Déclaration du Dr Margaret Chan, Directeur général de l'OMS, à l'occasion de la Journée internationale des femmes
A l'occasion de la Journée internationale des femmes, je vous invite à vous joindre à moi pour célébrer les femmes partout dans le monde. Les femmes constituent l'ossature de nos sociétés - en tant que dirigeantes, en tant que dispensatrices de soins et en tant que mères. Pourtant, nous devons nous rappeler en ce jour, comme tous les autres jours, que trop de femmes dans le monde n'ont pas accès aux soins de santé les plus élémentaires.
Les femmes ont des besoins particuliers et doivent affronter des problèmes de santé spécifiques. Cependant, leurs besoins en matière de santé ne bénéficient pas de l'attention qu'ils méritent. Chaque année, par exemple, plus d'un demi-million de femmes meurent rien que des complications liées à la grossesse et à l'accouchement - un nombre qui n'a guère changé depuis 20 ans. En 2006, 74% des personnes vivant avec le VIH en Afrique sub-saharienne étaient des jeunes femmes.
La Journée internationale des femmes est consacrée cette année à la nécessité de mettre un terme à l'impunité en matière de violence contre les femmes et les jeunes filles. Nous savons que la violence exercée par le partenaire intime est la forme de violence la plus répandue dans la vie des femmes - bien plus que les agressions ou les viols commis par des étrangers ou des relations. Le niveau élevé de violence physique et sexuelle commise par un partenaire masculin a des conséquences terribles pour la santé des femmes. De plus, jusqu’à 20% des femmes déclarent avoir été abusées sexuellement avant l'âge de 15 ans, ce qui entraîne des conséquences néfastes pour leur santé au cours des années qui suivent.
Bien trop peu de place est accordée à la santé des femmes dans les plans de développement et trop peu d'attention dans de nombreux programmes de santé.
La santé des femmes est menacée par les mauvaises conditions dans lesquelles nombre d'entre elles travaillent, par les risques inhérents à nos rôles en matière de reproduction, ainsi que par la discrimination et la pauvreté auxquelles les femmes doivent faire face. Je voudrais saisir cette occasion pour souligner mon engagement à faire en sorte que les activités de l'Organisation mondiale de la Santé aient un impact positif et durable sur la santé des femmes.
Nous savons que la pauvreté constitue le principal obstacle au développement et au changement. La pauvreté est responsable de la majorité des décès dus à des causes évitables. Dans tous les pays, la pauvreté est associée à des taux élevés de mortalité maternelle et infantile ainsi qu'à des taux élevés de morbidité et de mortalité par maladies infectieuses. La santé des femmes est clairement à risque lorsqu'elles ont peu d'argent, pas de médicaments et pas d'accès à des services de prévention ou de traitement. Cet état de faits est souvent lié à des normes sociales qui ne donnent ni le droit à la parole ni des chances égales aux femmes.
L'OMS se penche sur les vulnérabilités et sur les besoins spécifiques des femmes en matière de santé. Nous nous efforçons de répondre à leurs besoins dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Nous nous employons à prévenir la violence contre les femmes et à réduire la charge des infections, traumatismes, maladies chroniques, troubles mentaux et autres affections chroniques dont souffrent les femmes.
Les femmes représentent une proportion importante de la main d'œuvre sanitaire. Nous travaillons comme médecins, infirmières, sages-femmes et agentes de santé communautaire. Les femmes assurent également le plus gros des soins à leurs familles. C'est particulièrement frappant en Afrique sub-saharienne, où les soins nécessaires aux personnes vivant avec le SIDA et aux enfants affectés sont dispensés à la maison. L'OMS investit dans le renforcement de la main d'œuvre sanitaire.
J'ai la ferme conviction que les femmes détiennent la clé de l'amélioration de la santé, en tant qu'agentes du changement au sein de la famille et de la collectivité, et en tant que dirigeantes dans tous les domaines. Avec un soutien approprié, les femmes peuvent devenir une force susceptible de contribuer à sortir des foyers et des communautés entières de la pauvreté.
Personnellement, dans le rôle dirigeant en matière de santé qui est le mien, je me suis engagée à améliorer la santé des femmes partout, afin que les populations puissent atteindre les objectifs de santé et de développement que nous nous sommes fixés. Investir dans les femmes et dans leur santé signifie investir dans le progrès humain.
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