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Un moment historique pour l'Europe: La Région est déclarée indemne de poliomyélite

275 millions de dollars des États-Unis seront nécessaires pour consolidercette victoire remportée dans le cadre de la campagne mondiale en faveurde l’éradication de la poliomyélite

La décision historique de certifier la Région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indemne de poliomyélite a été annoncée, ce jour, lors d’une réunion de la Commission régionale européenne de certification de l’éradication de la poliomyélite, qui s’est tenue à Copenhague. Pour les quelque 870 millions d’habitants qui peuplent les 51 États membres de la Région1, cette décision est le plus important jalon du nouveau millénaire dans le domaine de la santé publique.

« Il s’agit-là d’une formidable victoire, qui est le fruit des efforts entrepris dans le monde entier pour éradiquer la poliomyélite. Pour y parvenir, il a fallu l’engagement total et la coopération de chacun de nos 51 États membres, le travail acharné des personnels de santé sur le terrain et le soutien déterminé de partenaires internationaux travaillant en coordination avec l’OMS. » a déclaré le Dr Marc Danzon, directeur régional de l’Europe de l’OMS.

Cela fait plus de trois ans que la Région européenne n’a pas connu de cas autochtone de poliomyélite. En Europe, le dernier cas de poliomyélite dû à un poliovirus sauvage autochtone est survenu en 1998, dans la partie orientale de la Turquie, où un petit garçon de deux ans, qui n’avait pas été vacciné, a été paralysé par le virus. L’importation de poliovirus à partir de pays où la maladie est endémique reste une menace. Pour la seule année 2001, on a constaté trois cas de poliomyélite chez des enfants Rom, en Bulgarie, et un cas de poliomyélite non paralytique en Géorgie – tous ayant été causés par un poliovirus provenant du sous-continent indien. Il y a une décennie, aux Pays-Bas, un virus importé a été à l’origine de 71 cas de paralysie et de deux décès dans une communauté qui refusait la vaccination.

S’agissant des cas d’importation récents, Sir Joseph Smith, président de la Commission de certification a noté : « Nous estimons que toutes les mesures ont été prises pour faire en sorte que l’importation d’un poliovirus sauvage dans la Région n’entraîne pas une circulation prolongée du virus. Toutes les données disponibles le confirment. Toutefois, » a-t-il précisé « notre tâche ne s’arrête pas ici. Dans toute la Région européenne, il est crucial de maintenir la vaccination et d’assurer une surveillance ininterrompue. Le risque que le virus soit importé en Europe continuera d’exister tant que la poliomyélite ne sera pas éradiquée à l’échelle mondiale. »

Les efforts en vue d’obtenir une certification de l’éradication de la Région européenne ont commencé en 1988, à la suite de l’appel lancé par l’Assemblée mondiale de la santé en faveur de l’éradication de la poliomyélite. Pour libérer le monde de cette maladie, un partenariat a été mis en place, dont les principaux initiateurs étaient l’OMS, Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention (États-Unis d’Amérique) et l’UNICEF. Cette victoire remportée en Europe est l’aboutissement d’une série de campagnes de vaccination sans précédent coordonnées au niveau national, connue sous le nom « Opération MECACAR », à laquelle ont participé 18 pays et territoires de deux régions de l’OMS, la Région européenne et la Région de la Méditerranée orientale, où la poliomyélite était endémique2. Entre 1995 et 1998, 60 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans ont reçu, chaque année, deux doses supplémentaires de vaccin antipoliomyélitique. Depuis 1997, des campagnes de vaccination de masse, organisées selon la méthode du porte-à-porte, ont été menées dans le cadre de MECACAR dans les zones à haut risque de ces pays. Jusqu’en 2002, des campagnes supplémentaires ont continué d’être organisées dans les pays présentant les risques les plus élevés. Cette synchronisation des campagnes de vaccination entre pays voisins est devenue un exemple de méthode pour éradiquer la maladie dans le monde.

La Commission régionale européenne de certification, qui est un organe indépendant composé d’experts internationaux en santé publique, travaille depuis 1996 au processus de certification officielle d’éradication de la poliomyélite en Europe. Avant de pouvoir prendre une décision sur la certification, cette commission a dû examiner attentivement les données de surveillance et les dossiers soumis par les comités de certification nationaux. En outre, elle a reçu de la part de l’ensemble des ministres de la santé des engagements fermes concernant le maintien de la vaccination et de la surveillance. « Un excellent niveau de surveillance de la paralysie flasque aiguë est un élément déterminant pour obtenir la certification de la Région et, dans le cadre de l’Initiative mondiale, pour parvenir à éradiquer la poliomyélite. Cette surveillance doit permettre de connaître précisément le lieu de résidence et l’âge de chaque enfant atteint par la maladie, afin de pouvoir lancer immédiatement des mesures d’intervention appropriées. » a déclaré le Dr David Fleming, directeur par intérim des Centers for Disease Control and Prevention. « Il est primordial de maintenir cette surveillance pour se prémunir contre la menace permanente que représente l’importation potentielle de virus. »

Les pays de la Région européenne devront donc veiller à maintenir la vaccination et la surveillance, et à disposer des moyens de réagir à des cas importés. Par ailleurs, dans le cadre d’un plan mondial visant à assurer un confinement efficace des poliovirus dans un monde exempt de poliomyélite, l’ensemble des stocks de poliovirus détenus par des laboratoires fait actuellement l’objet d’un recensement. Contrairement à la variole, où le confinement absolu était l’objectif, ce plan vise à un confinement efficace permettant de réduire le plus possible le risque d’une réintroduction accidentelle ou intentionnelle du poliovirus sauvage, en faisant en sorte que les matières conservées soient manipulées dans des conditions appropriées.

