clair que la Chine joue un rôle central dans les interactions mondiales entre la santé, la pauvreté et le développement décrites par le rapport de la CMH. L’OMS espère que ce document permettra de comprendre le rôle de la santé dans le développement de la Chine et contribuera à la mise en place d’un système de santé plus équitable. L’Organisation s’est engagée à travailler avec les autorités pour la réalisation de ces objectifs.”

Dr Jeffrey Sachs, Directeur du Earth Institute à l’Université Columbia et Président de la CMH : “Le rapport de la CMH montre que l’amélioration de la santé des populations est déterminante pour la réduction de la pauvreté et le succès de tous les efforts de développement économique et social. Les investissements dans la santé, s’ils sont correctement conduits, peuvent avoir des résultats extraordinaires en termes de vies sauvées et de productivité économique.”

Dr David Nabarro, Directeur exécutif de Développement durable et milieux favorables à la santé au Siège de l’OMS à Genève : “Le processus de la CMH et les initiatives qui ont suivi dans de nombreux pays montrent comment le partenariat entre l’Université Columbia, la Fondation Gates et l’OMS aide les autorités nationales à raisonner sur de nouvelles bases et à prendre des mesures. Les gouvernements, les établissements d’enseignement, la société civile et des groupes privés travaillent désormais sur la possibilité d’utiliser les interventions sanitaires pour garantir la sécurité et la prospérité de tous les peuples de notre planète à l’avenir.”

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