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La Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé commence ses travaux aujourd'hui - La Forte impulsion donnée à la santé publique doit être intensifiée et élargie

MISE EN GARDE DU DR BRUNDTLAND : « LE MONDE VIT DANGEREUSEMENT

Genève – Le Dr Gro Harlem Brundtland a félicité aujourd’hui les délégués des Etats Membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour s’être attachés à placer la santé au premier rang des préoccupations mondiales, et a noté avec satisfaction l’augmentation en valeur réelle du financement affecté à la santé publique partout dans le monde.

« Nous avons fait bouger les choses et nous allons maintenant continuer sur notre lancée », a déclaré le Directeur général de l’OMS en s’adressant aux représentants des 191 Etats Membres de l’OMS, dont un grand nombre de ministres de la santé. Les délégués sont à Genève pour la réunion annuelle d’une semaine de l’organe directeur suprême de l’OMS, l’Assemblée mondiale de la Santé. Ils débattront de tout un éventail de questions de santé publique d’importance internationale et définiront la politique que l’Organisation devra mener à l’avenir.

Parce qu’ils ont pris conscience de ce que la santé est indispensable à la croissance économique, à la stabilité et à la paix, des personnes n’appartenant pas au cercle restreint des professionnels de la santé demandent l’amélioration de la santé dans le monde et oeuvrent à cette fin. « Des premiers ministres et des présidents, des chanteurs de rock, des sportifs de haut niveau et des dirigeants d’entreprises partagent notre position », a déclaré le Dr Brundtland.

Les réalisations dans le domaine de la santé comprennent : la réduction de 99 % des cas de poliomyélite ; l’accord sur les objectifs et les stratégies de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, maladies qui tuent plus de 5 millions de personnes par an ; les programmes élargis de vaccination contre les maladies de l’enfant qui marquent une augmentation de 8 % dans certains pays ; l’unité de vue des pays qui négocient une convention-cadre de lutte antitabac, et l’accent plus grand placé sur la maladie mentale, cause majeure de souffrance et d’incapacité.

Le monde vit dangereusement

En dépit de l’attention encourageante que la communauté internationale accorde à présent à la santé, on est encore confronté à des problèmes de taille. Il est inquiétant de constater l’évolution des comportements de par le monde, et que ces nouveaux comportements nuisent à la santé. Cet automne, le rapport sur la santé dans le monde, l’un des projets les plus ambitieux de l’OMS, quantifiera certains des risques les plus importants pour la santé et évaluera le rapport coût/efficacité des mesures visant à les réduire.

« Le monde vit dangereusement soit parce qu’il n’a guère le choix, soit parce qu’il fait les mauvais choix en matière de consommation et d’activité », a déclaré le Dr Brundtland.

A l’une des extrémités de l’échelle de risque, il y a la pauvreté, la faim et la malnutrition, les rapports sexuels non protégés, l’insalubrité de l’eau, les mauvaises conditions d’assainissement et d’hygiène, la carence en fer et la fumée de combustibles solides à usage domestique. Ces facteurs font partie des dix principales causes de morbidité et sont beaucoup plus fréquents dans les pays et les communautés les plus pauvres.

A l’autre bout de l’échelle de risque, l’hypertension et l’excès de cholestérol, qui ont une incidence directe sur les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, sont aussi étroitement liés à la consommation abusive de nourriture grasse, sucrée et salée. L’obésité est également un risque sérieux pour la santé. Les conséquences du tabagisme et de la consommation excessive d’alcool sont mortelles. Ces facteurs prédominent dans les pays riches, mais leur prévalence augmente dans les communautés en développement, donnant aux pays les plus pauvres une double charge de morbidité, celle des maladies infectieuses et celle des maladies non transmissibles.

Pour réduire ces risques – notamment parmi les enfants et les adolescents –, une action concertée et s’appuyant sur des bases factuelles s’impose de toute urgence.

