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Santé et handicap: une nouvelle norme

Une classification novatrice insiste sur la manière dont chacun peut vivre au maximum de ses possibilités

Présentation des oeuvres des finalistes du concours international de photographie

Soixante-dix pays se réunissent aujourd’hui à Trieste pour définir comment ils peuvent utiliser un nouvel outil novateur de classification du fonctionnement de la santé et du handicap pour que le handicap soit vu davantage comme faisant partie du concept plus vaste de santé. En mettant l’accent sur la manière dont les êtres humains fonctionnent et sur ce dont ils ont besoin pour vivre au maximum de leurs possibilités, cette classification peut contribuer à mettre fin à l’isolement et à la discrimination dont sont victimes les handicapés.

La Conférence sur "Santé et Handicap" de l’Organisation mondiale de la Santé est une grande réunion ministérielle qui fait suite à l’adoption l’an dernier de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF).

"La CIF modifie notre vision de la santé et du fonctionnement humain" a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. "Ce nouvel outil aide les autorités sanitaires à comprendre ce qu’elles doivent faire pour permettre à chacun de vivre une vie pleine et satisfaisante au sein de sa communauté."

Alors que les indicateurs traditionnels de la santé reposent sur les taux de morbidité et de mortalité des populations, la CIF met l’accent sur « la vie », c’est-à-dire sur la manière dont les gens s'accommodent de leur état de santé, et comment on peut les aider à mener une vie productive et satisfaisante. Cette nouvelle classification implique de changer un certain nombre de choses au niveau de la pratique médicale, du droit et de la politique sociale pour améliorer l’accès aux soins et permettre la pleine participation de chacun, ainsi que la protection des droits des individus et des groupes.

Des ministres de la santé, des hauts responsables et décideurs de 70 pays, des représentants d’institutions internationales et nationales du secteur de la santé, d’organismes travaillant dans des domaines en rapport avec la santé et d’organisations non gouvernementales, et du secteur privé, ainsi que des spécialistes scientifiques et chercheurs de différentes disciplines sont réunis pendant trois jours à Trieste à l'invitation de la région du Frioul (Friuli Venezia Giulia).

Ils examineront comment la nouvelle classification peut être utilisée pour aider les pays à mieux comprendre les problèmes des handicapés et à modifier les politiques publiques et la législation en conséquence.

Le Gouvernement italien a pris la tête d’un mouvement visant à promouvoir les possibilités offertes par la CIF pour aider à la compréhension des problèmes et à la formulation des politiques.

La CIF tient compte des aspects sociaux du handicap et fournit un mécanisme pour évaluer l’impact de l’environnement social et physique sur les fonctionnalités de la personne. Par exemple, lorsqu’une personne en fauteuil roulant a des difficultés à se rendre sur son lieu de travail parce que le bâtiment est dépourvu de rampes d'accès ou d’ascenseurs, la CIF identifie l’intervention nécessaire : c’est le bâtiment qui doit être modifié et non pas la personne qui doit s’adapter. Cette dernière ne doit pas être contrainte de trouver un autre lieu de travail.

Présentation des oeuvres du concours international de photographies

Dans le cadre du concours de photographies organisé par l’OMS sur le thème « Images de la santé et du handicap », on a reçu environ un millier de clichés en noir et blanc, en couleur et sous forme digitale, parmi lesquels 20 finalistes ont été sélectionnés (les 20 clichés des finalistes sont en accès libre et peuvent être téléchargés à partir du site www.who.int/classification/icf). Les quelque 200 délégués à la conférence vont les visionner, les classer et leur donner un titre. Les noms des gagnants - qui recevront un total de US $15 000 de prix – seront annoncés la semaine prochaine.

Comme certaines des photos l’illustrent, les personnes handicapées ne sont pas une minorité clouée à un fauteuil roulant ou présentant un handicap visible. Toutes les personnes souffrant d’une maladie ou d’un état qui réduit leur capacité à "fonctionner" normalement entrent également dans la nouvelle classification. Chaque être humain au cours de sa vie peut être victime d’une dégradation de son état de santé et d’un certain degré de handicap ; en ce sens, le handicap est une expérience humaine universelle.

Ainsi par exemple, des personnes comme le prix Nobel de mathématiques John Nash ont souffert d’une maladie mentale et un des plus grands astrophysiciens du monde, Stephen Hawking, est gravement handicapé sur le plan physique. La CIF fournit un nouveau cadre de comparaison qui place toutes les maladies et tous les états de santé sur un pied d’égalité.

Cette nouvelle approche axée sur la cause du handicap place les troubles mentaux sur le même plan que les maladies physique. Elle a amené à reconnaître la charge de morbidité que représentent à l’échelle mondiale, les états dépressifs qui sont actuellement la principale cause de perte d’années de vie en bonne santé.

La CIF est le résultat de dix années d'efforts qui ont vu la participation active de quelque 65 pays. Des études scientifiques rigoureuses ont été entreprises pour assurer que cette classification soit applicable par-delà les cultures, les groupes d’âge ou le sexe des personnes concernées, afin de pouvoir recueillir des données fiables et comparables sur l’état de santé des individus et des populations. Dans le cadre d'une enquête mondiale, l’OMS travaille actuellement à recueillir des données en utilisant la nouvelle classification comme base pour arriver à un langage commun.

« Nous ne pouvons pas gérer et améliorer les systèmes de santé si nous ne commençons pas par mesurer la santé. La CIF est l’instrument qui nous permettra d'effectuer des mesures précises de la santé et du handicap » a déclaré le Dr Brundtland.

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