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Déclaration du Directeur-général de l'OMS, Dr Margaret Chan, à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé

Le changement climatique met en péril la santé

Déclaration
7 avril 2008

L’année écoulée a marqué un tournant dans le débat sur le changement climatique. Les données scientifiques continuent de s’accumuler. Le climat change, principalement du fait de l’activité humaine, et on en ressent déjà les effets.

En choisissant d’axer la Journée mondiale de la Santé de cette année sur le changement climatique, l’OMS souhaite attirer l’attention des décideurs sur certaines données éloquentes émanant du secteur de la santé. S’il n’est plus permis de mettre en doute la réalité du changement climatique, on peut encore en minimiser les conséquences – en particulier les conséquences sur la santé. La prise en compte des effets sanitaires du changement climatique peut aider les dirigeants politiques à prendre rapidement les mesures qui s’imposent.

Le problème essentiel peut se résumer en quelques mots: le changement climatique met directement en péril la santé.

La planète va se réchauffer progressivement mais les effets des phénomènes climatiques extrêmes – augmentation du nombre de tempêtes, d’inondations, de sécheresses et de canicules – seront brutaux et durement ressentis. Ces deux évolutions peuvent avoir des répercussions sur des éléments aussi fondamentaux pour la santé que l’air, l’eau, les denrées alimentaires, le logement ou l’absence de maladie.

Le changement climatique est bien un phénomène mondial mais ses conséquences ne seront pas partout les mêmes. Les scientifiques admettent que les pays en développement et les petits États insulaires seront les premiers et les plus durement touchés.

Selon l’OMS, le changement climatique aura cinq grandes conséquences.

Premièrement, l’agriculture est très sensible aux variations du climat. La hausse des températures et la multiplication des sécheresses et des inondations peuvent compromettre la sécurité alimentaire. On s’attend à une aggravation particulièrement marquée de la malnutrition dans les pays où un grand nombre de gens dépendent d’une agriculture de subsistance non irriguée. On estime que la malnutrition, souvent provoquée par des sécheresses périodiques, est déjà responsable de 3,5 millions de décès par an.

Deuxièmement, la survenue plus fréquente d'événements climatiques extrêmes entraîne un risque d'accroissement du nombre de décès et de traumatismes provoqués par les tempêtes et les inondations. En outre, ces inondations peuvent être suivies de flambées de maladies, telles que le choléra, notamment lorsque les services de distribution d'eau et d'assainissement sont endommagés ou détruits. Tempêtes et inondations figurent déjà parmi les formes de catastrophes naturelles les plus courantes et les plus meurtrières.

Troisièmement, la rareté de l’eau, qui est essentielle en matière d’hygiène, tout comme l’excès d’eau dû à des pluies torrentielles répétées vont accroître la charge des maladies diarrhéiques qui se répandent du fait d’une contamination des aliments et de l’eau. Ces maladies sont déjà la deuxième cause infectieuse principale de mortalité chez l’enfant – et représentent au total environ 1,8 million de décès par an.

Quatrièmement, les vagues de chaleur, notamment dans les «îlots de chaleur» urbains, augmentent directement la morbidité et la mortalité, essentiellement chez les personnes âgées qui souffrent de maladies cardio-vasculaires ou respiratoires. Canicules mises à part, l'élévation de la température accroît le volume d’ozone au niveau du sol et précipite le démarrage de la saison pollinique, ce qui contribue aux crises d’asthme.

Enfin, le changement des températures et des pluies risque de modifier la répartition géographique des insectes vecteurs qui propagent les maladies infectieuses. De toutes ces maladies, ce sont le paludisme et la dengue qui sont les plus préoccupantes en matière de santé publique.

En bref, le changement climatique risque d'aggraver des problèmes de santé qui sont déjà considérables, en grande partie concentrés dans le monde en développement et difficiles à combattre.

À l’occasion de cette Journée mondiale de la Santé, j’annonce ici que l’OMS redouble d’efforts pour faire face à ces menaces. L’OMS et ses partenaires conçoivent actuellement un programme de recherche pour mieux estimer l’ampleur et la nature de la vulnérabilité en matière sanitaire, et recenser des stratégies et des outils pour préserver la santé. L’OMS reconnaît la nécessité urgente qu’il y a à soutenir les pays pour qu'ils trouvent les moyens de surmonter les difficultés. L’amélioration des systèmes de surveillance et de prévision et le renforcement des services de santé élémentaires peuvent permettre de protéger la santé.

De leur côté, les citoyens doivent être pleinement informés des questions sanitaires. En fin de compte, ce sont leurs préoccupations qui inciteront les responsables politiques à prendre les mesures voulues et ce, d’urgence.

Pour plus d'informations, contactez:

Dick Thompson
Départment Communication
OMS, Genève
Tél.: + 41 22 791 1492
Portable: + 41 79 475 5534
Courriel: thompsond@who.int

John Rainford
OMS, Genève
Tél.: + 41 22 791 3982
Portable: + 41 79 516 3709
Courriel: rainfordj@who.int

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