Un environnement sain pour les enfants palestiniens et israeliens
Préparer l’avenir – Journée mondiale de la Santé
7 avril 2003 - A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé de cette année, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle à une action concertée pour protéger trois de nos plus grands atouts : les enfants, l’environnement et la santé.
Les principales menaces pour la santé de l’enfant se trouvent sur les lieux mêmes où ils devraient être le mieux protégés – maison, école, quartier. Chaque année plus de 5 millions d’enfants de 0 à 14 ans meurent de maladies directement liées à leur environnement : diarrhée, maladies respiratoires, paludisme et autres maladies à transmission vectorielle, qui peuvent être évitées et traitées.
Une eau de boisson non salubre, une mauvaise hygiène, des conditions d’assainissement médiocres, la pollution de l’air, y compris à l’intérieur des habitations en raison des combustibles utilisés pour la cuisine et le chauffage, la fumée du tabac, les produits chimiques et les déchets dangereux, les piqûres d’insectes et autres risques environnementaux ont des effets disproportionnés sur la santé des enfants. Les enfants de moins de cinq ans, qui ne représentent que 10 % de la population mondiale, supportent par contre 40 % de la charge mondiale de morbidité liée à l’environnement.
Ces décès et ces problèmes de santé pourraient être évités et nous savons comment. Or, malgré cela, beaucoup trop d’enfants continuent de souffrir aussi bien physiquement que psychologiquement. C’est le cas notamment dans les parties du monde touchées par des conflits.
Depuis le début de l’Intifada, en septembre 2000, les enfants palestiniens et israéliens ont été exposés à des risques environnementaux croissants. Au cours des deux années qui ont suivi, plus de 350 enfants palestiniens et 90 enfants israéliens ont perdu la vie par suite du conflit en cours. Beaucoup d’autres ont été blessés : certains resteront handicapés à vie. D’autres encore subissent les effets sociaux et psychologiques durables d’événements traumatisants et des privations liées aux situations de conflit. Des milliers d’enfants palestiniens souffrent des conséquences du conflit sur l’environnement, avec la destruction d’infrastructures de base et les pénuries d’eau et d’aliments.
La salubrité de l’environnement n’est plus garantie en raison de la durée du conflit et de la violence qu’il entraîne, et du fait du non respect des obligations et des protections établies dans l’intérêt des droits de l’homme et par le droit humanitaire international.
La position de l’OMS est que toutes les parties concernées doivent s’employer avec détermination à protéger l’environnement des enfants à tout moment. Nous devons accorder une attention particulière à la sécurité de cet environnement pendant les périodes de conflit et de crise, notamment en ce qui concerne les répercussions sur la santé et le bien-être des enfants. Et à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, nous devons nous engager plus résolument encore et dans le cadre d’un effort collectif à assurer « un environnement sain pour les enfants ». Ce n’est que de cette façon que nous pourrons aider à préparer l’avenir.