Centre des médias

La situation sanitaire aggrave les conséquences de la famine en Afrique australe

L’aide alimentaire doit s’accompagner de la délivrance des services de santé de base pour éviter d’énormes pertes humaines en relation avec la sécheresse actuelle, rappelle l’OMS aujourd’hui.

Dans la situation actuelle de pénurie alimentaire, certaines maladies deviennent particulièrement menaçantes pour 12 à 14 millions de personnes en Afrique australe. Le manque de précipitations a déclenché une crise exacerbée par plusieurs facteurs concomitants : la longue dégradation des services de santé, les ravages de l’épidémie de SIDA et les graves problèmes économiques auxquels les pays de la région doivent faire face.

"Dans des populations affaiblies par la famine, les maladies feront un grand nombre de victimes qui, correctement nourries, auraient pu survivre. Pour cela il aurait fallu que la nourriture soit produite en quantité suffisante ou qu’elle soit abordable à l’achat, explique le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Les informations qui nous parviennent sur la situation locale sont particulièrement préoccupantes : doublement du risque de mortalité maternelle dans certaines régions, augmentation continuelle de la tuberculose, des infections respiratoires aiguës et du paludisme. Nous craignons que cette crise ne provoque au moins 300 000 morts “supplémentaires” dans les six prochains mois."

Toutes ces pathologies résultent de la malnutrition croissante, notamment chez les enfants. Une enquête au Malawi par exemple, a montré qu’elle touche désormais 19 % d’entre eux, contre 6 % il y a trois mois. Ces enfants sont plus sensibles aux maladies et le phénomène entraîne déjà une augmentation de la mortalité dans tous les groupes de la population. Dans certaines zones, le taux brut de mortalité dépasse 1 pour 10 000 habitants par jour, ce qui signifie que nous sommes déjà en présence d’une grave crise humanitaire.

“Nous allons au devant d’une catastrophe, à moins d’apporter rapidement une aide alimentaire aux millions de personnes qui risquent de mourir de faim, déclare James Morris, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) et envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies dans la Région. La situation va se détériorer progressivement chaque mois si nous ne recevons pas plus d’aide alimentaire, d’eau et de médicaments.”

Le PAM procède actuellement à une deuxième série d’évaluations dont les résultats devraient être connus mi-août. Ceux-ci pourraient montrer une augmentation marquée de la population en danger. Selon les estimations actuelles, 7 millions de personnes ont besoin dès maintenant d’une aide alimentaire et le chiffre pourrait atteindre les 12,8 millions d’ici la fin de l’année. A ce jour, le PAM alimente 4,6 millions de personnes.

Les personnes porteuses du VIH ont un système immunitaire affaibli, ce qui augmente le taux de mortalité. Le VIH/SIDA a frappé durement la population active dans la région, ne laissant souvent que des jeunes ou des vieux à la tête des familles. Ceux qui vivent avec le SIDA ont une capacité de travail amoindrie dans les champs et le coût des soins accentue encore la pression économique sur leur famille.

Avec une prévalence moyenne de 24,9 % dans les six pays de la région, les taux vont de 16,4 % au Malawi à 33,7 % au Zimbabwe. Au Malawi, 470 000 enfants ont perdu un ou leurs deux parents à cause de l’épidémie.

Les statistiques du Malawi montrent que, parallèlement à une diminution de 7 % du nombre des accouchements dans les établissements de santé, les taux de mortalité maternelle qui y ont été enregistrés ont augmenté de 71 % à cause de la malnutrition et du mauvais état de santé, du manque de soins prénatals et des faiblesses du système de santé.

En avril de cette année, l’OMS avait recensé au total 22 023 cas de choléra au Malawi, dont 609 mortels (soit un taux de létalité de 2,8 %) alors que l’Organisation considère que, pour cette maladie, le taux de létalité doit être inférieur à 1 %. Cela indique clairement que les malades, affaiblis par le manque de nourriture, succombent plus facilement à l’infection.

L’amélioration des soins de santé parallèlement à la distribution de l’aide alimentaire permettrait d’obtenir facilement une forte diminution de la mortalité. En plus d’inciter les agences internationales et les organisations non gouvernementales à fournir l’aide essentielle, l’OMS s’efforce d’améliorer les capacités des pays d’assurer les soins de santé dans les zones les plus affectées. Elle aide les ministères de la santé à avoir accès aux médicaments, à renforcer le personnel de santé et à surveiller avec rigueur la situation sanitaire. Elle prête également son concours aux gouvernements pour coordonner l’aide apportée par les organismes d’aide humanitaire, les organisations non gouvernementales et d’autres et assurer ainsi une riposte la plus efficace possible.

L’appel d’urgence pour l’Afrique australe prévoit US $40 millions pour la santé et les actions en faveur de la nutrition, en plus des US $500 millions nécessaires pour satisfaire les besoins alimentaires. Cette aide financière est indispensable pour éviter une catastrophe humanitaire majeure dans les prochains mois.

Partager

Pour plus d'informations:

Mr Gregory Hartl
Téléphone: +41 (22) 791 4458
Tél. portable: +41 (79) 203 6715
Courriel: hartlg@who.int