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La nouvelle formulation des sels de réhydratation orale permettra de sauver des millions de vies

On observera une diminution du nombre des décès et de la gravité des cas

La nouvelle formulation des sels de réhydratation orale (SRO), publiée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) aujourd’hui, permettra de sauver des millions de vies et de diminuer la gravité des cas de diarrhée aiguë. Les SRO servent à préparer une solution de sodium et de glucose utilisée couramment pour traiter les enfants atteints de diarrhée aiguë, un facteur important de mortalité chez l’enfant de moins de 5 ans dans le monde. La nouvelle formulation permet de diminuer la gravité de la diarrhée et des vomissements, le nombre des hospitalisations, le besoin d’interventions coûteuses (injection de solutions intraveineuses pour compenser les pertes hydriques) et la durée de la maladie.

Les SRO permettent de sauver des millions de vies dans le monde. Ce geste facile et peu onéreux fait diminuer la mortalité et les souffrances imputables à la déshydratation provoquée par la diarrhée. Depuis que l’OMS a adopté les SRO en 1978 comme premier moyen de lutte contre la diarrhée, le nombre des décès infantiles dus à des diarrhées aiguës a été ramené de 5 à 1,3 million par an.

La nouvelle formulation résulte de recherches approfondies parrainées par le département OMS Santé et développement de l'enfant et l'adolescent, avec l'appui de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).La dernière étude a été menée dans cinq pays en développement sur des enfants âgés d’un mois à deux ans et présentant une diarrhée aiguë et une déshydratation.

Les résultats donnent à penser que la faible teneur en sodium et en glucose des SRO diminue de 33 % le besoin en solutions intraveineuses. Cette baisse pourrait avoir pour effet de réduire le nombre d’enfants nécessitant d’être hospitalisés, le nombre d’infections secondaires, le besoin de manipuler du sang, avec toutes les conséquences potentiellement dangereuses que ce geste entraîne, et les dépenses médicales.

« La thérapie par réhydratation orale est l’un des grands succès de la santé publique de notre époque, estime le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. La diminution de moitié de la mortalité infantile due à la diarrhée est une réussite remarquable mais, malgré ces progrès, cette pathologie reste une cause majeure de décès. Cette semaine, lors de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée aux enfants, les gouvernements se fixeront un nouvel objectif : diminuer à nouveau de moitié d’ici 2010 la mortalité infantile due à la diarrhée. »

Des recherches ont été entreprises sur la thérapie par réhydratation orale pour la première fois à la fin des années 40 mais ce n’est que 20 ans plus tard que l’idée a été développée par des instituts de recherche au Bangladesh et en Inde pour la prise en charge des cas graves de choléra. Il a ensuite été généralement admis que seuls les professionnels de santé pouvaient préparer et administrer la solution et que son usage se limitait donc à l’hôpital. L’utilisation des SRO pendant la guerre de 1971 entre l’Inde et le Pakistan a apporté des preuves convaincantes qu’ils pouvaient être administrés par du personnel sans formation médicale, par les bénévoles ou par les membres des familles.

La guerre a provoqué une situation d’urgence sanitaire dans les camps insalubres, surpeuplés et primitifs mis en place aux frontières pour héberger les populations fuyant la violence. Ces camps sont devenus rapidement le théâtre d’épidémies, notamment de choléra. Avec la propagation rapide de celui-ci et l’augmentation de la mortalité, le directeur d’un centre médical dans l’un des camps a montré au personnel comment distribuer les SRO stockés dans des barils métalliques répartis dans le camp. La distribution, comme la solution, était simple mais efficace. Les solutions de SRO, administrées par les membres des familles et d’autres, ont permis d’obtenir une baisse spectaculaire de la mortalité.

Dans les camps de réfugiés où l’on utilisait les SRO, les taux de mortalité n’étaient que de 3 %, contre 20 à 30 % dans ceux ayant seulement recours aux traitement intraveineux. Mais le corps médical gardait sa position et doutait qu’un problème aussi dévastateur pût avoir une solution aussi simple.

L’amélioration spectaculaire de la prise en charge à domicile de la diarrhée par les SRO a eu lieu entre 1990 et 1995 et a sauvé un million d’enfants chaque année. En 1990, on utilisait les SRO dans environ un tiers des cas de diarrhées et, en 1995, la proportion atteignait 85 % dans les 33 pays notificateurs représentant la moitié de la population mondiale de moins de 5 ans.

« Pour atteindre l’objectif de 2010, nous devons développer considérablement l’usage des SRO. Pour y parvenir, les parents, les soignants bénévoles et les agents de santé auront un rôle essentiel à jouer. Il est également très important de généraliser l’accès aux sachets de SRO dès qu’ils sont utiles. Dans l’idéal, les familles devraient toujours en avoir à domicile pour pouvoir les préparer dès qu’elles en ont besoin. L’utilisation de ces sels devrait devenir systématique au moindre signe de diarrhée pour éviter que les parents attendent trop longtemps avant de réhydrater leur enfant. Si nous y arrivons, les objectifs pour 2010 seront à notre portée », a précisé le docteur Tomris Turmen, Directeur exécutif à l’OMS de Santé familiale et communautaire.

L’utilisation de la nouvelle formulation des SRO commencera cette année en Inde.

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