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Santé mentale: Les nouvelles données de l'OMS par pays font apparaître un déficit de ressources

Les nouvelles données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les ressources consacrées par les pays à la santé mentale révèlent qu'il existe un énorme fossé entre les besoins et les moyens disponibles pour faire face à l'importante charge de morbidité liée aux troubles neurologiques et comportementaux qui, selon les dernières estimations, représentent 12,3% de la charge de morbidité totale.

Les nouvelles données, qui proviennent de sources gouvernementales, ont été publiées par l'OMS dans Atlas: Country Profiles on Mental Health Resources. On les trouve aussi sur l'Internet à l'adresse suivante http://mh-atlas.ic.gc.ca/.

L'un des faits surprenants est que les pays riches ne consacrent pas nécessairement des ressources abondantes et de qualité à la santé mentale. Ces faits donnent plus de poids encore aux recommandations du Rapport sur la santé dans le monde 2001, à savoir que tous les pays, petits et grands, riches et pauvres, doivent accorder un rang de priorité plus élevé à la santé mentale et prendre des mesures urgentes pour améliorer leurs services de santé mentale.

Quarante pour cent des pays n'ont pas de politique de santé mentale et 25% n'ont pas de lois régissant la santé mentale. De nombreux pays très étendus tels que la Chine, l'Iran, le Nigeria, la Thaïlande et la Turquie, ne disposent d'aucune législation particulière en matière de santé mentale, bien que certains aient entrepris de légiférer dans ce domaine. Parmi les pays qui ont communiqué des informations, environ le tiers consacrent moins de 1% de leur budget de santé aux activités de santé mentale. La moitié environ des pays des régions de l'Afrique, de la Méditerranée orientale et de l'Asie du Sud-Est sont encore privés d'installations de soins communautaires. Dans les autres régions, ces installations font défaut dans au moins un tiers des pays. Sur la totalité des lits psychiatriques dans le monde, 65% environ sont encore situés dans des hôpitaux psychiatriques.

Il est généralement admis que des soins communautaires sont plus efficaces et plus humains qu'un séjour en hôpital psychiatrique. Pourtant, dans un grand nombre de pays économiquement avancés dotés d'infrastructures de santé mentale complètes, les lits psychiatriques sont encore situés pour une large part dans des hôpitaux psychiatriques. Si des hôpitaux psychiatriques hébergent encore 80-95% des lits psychiatriques en Irlande, en Israël, aux Pays-Bas et en Espagne, les chiffres correspondants avoisinent 60-75% en France, en Allemagne et au Japon et 40% en Australie, au Canada et aux Etats-Unis d'Amérique.

Dans d'importantes régions du monde, les professionnels de santé mentale sont extrêmement peu nombreux. Plus de 680 millions de personnes, principalement en Afrique et en Asie, disposent de moins d'un psychiatre pour un million d'habitants. C'est le cas de grands pays comptant plus de 100 millions d'habitants, tels que le Bangladesh et le Nigeria.

Ces données, disponibles sur l'Internet, faciliteront la tâche des responsables des politiques et des chercheurs et fourniront les moyens nécessaires aux établissements de santé publique, aux organisations non gouvernementales et aux associations de consommateurs pour mener à bien leurs activités de sensibilisation.

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