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Le Timor-Leste devient membre de l'OMS

Priorité à la santé de la mère et de l'enfant

La République démocratique du Timor-Leste (anciennement Timor-oriental) est devenue le 192e Etat Membre de l'Organisation mondiale de la Santé, immédiatement après l'admission de ce nouvel Etat indépendant à l'Organisation des Nations Unies, le 27 septembre.

Le Dr Rui Maria de Araujo, Ministre de la Santé du Timor-Leste, a déclaré que son pays était très heureux de devenir Membre de l'OMS et comptait se prévaloir largement de l'expérience des autres Etats Membres de l'OMS confrontés à des problèmes et à des contraintes semblables en matière de santé. « Sous l'égide de l'OMS, l'expertise technique disponible dans ces pays permettra au Timor-Leste d'obtenir des conseils sur différentes questions qui l'intéressent concernant la santé et les domaines liés à la santé», a-t-il ajouté.

Tous les Etats peuvent devenir Membres de l'OMS. Le Timor-Leste est devenu un Etat souverain le 20 mai 2002, après avoir été administré pendant trois ans par l'Organisation des Nations Unies. Les Membres de l'ONU peuvent devenir Membres de l'OMS en signant la Constitution ou en l'acceptant d'une autre manière. En tant que dépositaire de la Constitution, le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, a accepté formellement l'instrument d'acceptation du Timor-Leste le 27 septembre.

Améliorer la santé et la survie de la mère et de l'enfant constitue la principale priorité de la santé publique. Le taux de mortalité infantile est estimé à 70-95 décès pour 1000 naissances vivantes. Le taux de mortalité de l'enfant de moins de cinq ans est également à un niveau inacceptable.

« Les maladies transmissibles sont à l'origine de la majorité des décès », a déclaré le Dr de Araujo. Les maladies de l'enfant les plus courantes sont les infections respiratoires aiguës, comme la pneumonie, et les maladies diarrhéiques, suivies par le paludisme et la dengue. La tuberculose est également un important problème de santé publique de l?enfant comme de l'adulte.

Par l'intermédiaire de son bureau établi en 1999 dans la capitale, Dili, l'OMS a introduit la « prise en charge intégrée des maladies de l'enfant » pour réduire ces taux élevés. Cette stratégie à la fois préventive et curative vise à réduire la mortalité, la morbidité et l'incapacité et à promouvoir une amélioration de la croissance et du développement de l'enfant de moins de cinq ans. Elle est axée non seulement sur les établissements de soins, mais aussi sur les familles et les communautés. Par exemple, la stratégie vise à bien reconnaître les maladies de l'enfant, à améliorer la nutrition et à contribuer à des soins appropriés.

L'OMS a aidé les autorités sanitaires timoraises en mettant sur pied un système fondamental de surveillance des maladies transmissibles, en dépistant, en analysant et en combattant les maladies et en répondant rapidement aux flambées par le biais d'un système de surveillance des situations d'urgence. Un projet opérationnel pour faire reculer le paludisme, un programme de lutte antituberculeuse et des services de vaccination systématique ont été mis sur pied. L'OMS continue à apporter une expertise technique et une assistance pratique pour prévenir et combattre les maladies transmissibles. Elle contribue aussi à élaborer et à appliquer la politique, les principes et les procédures nationaux de lutte contre les maladies transmissibles.

On estime que pour 1000 naissances vivantes huit femmes meurent de complications suivant l'accouchement. Pour promouvoir la maternité sans risque, l'OMS s?efforce de développer les services de santé génésique en compagnie de ses partenaires, le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Un besoin urgent consiste à mettre en place un programme pour éviter le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles. Comme dans d'autres pays, le VIH/SIDA pourrait avoir un effet dévastateur sur la population ; les taux d'infection actuels sont encore faibles et le gouvernement entend bien prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter leur augmentation. Une action s'impose pour faire face à la pénurie d'agents de santé qui constitue un autre problème fondamental de la santé au Timor-Leste. Le pays ne compte actuellement que 47 médecins à la suite d'une très forte émigration. L'OMS continue d'apporter son assistance au recrutement et à la formation des professionnels de la santé. Ainsi, les compétences nécessaires sont enseignées pour lutter contre les maladies transmissibles endémiques.

Le Timor-Leste a une population relativement jeune, 48,1 % des 850 000 habitants ayant moins de 17 ans et 17% moins de cinq ans. L?espérance de vie moyenne est de 57 ans. Quatre-vingt-cinq pour cent de la population vit en milieu rural et, si 80 % des Timorais ont actuellement accès à des services de santé, il faut marcher en moyenne 70 minutes pour parvenir au centre de santé le plus proche.

Quarante pour cent de la population du Timor-Leste, d'après les autorités, vit avec moins de US $0,55 par jour. La Commission Macroéconomie et Santé, chargée par le Directeur général de l'OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland, d'approfondir les liens entre la santé et le développement économique, a fait des recommandations particulières relatives à ce genre de situation. La Commission a lancé un appel en faveur d'un effort d'investissement accru pour la santé de la part des pays développés et en développement dans les pays les plus pauvres, où il se traduirait par une augmentation des revenus, une diminution du nombre des décès et une amélioration de la santé.

« Je félicite le Gouvernement du Timor-Leste », a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, « d'avoir donné la priorité absolue à la santé dans le plan de développement national et j'envisage une collaboration fructueuse avec lui dans l'action de santé publique. »

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