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Le vieillissement en bonne santé joue un rôle central dans le développement

Selon le nouveau cadre d’orientation politique de l’oms, la prévention des maladies non transmissibles est essentielle tout au long de la vie

Avec la croissance rapide de la moyenne d’âge, le vieillissement en bonne santé devient un facteur essentiel pour le développement économique des pays. C’est ce qu’a affirmé aujourd’hui l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à la Deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, organisée cette semaine à Madrid.

A cette occasion, l’OMS a dévoilé un nouveau cadre d’orientation pour aider les pays à mettre au point des politiques destinées à améliorer la santé des personnes âgées. Selon ce cadre, la prévention des maladies non transmissibles, dès la plus tendre enfance, est le fondement d’un vieillissement en bonne santé.

Comme l’explique le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS, « La bonne santé de la population est une condition préalable à la croissance économique. Avec une population âgée de plus en plus nombreuse dans le monde, nous nous attendons à un développement explosif des maladies non transmissibles, comme les cardiopathies, le cancer ou la dépression, et cette situation aura des répercussions humaines et sociales énormes si nous ne prenons pas tout de suite des mesures de prévention. Dans le cas contraire, il faudra consacrer des ressources disproportionnées à ces problèmes sanitaires, que l’on peut en grande partie éviter. »

Une révolution démographique se prépare dans le monde entier. Grâce aux progrès sans précédents de la santé publique et à ses succès dans de nombreuses régions, la tranche d’âge des plus de 60 ans croît plus rapidement que n’importe quelle autre, ce que l’on attribue à la fois à l’allongement de la vie et au déclin des taux de natalité. En 2025, il y aura environ 1,2 milliard de personnes de plus de 60 ans. Vingt-cinq ans plus tard, ce nombre aura presque doublé et 80 % des personnes âgées vivront dans les pays en développement.

La modification de la pyramide des âges place les gouvernements, les sociétés et les familles du 21e siècle devant de nouveaux défis. Le vieillissement des pays en développement les conduit à faire face à une double charge, celle des maladies infectieuses et celle des maladies non transmissibles, alors qu’ils manquent souvent de ressources et même d’une politique globale de la vieillesse pour assumer la situation. En revanche, les pays industrialisés ont eu la chance de s’enrichir avant de vieillir.

Au milieu de la vie (vers 45 ans), les maladies non transmissibles prennent une part prépondérante dans la morbidité et sont responsables de la très grande majorité des décès. Que ce soit dans les pays riches ou pauvres, industrialisés ou en développement, leur prévalence s’affirme à mesure que la population vieillit. Leur traitement est potentiellement onéreux et, une fois installées, elles sont de longue durée puisqu’elles ne peuvent pas en général être guéries.

Les défis posés par le vieillissement, comme la recrudescence des maladies non transmissibles, peuvent toutefois être surmontés par la promotion de modes de vie sains et des mesures préventives appropriées. Il faut adopter une approche portant sur l’ensemble de la vie, c’est-à-dire envisager le vieillissement en bonne santé déjà à un âge précoce. Les recherches montrent de plus en plus que le risque de maladies chroniques, comme le diabète ou les cardiopathies, a des origines remontant à la plus tendre enfance et parfois même avant. Bien que le risque de développer une maladie non transmissible ou une incapacité augmente quelque peu avec l’âge, la sédentarité, le tabagisme, les abus d’alcool et une mauvaise alimentation tout au long de la vie sont quelques uns des facteurs qui multiplient ce risque de façon exponentielle.

Les personnes âgées, lorsqu’elles sont en bonne santé, sont une ressource précieuse. Elles peuvent apporter une contribution importante et nécessaire à l’économie de leur famille, de leur communauté ou de leur pays, qu’il s’agisse d’un travail officiel ou de bénévolat, selon leurs préférences et leurs aptitudes.

Il est possible de vieillir en bonne santé

Comme le montre la tendance à une apparition retardée des maladies et des incapacités dans les populations âgées des pays industrialisés, il est possible de vieillir en bonne santé. L’OMS donne une réponse politique dans Active Ageing : A Policy Framework (www.who.int/hpr/ageing) lancée aujourd’hui. Elle recommande une série de mesures dans trois domaines essentiels : la santé, la participation et la sécurité. Elle conseille par exemple :

- de s’occuper des facteurs favorisant l’apparition des maladies et des incapacités, comme la pauvreté, de faibles niveaux d’alphabétisation ou le manque d’éducation,

- de lutter contre le tabagisme et les abus d’alcool tout au long de la vie,

- de veiller à une alimentation suffisante et équilibrée dès le plus jeune âge,

- d’encourager l’activité physique à tous les âges,

- de créer des milieux sûrs et agréables pour les personnes âgées en veillant à la sécurité de la marche et en mettant en œuvre des programmes de prévention des chutes,

- d’améliorer l’accès aux médicaments essentiels et sûrs et aux appareillages comme les lunettes ou les déambulateurs,

- de promouvoir la santé mentale,

- de lutter contre les troubles évitables de la vision ou de l’audition,

- d’assurer la continuité des soins et la présence de soignants.

Le docteur Alexandre Kalache, coordonnateur du programme OMS Vieillissement et qualité de vie, le souligne : « Une bonne politique dans ce domaine bénéficie à tous. Elle permet en premier lieu de diminuer le nombre des décès prématurés aux stades les plus productifs de la vie. Elle entraîne également la réduction des incapacités et une augmentation du nombre des personnes jouissant d’une bonne qualité de vie et participant activement à leur société tout en vieillissant. Enfin, les dépenses de santé, frais médicaux et services de soins sont moindres. »

Le docteur Kalache affirme que la vieillesse ne s’associe pas nécessairement à un accroissement des dépenses de santé : « Ce sont plutôt les incapacités et la mauvaise santé, que l’on retrouve souvent avec la vieillesse, qui coûtent cher. Une population âgée en bonne santé permet de faire des économies et de consacrer les ressources ainsi épargnées à d’autres besoins. Le vieillissement en bonne santé joue donc un rôle central dans le développement », rappelle-t-il.

La promotion du vieillissement en bonne santé touche plusieurs secteurs : l’éducation, l’emploi, le travail, les finances, la sécurité sociale, le développement rural et urbain, le logement, les transports et la justice.

De plus, toutes les politiques doivent inciter à développer la solidarité entre les générations et fixer des objectifs spécifiques pour l’amélioration de la santé des personnes âgées. Il faut être particulièrement attentif aux plus vulnérables, femmes, pauvres, marginaux et populations rurales.

La Deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement marque un tournant dans la façon d’aborder les problèmes et dans la célébration des succès d’un monde prenant rapidement de l’âge. L’OMS s’est engagée à travailler avec de nombreux partenaires, organismes internationaux, institutions des Nations Unies ou secteur privé, pour faire adopter des politiques pour les personnes âgées au niveau mondial, régional et national. En plus de proposer un cadre politique, l’OMS continuera de donner des conseils techniques et jouera un rôle de catalyseur dans le développement de la santé.

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