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Un nouveau rapport sur le cancer donne de l'espoir aux patients et aux communautés

Genève/Oslo – Des millions de vies pourraient être sauvées chaque année si les pays appliquaient le savoir acquis et mettaient en œuvre les meilleures méthodes possibles pour prévenir et traiter le cancer.

Dans le rapport qu’elle publie aujourd’hui et qui fera date, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) donne les dernières informations sur la façon dont les pays peuvent établir et faire fonctionner des programmes efficaces de lutte contre le cancer. Cette publication coïncide avec le 18e Congrès de l’Union Internationale Contre le Cancer (UICC) à Oslo.

Le rapport, intitulé National cancer control programmes : policies and managerial guidelines, (Programmes nationaux de lutte contre le cancer : politiques et principes gestionnaires) affirme qu’il est possible, au moyen de dépistages et de traitements précoces, de prévenir un tiers et de traiter efficacement un autre tiers des 10 millions de cas de cancer diagnostiqués chaque année dans le monde. Il souligne également le fait que les soins palliatifs efficaces permettent de soulager les souffrances du dernier tiers.

« Quelles que soient les contraintes budgétaires d’un pays, un programme bien conçu et bien géré peut améliorer la situation nationale et les vies de ceux qui sont atteints, a affirmé le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Nous ne pouvons pas nous permettre de compter exagérément sur les possibilités thérapeutiques aux dépens des efforts de prévention et des soins palliatifs. »

Dans un trop grand nombre de cas, la prévention primaire, le dépistage précoce et les soins palliatifs sont négligés en faveur des approches thérapeutiques, même si les premiers ont un bon rapport coût-efficacité et améliorent la qualité de vie des patients. Le manque d’intérêt au niveau du public, les facteurs culturels et religieux, l’accès limité aux médicaments comme la morphine par voie orale, aggravent les problèmes.

Chaque année, le monde enregistre plus de six millions de décès dus au cancer. Sur les 10 millions de nouveaux cas annuels, plus de la moitié survient dans les pays en développement. Responsable de 12 % des décès dans le monde, le cancer est la deuxième cause de mortalité dans les pays industrialisés (après les maladies cardiovasculaires).

Chez l’homme, les cancers des poumons et de l’estomac sont les plus courants à l’échelle mondiale, tandis qu’on observe celui de la prostate avant tout dans les pays développés. Chez la femme, les cancers du sein et du col de l’utérus sont les formes les plus courantes à l’échelle mondiale, tandis que l’on observe le cancer du col avant tout dans les pays moins développés. Au total, ce sont les cancers des poumons, du colon, du rectum et de l’estomac qui font partie des cinq formes les plus courantes chez l’être humain, pays industrialisés et en développement confondus.

L’OMS estiment que les chiffres ne feront qu’empirer dans les vingt prochaines années pour atteindre 10 millions de décès par an et 15 millions de nouveaux cas.

Les programmes nationaux de lutte sont conçus pour diminuer l’incidence et la mortalité du cancer, ainsi que pour améliorer la qualité de vie des patients. Lorsqu’ils sont de bon niveau, ils évaluent comment utiliser avec un maximum d’efficacité et d’équité les ressources disponibles. Cela implique de trouver le juste équilibre entre la prévention, le dépistage précoce, le diagnostic, le traitement et les soins palliatifs.

Le rapport se base sur les faits et les progrès de la lutte anticancéreuse au cours des six dernières années. Il traite des nouvelles découvertes en matière de dépistage et de prévention : recommandations sur le dépistage des cancers du sein et du col, rôle de l’alimentation et de l’alcool dans la survenue des cancers, convention-cadre pour la lutte antitabac, le premier traité international de l’OMS en cours de négociation par les 191 Etats Membres de l’Organisation.

Le tabac est à lui seul la plus grande cause évitable de cancer et les mesures pour éviter que les gens se mettent à fumer ou pour les aider à perdre cette habitude ont un impact important dans la lutte contre ce fléau.

Le lundi 1er juillet, le docteur Brundtland remettra le prix de US $10 000 au lauréat du concours 2002 pour arrêter le tabac. Plus de 700 000 fumeurs dans plus de 80 pays ont essayé d’arrêter de fumer dans le cadre de ce concours organisé en partenariat avec l’OMS.

« L’une des grandes priorités de l’OMS vise à juguler l’épidémie mondiale de tabagisme. Il faut des interventions efficaces à tous les niveaux, mondial, national et local. Les efforts pour l’arrêt du tabagisme dans les populations, comme le concours, représentent un moyen efficace et peu coûteux d’aider un grand nombre de fumeurs à mettre fin à leur habitude. Seuls des efforts intenses pour les aider permettront d’éviter l’augmentation prévue pour les maladies liées au tabagisme au cours des 30 à 40 prochaines années », a rappelé le docteur Brundtland.

Malgré ces progrès dans la prévention et l’évolution des traitements, la majorité des personnes pour lesquelles un cancer a été diagnostiqué, aura besoin de soins palliatifs à un certain stade. Le soulagement de la douleur est un élément crucial de ces soins et, bien que ces traitements ne soient pas coûteux, de nombreux pays en développement sont incapables de les fournir à la plupart des patients.

L’approche globale des soins palliatifs doit comprendre la satisfaction des besoins psychologiques, émotionnels et spirituels du patient, mais aussi de sa famille et des aidants.

Le rapport et ses directives font partie du programme de l’OMS visant à transcrire dans l’action les nouvelles connaissances. Il donne au pays des conseils pratiques et des exemples pour mettre en place des systèmes de lutte dans différentes situations de ressources. « Face au problème complexe et croissant du cancer, le programme complet de lutte est la meilleure stratégie que puisse adopter un pays », déclare Cecilia Sepúlveda, Coordonnatrice du Programme de lutte contre le cancer au Siège de l’OMS.

Les pays industrialisés comme ceux en développement se heurtent à plusieurs obstacles pour mettre en place les systèmes de lutte recommandés. Seuls quelques pays ont mis au point des programmes nationaux et complets de lutte contre le cancer. Certains ont élaboré des initiatives au niveau d’états ou de provinces, mais ces efforts tendent à rester fragmentaires et à ne pas être durables. D’autres encore ne s’intéressent qu’à un ou deux domaines prioritaires. Enfin, il est alarmant de constater que certains pays déclarent ne faire aucun travail en matière de lutte anticancéreuse au niveau national.

La deuxième édition de National cancer control programmes : policies and managerial guidelines (Programmes nationaux de lutte contre le cancer : politiques et principes gestionnaires) pourra être consultée sur www.who.int/cancer. La version sur papier est à commander auprès de bookorders@who.int.

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