Le Dr Brundtland a déclaré qu’elle lancerait, à l’occasion du Sommet mondial pour le développement durable à Johannesburg en septembre, une nouvelle initiative visant à promouvoir des milieux favorables à la santé à l’intention des enfants. Par ailleurs, l’OMS redonnera vigueur aux efforts concernant le régime alimentaire, la salubrité des aliments et la nutrition.

Présidées par des ministres de la santé, quatre tables rondes se tiendront demain dans le cadre de l’Assemblée pour débattre de la surveillance, de la notification et de la réduction des risques pour la santé.

Intensification nécessaire de l’action pour lutter contre les maladies des pauvres

Le nouvel engagement mondial en faveur de la santé s’est traduit en réalisations concrètes : ressources complémentaires et mécanismes pour le transfert rapide des fonds ; stratégies permettant d’atteindre des buts précis dans les délais fixés ; mobilisation et coordination de partenaires différents. L’accent a été mis en particulier sur trois maladies liées à la pauvreté, à savoir le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme.

De nouveaux programmes de lutte contre le VIH/SIDA, applicables même là où les ressources font défaut, utilisent une approche intégrée qui associe la prévention, le diagnostic, le traitement et les soins. Grâce aux progrès accomplis, un nombre beaucoup plus grand de patients a à présent accès aux médicaments.

Ces faits nouveaux, si encourageants soient-ils, ne sont qu’un début. « Nous devons continuer à faire baisser le prix des médicaments et d’autres biens et à étendre l’accès des millions de personnes dans le besoin à des services de qualité. Nous devons accélérer notre action, même si la lutte semble semée d’embûches politiques et institutionnelles », a demandé le Dr Brundtland. Elle a annoncé que des projets entièrement planifiés devaient démarrer dans les prochaines semaines si davantage de fonds sont consentis, et qu’actuellement la capacité d’absorption des pays dépasse de loin les fonds dont on dispose.

Les systèmes de santé doivent être améliorés

Un autre défi important à relever est celui de créer de meilleurs systèmes de santé financés de manière équitable et suffisante et qui répondent aux besoins et aux attentes. Le Dr Brundtland a annoncé le lancement de deux nouvelles initiatives : l’une pour apporter des conseils concernant le financement des soins de santé dans différents cadres ; l’autre visant à développer les ressources humaines dans les systèmes de santé nationaux, notamment ceux dont le financement est insuffisant et qui perdent leur personnel de santé au profit de pays où la rémunération est plus élevée.

L’OMS s’attache de plus en plus à appuyer les pays pris séparément en assurant à la fois le renforcement du potentiel des nationaux et des équipes de l’OMS dans le pays.

Ces prochaines années, l’OMS mettra davantage l’accent sur les mesures exceptionnelles pour la santé prises dans des situations d’urgence et de crise dans le monde entier. A cette fin, elle réunira des informations sur les situations et les réactions dans le domaine de la santé, et collaborera avec toutes les parties concernées en profitant d’un effet de synergie afin d’améliorer avec elles l’accès aux produits, aux matériels et au personnel indispensables à la santé.

L’OMS continue d’apporter son soutien aux autorités nationales pour la reconstruction du secteur de la santé en Afghanistan et s’occupe présentement de faire parvenir des fournitures médicales dans les territoires palestiniens où le système de santé doit recommencer à fonctionner le plus tôt possible.

« Je tiens à ajouter la voix de la santé publique à toutes celles des responsables d’autres domaines qui demandent instamment à l’ensemble des parties au conflit actuel [au Moyen-Orient] de se diriger vers la paix et d’abandonner la confrontation », a déclaré le Dr Brundtland.

Le texte intégral du discours prononcé par le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général, devant la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, à Genève, le 13 mai 2002, se trouve à l’adresse suivante : http://www.who.int/director-general/.

On trouvera l’ordre du jour et les documents de l’Assemblée sur le site : http://www.who.int/gb/.

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