Depuis que l’Initiative mondiale en faveur de l’éradication a été lancée, en 1988, deux régions de l’OMS ont été certifiées indemnes de la maladie : les Amériques, en 1994, et le Pacifique occidental, en 2000. Le nombre de cas de poliomyélite, qui était encore estimé à 350 000 pour 125 pays, en 1988, est tombé à seulement 480 cas pour les 10 pays où la poliomyélite était endémique en 2001.

« En Europe et ailleurs, nous avons travaillé pour parvenir à vacciner des enfants vivant dans les conditions les plus difficiles que l’on puisse imaginer, y compris dans des zones touchées par des conflits. » a déclaré Philip D. O’Brien, directeur régional de l’UNICEF pour l’Europe centrale et orientale. « Ces efforts sans précédent, qui sont récompensés aujourd’hui par la certification de la Région européenne, doivent être poursuivis jusqu’à ce que nous soyons parvenus à vacciner tous les enfants, où qu’ils se trouvent. »

Réussir à éradiquer cette maladie de la planète – ce qui est le meilleur moyen de limiter au minimum les risques pour les enfants en Europe – exigera de réunir les 275 millions de dollars des États-Unis encore manquants pour réaliser les travaux prévus jusqu’en 2005. « Il s’agit-là véritablement d’une victoire historique. » dit Rudolf Hörndler, président du Comité européen PolioPlus pour Rotary International. « Pourtant, alors que nous nous rapprochons de l’objectif de l’éradication mondiale, il faut redoubler d’effort. Les tâches les plus difficiles sont encore devant nous – il reste à trouver 275 millions de dollars des États-Unis. » En tant qu’organisme associatif et principal partenaire du secteur privé dans le cadre de l’effort mondial visant à éradiquer la poliomyélite, Rotary international a fait don, à ce jour, de plus de 14 millions de dollars pour venir à bout de la poliomyélite en Europe, et de 462 millions de dollars pour la campagne mondiale. En outre, les membres du Rotary donnent de leur temps et versent des contributions personnelles pour faire en sorte que des enfants puissent être vaccinés lors des journées de vaccination nationales. Afin de participer à l’effort mondial visant à trouver les fonds manquants, le Rotary lancera au mois de juillet sa seconde grande campagne de collecte de fonds pour tenter de réunir 80 millions de dollars d’ici 2003.

La poliomyéliteLa poliomyélite est une maladie extrêmement contagieuse provoquée par un virus, qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Le virus envahit le système nerveux et peut provoquer une paralysie totale en quelques heures. Il pénètre l’organisme par la bouche et se multiplie dans les intestins. Les premiers symptômes de la maladie sont la fièvre, la fatigue, des céphalées, des vomissements, une raideur de la nuque et des douleurs dans les membres. Une infection sur 200 entraîne une paralysie irréversible (des jambes, en général). Parmi ceux qui sont ainsi paralysés, 5 à 10% meurent lorsque les muscles assurant la respiration cessent d’être fonctionnels.

Il s’agit d’une maladie incurable mais il est possible de la prévenir. Le vaccin antipoliomyélitique, administré à plusieurs reprises, peut protéger un enfant pour toute son existence.

L’alliance en faveur de l’éradication de la poliomyélite rassemble les gouvernements de pays touchés par la maladie ; des fondations privées (par exemple le Fonds des Nations Unies et la Fondation Bill & Melinda Gates) ; des banques de développement, telles que la Banque mondiale ; des gouvernements donateurs (par exemple l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) ; la Commission européenne ; des organisations humanitaires et non gouvernementales (comme la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) et des partenaires du secteur privé (comme Aventis Pasteur et De Beers). Les bénévoles des pays en développement jouent également un rôle essentiel : ils sont 10 millions à avoir participé à des campagnes de vaccination de masse.

Note aux rédacteurs :

Des photographies haute résolution peuvent être téléchargées à partir du site www.euro.who.int/polio/Certification/20020613_5

Des rushes (B-rolls) sont distribués aux diffuseurs par l’intermédiaire du réseau EBU.

1/ États membres de la Région européenne de l’OMS : Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Bélarus, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Monaco, Norvège, Ouzbékistan, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République de Moldova, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie, Ukraine, Yougoslavie.

2/ Pour la Région européenne de l’OMS : Arménie, Azerbaïdjan, Fédération de Russie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turquie, Turkménistan.Pour la Région de la Méditerranée orientale de l’OMS : Afghanistan, Jordanie, Iraq, Liban, Pakistan, République arabe syrienne, République islamique d’Iran, Territoires autonomes palestiniens

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