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Les rapports sexuels non protégés sont le principal mode de transmission du VIH en Afrique souligne un groupe d’experts

Un groupe d’experts a réaffirmé que l’immense majorité des infections à VIH en Afrique subsaharienne était imputable aux rapports sexuels non protégés et que les programmes de prévention dans la région devaient continuer de privilégier une sexualité à moindre risque.

L’OMS et l’ONUSIDA ont accueilli aujourd’hui une consultation d’experts qui a porté sur les pratiques d’injection dangereuses et le VIH dans le cadre des soins de santé et le rôle relatif des injections dangereuses dans la transmission du VIH en Afrique subsaharienne.

Après avoir examiné les données disponibles, et notamment des articles récents selon lesquels les infections à VIH en Afrique subsaharienne seraient dues pour la plupart à des pratiques médicales dangereuses, en particulier les injections, les experts ont conclu que l’immense majorité des données infirment cette éventualité et que les rapports sexuels non protégés demeurent responsables de la plupart des infections. Un ensemble de mesures sont nécessaires pour prévenir les différents modes de transmission du VIH mais les programmes de prévention dans la région doivent continuer de privilégier une sexualité à moindre risque.

Ce point de vue est étayé par les données épidémiologiques et biomédicales. Ainsi, les enfants de 5-14 ans, qui ne sont en général pas encore sexuellement actifs, ont des taux d’infection très faibles ; les taux d’infection par tranche d’âge chez les jeunes femmes et les jeunes hommes suivent de près les schémas de comportement sexuel et des autres infections sexuellement transmissibles (comme l’herpès simplex virus 2) ; chez les couples sexuellement actifs, les deux partenaires sont souvent infectés ; et on n’observe pas de lien systématique entre des taux de VIH plus élevés et des normes inférieures de sécurité des injections.

La modélisation de l’épidémie fondée sur les meilleures données disponibles montre également que les infections sont dues très majoritairement à des rapports sexuels non protégés. L’OMS a évalué à 2,5 % environ la part des infections à VIH imputables aux pratiques d’injection dangereuses en Afrique subsaharienne. Malgré la marge d’incertitude liée à cette estimation, il reste que les rapports sexuels non protégés sont de loin le mode de transmission prédominant en Afrique subsaharienne.

Avec quelque 3,5 millions d’Africains infectés pour la seule année 2002, et 29,4 millions d’adultes et d’enfants vivant avec le VIH/SIDA dans la région, la riposte au SIDA dans cette région doit s’appuyer principalement sur une sexualité à moindre risque. Les débats relatifs à l’importance des autres modes de transmission ne doivent jamais affaiblir cet élément essentiel de la riposte.

Les experts ont aussi rappelé qu’il est important d’assurer une utilisation sûre et appropriée des injections dans les secteurs formel et informel des soins de santé des pays au revenu faible ou moyen comme des pays au revenu élevé. On estime à 16 milliards le nombre annuel des injections administrées dans le monde et à 30 pour cent de la totalité le nombre des injections dangereuses du fait de la réutilisation du matériel. Les participants ont reconnu que les injections médicales sûres étaient essentielles pour réduire non seulement la transmission du VIH mais également celle d’autres agents pathogènes tels que l’hépatite B et l’hépatite C dans les services de santé, et pour préserver la confiance dans le système des soins de santé.

Les injections jouent un rôle clef dans les programmes de vaccination et les traitements salvateurs. Les injections ne doivent être utilisées qu’en cas de nécessité médicale, et elles doivent être administrées au moyen de matériel jetable, ensuite éliminé en toute sécurité. Ces dernières années, on a consacré beaucoup d’efforts et de ressources à l’amélioration de la sécurité des injections dans les services de santé moyennant une meilleure planification des services, y compris la vaccination, la formation des personnels soignants et des vaccinateurs, la fourniture de matériel d’injection jetable et l’élimination correcte des instruments piquants et coupants. De nouveaux efforts devront être déployés pour éliminer les pratiques d’injection dangereuses dans le monde. A cet effet, l’OMS vient de publier des grandes lignes sur la gestion d’une politique relative à la sécurité des injections qui sont destinées à aider les pays à mettre en œuvre tous les aspects d’une politique de sécurité des injections.

Dans le contexte de l’épidémie de SIDA, l’OMS et l’ONUSIDA s’efforcent de comprendre l’épidémiologie mondiale et locale du VIH, examinent au fur et à mesure les informations nouvelles et prennent des initiatives pour prévenir l’infection à VIH quelle qu’en soit l’origine – rapports sexuels non protégés, transmission mère-enfant, sang et produits sanguins et injections dangereuses.

Pour plus d’informations veuillez contacter Dominique de Santis, ONUSIDA, Genève, (+41 22) 791 4509 ou (+41 79) 254 6803 (portable), Andrew Shih, ONUSIDA, New York, (+ 1 212) 584 5012, ou Chris Powell, OMS, Genève, (+41 22) 791 2888 ou (+41 79) 217 3425 (portable) ou Christine McNab, OMS, Genève, (+41 22) 791 4688; (+41 79) 254 6815 (portable)

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