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L'OMS lance une étude sur la thrombose veineuse et les voyages aériens

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui le lancement d’un programme de recherche exhaustif visant à étudier les questions encore sans réponse que pose la thrombose veineuse chez les voyageurs.

Ce programme comportera des études épidémiologiques, physiopathologiques et cliniques dont les premières devraient débuter d’ici quelques semaines. Les résultats préliminaires de certaines de ces études seront disponibles d’ici un an, tandis qu’il en faudra quatre pour mener à bien l’ensemble du programme de recherche.

Le financement complet de la première phase de ce programme a désormais été obtenu, confirmation ayant été reçue aujourd’hui que le Gouvernement du Royaume-Uni participerait à hauteur de 1,8 million d’euros à ce projet au cours des deux premières années. On s’attend à un financement complémentaire de la Commission européenne et les négociations se poursuivent avec d’autres gouvernements concernant le financement de la seconde phase.

Ces recherches visent à déterminer quelles sont la fréquence et les causes de la thrombose veineuse chez les voyageurs, à identifier les sujets qui y sont le plus exposés et à déterminer ce qu’il y a lieu de faire pour la prévenir. Elles seront menées à bien par des experts de plusieurs pays et porteront sur trois grands domaines :

- Les études épidémiologiques évalueront la fréquence d’apparition de la thrombose chez les voyageurs et détermineront quels sont les groupes les plus exposés. On y examinera les effets des facteurs de risque préexistants : antécédents de thrombose, contraceptifs oraux ou traitements hormonaux de substitution, maladies, opérations ou traumatismes récents et sensibilité génétique. On étudiera également des facteurs tels que la classe dans laquelle les gens voyagent et le comportement pendant le vol (p. ex. consommation d’alcool, mouvements des jambes et port de bas de contention).

- Les études physiopathologiques porteront sur les mécanismes d’apparition de ces thromboses et, en particulier, chercheront à savoir si des facteurs autres que l’immobilité, p. ex. la basse pression de l’air et la concentration réduite en oxygène de la cabine, peuvent être tenus responsables d’une thrombose veineuse survenue à la suite d’un voyage aérien, ce qui a surtout retenu l’attention du public.

- Les études cliniques seront axées sur l’efficacité des éventuelles stratégies de prévention. A la fin de ce programme, il devrait être possible de communiquer des informations claires aux voyageurs sur l’ampleur du risque éventuel et les mesures de prévention les plus appropriées.

Ces études se feront en deux temps. La première phase comportera deux études épidémiologiques, qui s’intéresseront à l’incidence de la thrombose veineuse dans des populations importantes de gens qui voyagent souvent.

Cette première phase comprend également deux études physiopathologiques. L’une d’entre elles s’intéressera aux effets sanguins de la basse pression de l’air et de la concentration réduite en oxygène, que l’on peut rencontrer au cours d’un voyage aérien, étudiés au moyen d’un caisson hypobare (où la pression est basse). L’autre analysera en temps réel les modifications de coagulation sanguine enregistrées au cours d’un voyage aérien. La deuxième phase devrait commencer au cours de l’année 2003, sous réserve d’un financement complémentaire. Elle comportera une grande étude épidémiologique, au cours de laquelle 200 000 voyageurs seront suivis pendant un mois, afin d’évaluer l’incidence de la thrombose. Une grande étude clinique sera également effectuée pour évaluer l’efficacité des différentes stratégies de prévention, telles que les mouvements des jambes, les bas de contention et les anticoagulants. Le rapport final de ce programme sera présenté en 2006.

Le Comité exécutif scientifique du programme a accueilli aujourd’hui avec satisfaction la nouvelle selon laquelle le financement total de la première phase a été approuvé. « Le Gouvernement du Royaume-Uni et la Commission européenne ont clairement montré la voie en s’attelant à cet important problème de santé publique », a indiqué le Professeur Fred Paccaud, Président du Comité exécutif scientifique et Professeur de médecine sociale et préventive à l’Université de Lausanne.

Ce Comité exécutif scientifique sera aidé par un conseil consultatif, chargé de fournir des indications supplémentaires sur les aspects scientifiques et pratiques de la recherche, et de surveiller l’état d’avancement des travaux. Ce conseil consultatif sera constitué de membres éminents de la communauté scientifique internationale et de représentants des compagnies aériennes, des passagers et des bailleurs de fonds.

Ce conseil consultatif sera présidé par le Dr Derek Yach (Directeur exécutif, Maladies non transmissibles, Organisation mondiale de la Santé).

« L’OMS s’est engagée à promouvoir la recherche sur les liens existant entre voyage aérien et thrombose veineuse profonde car il s’agit là d’un problème de santé publique important », a indiqué le Dr Yach.

Ce programme de recherche sera mené à bien sous les auspices de l’OMS et de l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI). L’Association du Transport aérien international (IATA) est totalement acquise à ce programme et s’est engagée à le soutenir pleinement.

Etant donné l’intérêt considérable suscité par ce domaine de recherche, la création du forum de recherche sur les dangers des voyages dans le monde (WRIGHT : WHO Research Into Global Hazards of Travel) stimulera un débat élargi avec d’autres chercheurs et parties intéressées. Il prendra la forme d’une réunion annelle au cours de laquelle l’état d’avancement du projet sera rapporté et les données nouvelles provenant d’autres sources examinées. Le Comité exécutif scientifique explorera également d’autres stratégies d’information permettant de communiquer au grand public l’état d’avancement des études avant le rapport final.

Note aux rédacteurs

Le protocole du programme OMS de recherche sur les dangers des voyages dans le monde (WRIGHT : World Health Organization Research Into Global Hazards of Travel) a été élaboré à la suite d’une consultation qui a eu lieu en mars 2001, au cours de laquelle des experts médicaux et des représentants des lignes aériennes et des autorités de réglementation se sont réunis pour recenser les lacunes importantes des connaissances que l’on a sur la question.

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