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L'essai d'un vaccin antipaludique donne des résultats prometteurs

L'OMS se félicite de cette avancée

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) se félicite des résultats d'un essai clinique qui a montré qu'un vaccin antipaludique expérimental conférait une protection aux enfants en bas âge en Afrique et déclare ce qui suit :

Docteur Marie-Paule Kieny, Directeur de l'initiative de l'OMS pour la recherche sur les vaccins (IVR) :

Les résultats de cet essai indiquent qu'il sera sans doute possible de développer un vaccin efficace contre le paludisme qui pourrait sauver des millions d'enfants. Même si ce vaccin nécessite encore beaucoup de travaux, c'est une percée dans la recherche sur les vaccins antipaludiques.

Cette avancée montre aussi le rôle crucial que jouent les gouvernements, les instituts de recherche et les scientifiques des pays d'endémie du continent africain dans la mise au point d'armes et de stratégies contre cette maladie qui fait tant de victimes parmi les enfants.

Des nombreux vaccins antipaludiques expérimentaux qui ont vu le jour ces 25 dernières années, le RTS, S/AS02A est le premier qui s'avère capable de protéger dans une mesure non négligeable des adultes volontaires contre une infestation palustre artificielle. Les nouveaux résultats indiquent que le vaccin confère une protection contre le paludisme aux enfants de un à quatre ans en Afrique.

Le taux d'efficacité vaccinale contre la maladie grave, qui est de 57,7%, est certes inférieur à celui conféré par les vaccins classiques de l'enfance, qui dépasse souvent 80%, mais les résultats de l'essai n'en sont pas moins très encourageants pour l'avenir car c'est la première fois qu'un vaccin antipaludique se révèle efficace contre la forme grave de la maladie chez l'enfant.

Les partenaires (voir ci-dessous) qui ont parrainé l'essai faisaient partie du Comité consultatif OMS/IVR sur les vaccins antipaludiques (MALVAC) qui s'est réuni le 13 octobre à Montreux (Suisse). Créé en 2002, le MALVAC suit la recherche sur les vaccins antipaludiques dans le monde, recense les lacunes de la science et les nouveaux domaines à explorer et réunit les bailleurs de fonds qui financent le développement de vaccins antipaludiques.

Le vaccin antipaludique expérimental le plus avancé, le RTS, S/AS02A, a été mis au point dans le cadre du partenariat entre GlaxoSmithKline Biologicals et l'Initiative en faveur des vaccins antipaludiques (MVI) du Programme pour des Technologies Appropriées dans le domaine de la Santé (PATH). Il a été testé lors d'un essai clinique de phase 2b auquel ont participé 2022 enfants de un à quatre ans de la province de Maputo, dans le sud du Mozambique, entre avril 2003 et mai 2004. Les enfants ont reçu trois doses de vaccin. La transmission du paludisme est continue sur le site de l'essai. Le parasite en cause est principalement Plasmodium falciparum, responsable d'un des types de paludisme les plus répandus et les plus meurtriers. Le vaccin expérimental prolonge de 45% le délai de survenue de nouvelles infections à P. falciparum et réduit de 29,9% le risque d'épisode clinique et de 57,7% le nombre d'épisodes de paludisme grave.

Plus de 40% des enfants de la planète vivent dans des pays d'endémie palustre. On dénombre entre 300 et 500 millions de cas de paludisme chaque année dans le monde et plus d'un million de décès. Environ 90% de ces décès se produisent en Afrique, et les victimes sont en majorité de jeunes enfants. En Afrique, le paludisme est la première cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et tue un enfant toutes les trente secondes. Les enfants qui survivent à un épisode de paludisme grave souffrent parfois de difficultés d'apprentissage ou de lésions cérébrales.

Les résultats de l'essai clinique seront publiés dans la revue The Lancet le 16 octobre 2004. Le docteur Pedro Alonso est à la fois l'auteur principal et le chercheur principal ; il dirige le Centre pour la santé internationale du Hospital Clínic de l'Université de Barcelone.


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