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Elaboration des stratégies pour lutter contre l'une des maladies infligeant les plus graves atteintes physiques

Il est possible d’éliminer simplement cette maladie qui inflige des atteintes physiques importantes et peut affecter la vie des malades dans tous ses aspects, qu’il s’agisse de l’activité sexuelle ou de la capacité de travailler. En administrant simplement une dose de deux médicaments une fois par an pendant cinq ans, les parasites microscopiques responsables sont tués et la transmission est interrompue.

C’est la bonne nouvelle au sujet de la filariose lymphatique, dont débattront les 2 et 3 mai à New Delhi les ministres d'au moins sept des pays les plus touchés. Ils se sont rendus en Inde pour participer à une rencontre réunissant l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires de l’Alliance mondiale pour l’élimination de la filariose lymphatique. Ils évalueront ensemble les succès récents et décideront des stratégies à appliquer à l’avenir pour mettre fin une fois pour toutes à ce fléau.

« L’Alliance mondiale pour l’élimination de la filariose lymphatique est un modèle de partenariat. Elle est pragmatique et axée sur les résultats, a déclaré le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé. Avant tout, le rôle des partenaires ne se limite pas à donner des ressources mais va au-delà en aidant les pays à instituer des programmes autosuffisants d’élimination de la filariose lymphatique. »

Jean Pierre Garnier, Président-Directeur général de GlaxoSmithKline, a fait observer à New Delhi que sa société venait de donner son cent millionième traitement pour un des médicaments du programme. Comme il l’explique : « cela confirme notre engagement dans l’un des programmes les plus prometteurs et le don de médicaments le plus important du monde. »

Un nombre incroyablement grand de personnes souffrent de nos jours de la filariose lymphatique et des atteintes physiques qu’elle inflige. Au moins 120 millions de personnes en ont été atteints dans le monde et 40 millions d’entre eux ont souffert d’incapacités ou de handicaps importants à cause des milliers de parasites qui s’amassent dans l’organisme, entraînant un œdème des membres ou des organes génitaux, ainsi que des lésions internes des organes et du système lymphatique.

On donne parfois à la filariose lymphatique le nom d’éléphantiasis en raison de l’énormité de l’œdème qu’elle peut produire à un stade avancé. Elle peut toucher des bras ou des jambes dans leur entièreté, de même que les organes génitaux. La zone affectée enfle en se remplissant de liquide que l’organisme n’arrive plus à réguler à cause des vers qui parasitent et lèsent le système lymphatique.

Si la filariose lymphatique ne tue pas physiquement les malades, elle les achève sur le plan économique et social en provoquant des réactions de rejet de la part de leur communauté. Les patients à un stade avancé ont souvent des difficultés à trouver un emploi ou un partenaire, s’ils sont célibataires. S’ils sont mariés, il arrive que leur conjoint les quitte.

Comme le rappelle Pierre Tapfoba, Ministre de la Santé et du Développement au Burkina Faso : « la filariose lymphatique figure en haut de la liste des priorités pour notre gouvernement. Si nous avions plus de ressources, nous pourrions accélérer l’élimination de cette maladie dans le pays. »

L’administration annuelle régulière de deux médicaments interrompt totalement la transmission en détruisant les parasites et leur descendance chez les personnes infectées. L’infection ayant disparu, les moustiques ne peuvent plus prélever de parasites susceptibles d’être transmis à une autre personne.

L’idée est de traiter l’ensemble de la population « à risque », ce qui représente environ un milliard de personnes dans le monde entier, pendant une période suffisamment longue pour s’assurer que la microfilarémie reste à un niveau inférieur à celui qui est nécessaire pour la transmission. On administre chaque année en dose unique les deux médicaments pendant quatre à six ans, ce qui couvre la durée pendant laquelle les parasites peuvent se reproduire.

Ces médicaments ne guériront pas totalement ceux qui souffrent déjà des effets de la filariose lymphatique, mais des mesures relativement simples peuvent être prises pour soulager les effets de cette parasitose. Le nettoyage soigneux de la zone infectée suffit à éviter les conséquences les plus graves de la maladie. Les chercheurs savent désormais que les symptômes les plus extrêmes sont dus en grande partie à des surinfections bactériennes ou fongiques qu’une bonne hygiène permet d’éviter.

Tandis que cette hygiène soigneuse aide les malades, le Programme mondial d’élimination de la filariose lymphatique a pour principale priorité d’interrompre la transmission.

La filariose lymphatique est une maladie à transmission vectorielle, le vecteur étant le moustique. Lorsque les parasites se développent chez un patient, ils libèrent des milliers de vers microscopiques, appelés microfilaires, dans la circulation sanguine. Encore immatures, ils sont prêts à passer au stade suivant de leur cycle de vie.

Si un moustique pique une personne infectée, il absorbe les microfilaires avec son repas de sang. Le développement se poursuit alors jusqu’à ce que les minuscules parasites soient prêts à infecter une deuxième personne. Ils migrent dans l’organisme du moustique et se rassemblent près de la bouche de l’insecte. Lors du repas de sang suivant, le moustique les dépose sur la peau. Rejoignant alors la circulation sanguine, ils poursuivent leur développement et se propagent dans l’organisme de la victime.

Des succès ont été récemment enregistrés. La plus grande administration de médicaments jamais réalisée pour la filariose lymphatique a eu lieu dans l’Etat du Tamil Nadu en Inde : en une journée, 28 millions de personnes ont reçu les médicaments indispensables pour interrompre la propagation de la maladie. Une autre campagne, à Zanzibar, a couvert 800 000 personnes. En 2001, 26 autres millions de personnes ont été traitées dans le monde.

Voilà donc ce qui peut être fait, avec facilité et efficacité, à l’aide des techniques à notre disposition. Cela nécessite toutefois une très grande volonté sociale et politique, ainsi que la mobilisation d’un nombre important de personnes dans les communautés affectées du monde entier. L’enjeu consiste désormais à faire ce qui peut l’être, dans chaque pays où la filariose lymphatique anéantit des vies.

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