Centre des médias

Déclaration de l’Organisation mondiale de la Santé sur les allégations de conflit d’intérêts et de «fausse» pandémie

Déclaration
22 janvier 2010

Donner des avis indépendants aux États Membres est une fonction très importante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Nous prenons cette fonction très au sérieux et veillons à ne pas subir l’influence d’intérêts indus. Les politiques et interventions adoptées par l’OMS face à la pandémie de grippe n’ont pas été indûment influencées par l’industrie pharmaceutique.

L’OMS reconnaît que la coopération mondiale avec tout un éventail de partenaires, y compris le secteur privé, est indispensable à la poursuite des objectifs de santé publique aujourd’hui comme demain. De nombreux garde-fous sont en place pour gérer les conflits d’intérêts – réels ou perçus – parmi les membres des groupes consultatifs et comités d’experts de l’OMS.

Les experts spécialisés remettent à l’OMS une déclaration d’intérêts signée dans laquelle ils donnent des détails sur les éventuels intérêts professionnels ou financiers qui pourraient nuire à l’impartialité de leurs avis. L’OMS prend les allégations de conflit d’intérêts très au sérieux et a toute confiance dans l’indépendance de son processus décisionnel concernant la grippe pandémique.

Les autres allégations selon lesquelles l’OMS aurait créé une «fausse» pandémie pour servir les intérêts économiques de l’industrie sont scientifiquement erronées et incorrectes pour ce qui est du déroulement des faits.

  • Les analyses de laboratoire ont montré que ce virus grippal était, sur les plans génétique et antigénique, très différent des autres virus grippaux circulant dans les populations.

  • Les données épidémiologiques communiquées par le Mexique, les États-Unis et le Canada faisaient état d’une transmission interpersonnelle.

  • Les données cliniques, notamment en provenance du Mexique, montraient que ce virus pouvait également provoquer des cas de maladie sévère et des décès. À l’époque, ces rapports n’évoquaient pas de situation de pandémie mais, à eux tous, ils ont constitué un avertissement très sérieux qui a conduit l’OMS et d’autres autorités de santé publique, à se tenir prêtes à une telle éventualité.

  • Au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie, les cliniciens ont noté une forme très sévère de pneumopathie virale primaire, à progression rapide et souvent mortelle, qui ne fait pas partie du schéma de morbidité observé lors de la grippe saisonnière. Même si ces cas ont été relativement rares, ils ont fait peser une lourde charge sur les unités de soins intensifs.

  • La propagation géographique a été exceptionnellement rapide.
    • Le 29 avril 2009, l’OMS a signalé des cas confirmés en laboratoire dans neuf pays.
    • Environ six semaines plus tard, le 11 juin, l’OMS a signalé des cas dans 74 pays et territoires de plus de deux Régions de l’OMS. C’est cette propagation dans le monde qui a poussé l’Organisation à demander le passage à la phase supérieure et, finalement, à annoncer qu’une pandémie était en cours.
    • Au 1er juillet, des cas d’infection avaient été confirmés dans 120 pays et territoires.

Le monde est confronté à une pandémie réelle. Dire qu’il s’agit d’une fausse pandémie n’est pas juste et c’est irresponsable. Nous sommes favorables à tout processus légitime d’examen susceptible d’améliorer notre action.

Des explications sur la manière dont l’OMS utilise les organes consultatifs pour réagir à la pandémie de grippe ont été diffusées sur le site Web de l’Organisation le 3 décembre 2009.

Partager