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L’OMS craint que les nouvelles recherches sur le virus grippal H5N1 ne compromettent le cadre de préparation en cas de grippe pandémique 2011

Déclaration
30 décembre 2011

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) constate que les études entreprises par plusieurs institutions afin de déterminer si des mutations du virus grippal H5N1 risquaient d’en accroître la transmissibilité entre humains ont soulevé des craintes quant aux risques et au mauvais usage qui pourrait être fait de ces recherches. L’OMS est par ailleurs profondément préoccupée par les conséquences négatives potentielles.

Toutefois, elle note également que les études conduites dans des conditions appropriées doivent être poursuivies pour que l’on continue à acquérir des connaissances scientifiques critiques dont on a besoin pour réduire les risques posés par le virus H5N1.

Les virus grippaux H5N1 présentent un risque important pour la santé des personnes pour plusieurs raisons. Bien que ce type de virus n’infecte pas souvent l’homme, lorsque c’est le cas, environ 60% des personnes touchées en meurent. En outre, parce que ce type de virus peut entraîner des affections graves chez l’homme, les chercheurs craignent tout particulièrement qu’il puisse un jour muter de sorte qu’il se transmette plus facilement entre humains et puisse entraîner une pandémie de grippe gravissime.

La recherche susceptible d’améliorer la connaissance de ces virus et de réduire le risque de santé publique est un impératif scientifique et de santé publique. Pour permettre des progrès en santé publique, les pays où ces virus se rencontrent devraient mettre en commun leurs virus grippaux à des fins de santé publique tandis que les pays et organisations qui reçoivent ces virus devraient mettre en commun les avantages résultant de cet échange. Les échanges doivent avoir lieu autant dans un sens que dans l’autre et sont des éléments également importants des actions collectives nécessaires au niveau mondial pour protéger la santé publique.

S’il est clair que les recherches visant à acquérir ces connaissances doivent se poursuivre, il est évident aussi que certaines recherches, et en particulier celles qui sont susceptibles de produire des formes de virus plus dangereuses encore que celles qui existent déjà, présentent des risques.

C’est pourquoi ces recherches ne devraient être effectuées qu’une fois que tous les risques et avantages importants du point de vue de la santé publique auront été déterminés et examinés, et qu’il sera certain que les protections nécessaires pour réduire le risque de conséquences négatives auront été mises en place.

Le nouveau Cadre de préparation en cas de grippe pandémique (PIP) est entré en vigueur en mai 2011. Ce Cadre a été adopté par l’ensemble des Etats Membres de l’OMS comme guide pour l’échange de virus grippaux à potentiel pandémique et des avantages qui résultent de celui-ci.

L’une des exigences particulières de ce Cadre qui concerne les virus grippaux susceptibles de donner lieu à une pandémie, et qui est conforme aux meilleures pratiques scientifiques, est que les laboratoires recevant ces virus par l’intermédiaire du système mondial OMS de surveillance de la grippe et de riposte (GISRS) collaborent avec les chercheurs des pays d’où le virus est originaire et reconnaissent leur contribution lorsqu’ils entament de pareilles recherches.

L’OMS reconnaît que les chercheurs qui dirigent les travaux des nouvelles études ont reçu des échantillons de virus par l’intermédiaire du Réseau mondial OMS de surveillance de la grippe (GISN), qui a précédé le GISRS, avant que les négociations sur le nouveau Cadre PIP n’aient commencé. Toutefois, à présent que le Cadre a été adopté par l’ensemble des États Membres de l’OMS, l’Organisation considère qu’il est extrêmement important que les chercheurs qui entreprennent des recherches sur les virus grippaux au moyen d’échantillons potentiellement pandémiques respectent pleinement ces nouvelles exigences.

Le Cadre PIP représentant un progrès important et ayant été approuvé après plusieurs années de difficiles négociations, l’OMS souligne que ces recherches sur le virus H5N1 ne devraient pas compromettre cette réalisation majeure de la santé publique. L’OMS collaborera avec les États Membres et autres parties essentielles afin de faire en sorte que les chercheurs comprennent bien les nouvelles exigences qui ont été approuvées avec ce Cadre.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec:

Gregory Härtl
Coordonnateur, Relations avec les médias, OMS
Téléphone: +41 22 791 4458
Portable: +41 79 203 6715
Courriel: hartlg@who.int

Tarik Jasarevic
Bureau des Médias, OMS
Téléphone: +41 22 791 50 99
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Courriel: jasarevict@who.int

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