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La prévention de la mortalité et des incapacités dues aux traumatismes est à la fois un impératif économique et une priorité de santé

Montréal, Canada – A l’ouverture de la Sixième Conférence mondiale sur la prévention et le contrôle des traumatismes, les délégués internationaux ont estimé qu’il était indispensable de prendre des mesures efficaces de prévention des traumatismes dans le monde entier.

Les traumatismes constituent l’une des principales causes de mortalité et d’incapacités dans le monde. Chaque année, plus de 5 millions de personnes en meurent. Les accidents de la route sont en cause dans 25 % des cas, les suicides dans 16 % des cas et les homicides dans 10 % des cas. Mais ce chiffre de 5 millions n’est rien en comparaison du nombre des blessés qui survivent, bien souvent avec des incapacités définitives.

Mis à part la mortalité et les incapacités, les traumatismes et la violence ont beaucoup d’autres conséquences pour la santé : dépression, alcoolisme, consommation de drogues, tabagisme, troubles de l’alimentation ou du sommeil, grossesses involontaires, VIH et autres maladies sexuellement transmissibles.

Du point de vue strictement économique, les dépenses liées à la chirurgie, aux hospitalisations prolongées et à la réadaptation à long terme des victimes des traumatismes et de la violence s’ajoutent à la perte de productivité et représentent des dizaines de milliards de dollars des Etats-Unis chaque année. Le poids humain, social et économique est colossal et, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’un des organismes coparrainant la conférence de Montréal, il compromet les perspectives de développement.

« Nous devons redoubler d’efforts pour réduire le plus possible le nombre des victimes des accidents de la route, de la violence, de la sauvagerie des guerres et des conflits ou des traumatismes auto-infligés, a déclaré le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Au cours des cinq dernières années, les dirigeants nationaux et les responsables internationaux ont pris conscience de ce que les professionnels de la santé affirment depuis longtemps : on ne peut établir des sociétés stables et prospères sans investir dans la santé. Dès lors, investir dans la prévention des traumatismes et de la violence, c’est aussi investir dans la santé et le développement. »

L’ampleur du problème varie considérablement en fonction de l’âge, du sexe, de la région ou du revenu des personnes. A l’échelle mondiale, la mortalité par traumatisme est deux fois plus élevée chez l’homme que chez la femme. Dans plus de 50 % des cas, les victimes ont entre 15 et 44 ans et sont donc souvent des soutiens de famille. Chez les 15-29 ans, 7 des 10 principales causes de mortalité sont liés aux traumatismes, les accidents de la route représentant le deuxième cause de mortalité dans cette tranche d’âge, les suicides la quatrième cause et les homicides la cinquième cause.

Les traumatismes font des victimes dans toutes les sociétés, quel que soit leur niveau de développement mais, dans celles qui sont les plus démunies, le risque est plus élevé. En outre, leurs conséquences pénalisent d’une façon disproportionnée les sociétés pauvres dans lesquelles les services de soins sont insuffisants ou hors de portée de la population. Les décès dus aux traumatismes surviennent dans 91 % des cas dans des sociétés à revenu faible ou moyen.

La prévention est possible

Pourtant, la prévention des traumatismes et de la violence est possible et, en prenant des initiatives, le secteur de la santé publique a un rôle essentiel à jouer à cet égard. C’est le message que l’OMS veut faire passer. De nombreuses stratégies de prévention se sont avérées efficaces et doivent être mises en œuvre à l’échelle mondiale. En ce qui concerne les accidents de la route, elles comprennent l’obligation du port de la ceinture, l’utilisation de sièges adaptés pour les enfants, le port du casque pour les motocyclistes, les limitations de vitesses, les mesures et les efforts de lutte contre le stress et contre la conduite en état d’ébriété.

Les exemples de stratégies efficaces de prévention de la violence comprennent des programmes d’encadrement de la jeunesse, des visites à domicile, des formations pour améliorer les aptitudes parentales, des initiatives globales de développement social au niveau des communautés, des provinces et des pays. Il y a aussi des mesures de prévention des traumatismes comme les détecteurs de fumée pour éviter les incendies ou les barrières autour des piscines pour éviter les noyades. Le secteur public peut contribuer à collecter les données essentielles, à analyser ces questions et à orienter la politique de façon à organiser des services publics et privés plus efficaces pour les victimes et les auteurs des actes de violence.

Dans le cadre de l’intensification de ses efforts en matière de prévention des traumatismes et de la violence, l’OMS publiera en 2002 un rapport intitulé World Report on Violence and Health, le premier du genre à décrire l’ampleur et l’impact de la violence dans le monde. Il définira les principaux facteurs de risque aboutissant à la perpétration de la violence, résumera les interventions entreprises à ce jour, ce que l’on sait de leur efficacité et il recommandera des mesures spécifiques au niveau local, national et international. Il s’intéressera tout particulièrement à certains types de violence : maltraitance des enfants et négligence, violence des jeunes, violence dans les relations intimes, violences sexuelles, maltraitance des personnes âgées, violence auto-infligée, violence collective.

Site du département OMS Prévention de la violence et des traumatismes : www.who.int/violence_injury_prevention. Site de la conférence : www.trauma2002.com

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