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Afghanistan: L'OMS lance un appel pour collecter US$ 1,2 million contra la plus grande épidémie de leishmaniose dans le monde

- Un investissement relativement modéré de la part de la communauté internationale pourrait aider au moins 200 000 personnes, rien qu’à Kaboul, à échapper à ce fléau

- Les personnes déplacées et le personnel international sont les plus exposés

- C’est la plus grande épidémie de leishmaniose dans le monde

Des décennies de guerre civile en Afghanistan ont détruit la majeure partie des infrastructures du pays. En outre, des maladies orphelines, mais que l’on peut traiter, se sont installées pendant ce long conflit et ont résisté aux efforts des médecins et des cliniques pour les maîtriser.

L’un des exemples les plus graves en est la leishmaniose cutanée, une maladie défigurante connue sous diverses appellations, comme « l’ulcère d’Alep » par exemple. Cette pathologie est provoquée par un parasite transmis par des piqûres d’insecte et elle entraîne des lésions du visage avec des préjudices esthétiques et une incapacité à long terme. Elle aboutit souvent à des situations d’exclusion sociale.

Les femmes et les enfants sont particulièrement touchés et, dans certains cas, les femmes sont traitées comme des parias par leur communauté. Dans certaines régions, la maladie est tellement courante qu’elle finit par faire partie de la vie familiale. Mais aujourd’hui à Kaboul, il y a la possibilité d’en venir à bout et de mettre un terme aux souffrances endurées par tant de personnes.

Rien qu’à Kaboul, on pense que 200 000 personnes sont infectées par le parasite. A cause de leur faible résistance à la maladie, les réfugiés et autres personnes déplacées qui retournent dans la capitale sont davantage exposés au risque d’infection. Le personnel international travaillant en Afghanistan court également un risque beaucoup plus important.

L’Organisation mondiale de la Santé, ainsi que les autorités afghanes et de nombreuses ONG internationales, lancent un appel urgent pour obtenir les fonds qui permettront de maîtriser cette grave épidémie. Il s’agit de l’un de ces cas où de faibles sommes d’argent ont un effet déterminant sur la situation.

« Le financement d’un programme de deux ans, qui aura une influence énorme et définitive sur cette maladie défigurante, ne demande guère plus d’un million de dollars, a précisé le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Mais il nous faut agir immédiatement : si nous ne saisissons pas cette occasion, nous assisterons à une forte augmentation du nombre des cas l’année prochaine. »

Il est indispensable de lancer cette riposte urgente dès que possible. Comme cette forme de leishmaniose se transmet d’une personne à l’autre par l’intermédiaire de la piqûre du phlébotome, l’infection se propage rapidement lorsque les populations sont concentrées, notamment si elles sont pauvres. Le phlébotome se reproduit rapidement lorsque les conditions sanitaires sont mauvaises. Après avoir piqué une personne infectée, l’insecte transmet la maladie à chaque piqûre ultérieure.

La transmission a lieu de mai à octobre mais, en raison de la longue période d’incubation, il faut attendre quelques mois avant de voir apparaître les nouveaux cas. Il est donc crucial d’interrompre la transmission pour éviter une forte augmentation du nombre des cas l’année prochaine. La rapidité de la riposte permettra de mettre en place un plan de lutte à long terme et d’éviter que la maladie prenne encore de l’ampleur en Afghanistan.

Le plan d’urgence de l’OMS prévoit une intervention rapide associant des mesures préventives et curatives qui permettront de maîtriser cette maladie incapacitante de la pauvreté : médicaments pour les traitements de masse, moustiquaires imprégnées d’insecticide pour la protection individuelle, mobilisation sociale, éducation sanitaire.

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