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Déclaration de l’OMS à l’issue de la sixième réunion du Comité d'urgence du Règlement sanitaire international concernant le MERS-CoV

Déclaration de l’OMS
17 juin 2014

La sixième réunion du Comité d’urgence convoquée par le Directeur général au titre du Règlement sanitaire international (2005) concernant le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) s’est tenue par téléconférence lundi 16 juin 2014 de 12 h 15 à 16 h 19, heure de Genève (heure de l’Europe centrale).

En plus des membres du Comité d’urgence, trois conseillers experts ont participé uniquement à la séance informelle, mais pas à la formulation de l’avis à adresser au Directeur général.

Sept États Parties affectés ayant notifié des cas de MERS-CoV ou des signes d’infection depuis la cinquième réunion du Comité ont également participé à la première partie de la téléconférence : l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, les États-Unis d’Amérique, l’Iran, la Jordanie et les Pays-Bas.

Le Secrétariat de l’OMS a fait une mise à jour et donné une évaluation des dernières évolutions épidémiologiques et scientifiques, avec une description des cas notifiés récemment, des modes de transmission, et les principales observations d’une mission de l’OMS menée récemment aux Émirats arabes unis.

Les pays affectés ont donné des informations sur les événements récents survenus sur leur territoire, y compris une description des cas, et indiqué les mesures qu’ils ont prises et leurs inquiétudes à propos de la situation actuelle.

Les membres du Comité ont examiné les informations fournies. Sur la base des renseignements actuels, le Comité a indiqué que la situation restait grave en termes d’impact sur la santé publique, mais que la recrudescence de cas, débutée en avril, avait diminué et qu’il n’y avait pas de signes probants d’une transmission interhumaine soutenue dans les communautés. Des efforts importants ont été faits pour renforcer les mesures de prévention et de lutte contre l’infection. Le Comité a donc conclu à l’unanimité que les conditions pour déclarer une urgence de santé publique de portée internationale n’étaient pas encore réunies.

Le Comité a cependant souligné que la situation restait préoccupante, en particulier compte tenu de l’augmentation prévue des voyages en Arabie saoudite à l’occasion de la umra, du ramadan et du hadj. Le Comité a surtout insisté sur la nécessité de poursuivre l’analyse des flambées hospitalières afin de mieux comprendre où se situent les défaillances de la lutte contre l’infection, notamment là où les patients qui n’ont pas encore été diagnostiqués sont rassemblés et attendent, souvent dans des conditions de surpeuplement, comme dans les services d’urgence et les dispensaires. Le Comité a également fait observer que les conclusions des récentes investigations militent de plus en plus en faveur de l’hypothèse selon laquelle les chameaux sont une source importante d’exposition au MERS-CoV dans la communauté.

Le Comité a réitéré ses recommandations antérieures, à savoir que tous les pays devraient:

  • redoubler d’efforts pour mettre en œuvre des mesures élémentaires de lutte contre l’infection et mieux éduquer, les agents de santé notamment, à l’application de ces mesures;
  • poursuivre les efforts pour mener à bien au plus vite les investigations essentielles comportant des études cas-témoins ainsi que des études sérologiques, environnementales et sur l’animal, pour mieux comprendre l’épidémiologie, et en particulier les facteurs de risque, et évaluer où se situent les défaillances de la lutte contre l’infection, et diffuser les résultats préliminaires;
  • soutenir le renforcement des capacités dans les pays vulnérables, en particulier en Afrique, afin que ceux-ci prennent des mesures concrètes de santé publique en prévision de la umra, du ramadan et du hadj, par exemple en exerçant une surveillance du MERS-CoV, en sensibilisant aux mesures élémentaires de lutte contre l’infection et de prévention et en les mettant en œuvre;
  • améliorer la sensibilisation au MERS-CoV des pèlerins qui prévoient d’effectuer la umra et le hadj, notamment pour ceux qui souffrent de maladies chroniques, ainsi que pour les délégations de personnel médical accompagnantes, afin qu’ils sachent comment détecter le MERS-CoV et quelles sont les précautions à prendre en matière d’hygiène personnelle et de lutte contre l’infection;
  • continuer à accroître la sensibilisation grâce à une communication efficace sur le risque concernant le MERS-CoV auprès du grand public, des professionnels de la santé et des responsables politiques;
  • renforcer la collaboration intersectorielle et les activités conjointes entre les secteurs de la santé humaine et animale;
  • communiquer rapidement à l’OMS toutes les informations pertinentes pour évaluer et gérer le MERS-CoV, conformément au Règlement sanitaire international (2005); et
  • appliquer les recommandations de l’OMS, y compris pour les groupes à haut risque d’infection par le MERS-CoV.

Enfin, le Comité a indiqué qu’il n’existait pas d’élément solide en faveur de l’utilisation du contrôle de la température comme moyen de stopper ou ralentir l’entrée de cas d’infection par le MERS-CoV, et que les ressources nécessaires à l’exercice de ce contrôle pourraient être mieux utilisées pour renforcer la surveillance, la lutte contre l’infection et la prévention et d’autres mesures de santé publique efficaces.

Sur la base de l’avis rendu par le Comité et des informations actuellement disponibles, le Directeur général a accepté l’évaluation du Comité et l’a remercié pour son travail.

Le Secrétariat de l’OMS continuera à transmettre des mises à jour régulières aux membres et conseillers du Comité. Compte tenu des inquiétudes de celui-ci, une nouvelle réunion du Comité d’urgence sera convoquée en septembre 2014 ou plus tôt si les circonstances l’exigent.

Pour plus d’information, veuillez prendre contact avec:

Christy Feig
Director of Communications
Telephone: +41 79 251 7055
Email: feigc@who.int

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