Centre des médias

Déclaration sur la 7ème réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire international concernant la propagation internationale du poliovirus

Le Comité a convenu à l’unanimité que la propagation internationale de la poliomyélite constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale.

Déclaration de l’OMS
3 décembre 2015

La septième réunion du Comité d’urgence au titre du Règlement sanitaire international (2005) (RSI) concernant la propagation internationale du poliovirus a été convoquée par le Directeur général et s’est tenue par téléconférence le 10 novembre 2015. Ayant pris acte des inquiétudes exprimées par le Comité d’urgence dans son rapport d’août 2015 au sujet des poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale (PVDVc), le Directeur général a convoqué cette nouvelle réunion du Comité d’urgence dans une perspective plus large pour traiter également des flambées de PVDVc.

En cette phase finale du plan d’éradication de la poliomyélite, les PVDVc révèlent de graves lacunes de l’immunité au poliovirus, dues à une couverture insuffisante de la vaccination systématique dans des pays par ailleurs exempts de poliomyélite. En outre, il est particulièrement urgent d’endiguer la transmission du PVDVc de type 2 avant avril 2016, date du retrait synchronisé à l’échelle mondiale du VPO de type 2.

Les États Parties du RSI ayant communiqué des informations actualisées sur la mise en œuvre des recommandations temporaires depuis la dernière réunion du Comité, le 4 août 2015, sont les suivants: Afghanistan et Pakistan. Les États Parties du RSI suivants ont été invités à présenter leur point de vue au Comité, et tous les États, à l’exception du Soudan du Sud, ont soumis des rapports sur les mesures et les plans qu’ils ont adoptés pour interrompre la transmission des poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale: Guinée, Madagascar, Nigéria, République démocratique populaire lao et Ukraine.

Poliovirus sauvage

Le Comité a constaté que, depuis que la propagation internationale de la poliomyélite a été déclarée urgence de santé publique de portée internationale, des progrès considérables ont été réalisés par les pays pour interrompre la transmission du poliovirus sauvage et mettre en œuvre les recommandations temporaires formulées par le Directeur général, entraînant un recul global de la propagation internationale du poliovirus sauvage.

Le Comité s’est félicité de ces progrès remarquables. Il a salué les efforts soutenus déployés par les pays africains pour éradiquer la poliomyélite, soulignant qu’aucun cas dû au poliovirus sauvage n’a été signalé en Afrique depuis plus de douze mois et que le Nigéria est parvenu à interrompre la transmission endémique du poliovirus sauvage. Le Comité s’est dit particulièrement encouragé par les efforts et les progrès considérables accomplis en Afghanistan et au Pakistan pour interrompre la transmission du poliovirus.

Le Comité a toutefois constaté que la propagation internationale du poliovirus sauvage se poursuit, avec 2 nouvelles exportations signalées du Pakistan vers l’Afghanistan en juillet et août 2015. Les poliovirus isolés dans les 2 cas survenus en Afghanistan étaient plus étroitement apparentés aux souches ayant récemment circulé au Pakistan qu’à celles que l’on observe actuellement en Afghanistan. Ces 2 cas sont apparus dans le district d’Achin de la province de Nangarhar, à la frontière avec le Pakistan. Aucune nouvelle exportation de l’Afghanistan vers le Pakistan n’a été constatée, mais la persistance de la transmission, en particulier dans les zones inaccessibles de la région Est de l’Afghanistan à proximité de la frontière, continue de présenter un risque.

S’il est vrai que le Pakistan et l’Afghanistan partagent de longue date une vaste zone commune de transmission du poliovirus, le Comité a noté que la propagation récemment observée entre les 2 pays provient de zones distinctes de transmission persistante dans chaque pays. Une action programmatique énergique dans ces zones devrait permettre d’interrompre cette transmission transfrontalière, comme le montre l’expérience d’autres régions où la poliomyélite était autrefois endémique.

Le Comité a rappelé que la propagation du poliovirus entre 2 États Membres constitue une propagation internationale au sens du RSI. Tout en saluant les efforts de collaboration transfrontalière, il a indiqué qu’il souscrit à la recommandation récente du Comité de suivi indépendant de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, laquelle appelle les partenaires de l’IMEP à aider les gouvernements du Pakistan et de l’Afghanistan à établir un organe conjoint de direction et de planification pour instaurer des mesures de prévention et de lutte contre la propagation transfrontalière de la poliomyélite. Le Comité a constaté avec satisfaction que les recommandations temporaires concernant les voyageurs internationaux de tous âges sont désormais appliquées en Afghanistan, à l’aéroport international de Kaboul.

Le Comité a noté que d’importantes zones vulnérables persistent à l’échelle mondiale, avec des populations qui ne sont pas suffisamment immunisées, pour cause de conflits et d’insécurité, ainsi qu’en raison d’une couverture vaccinale inadéquate liée à l’insuffisance des programmes de vaccination. Ces zones vulnérables comprennent des pays du Moyen-Orient, de la Corne de l’Afrique, de l’Afrique centrale et de certaines parties de l’Europe. Les acquis obtenus au prix d’efforts considérables pourraient être réduits à néant par une réintroduction du poliovirus dans des contextes caractérisés par des systèmes de santé fragilisés ou des situations complexes d’urgence humanitaire.

Les vastes mouvements de population dans l’ensemble du Moyen-Orient et au départ de l’Afghanistan et du Pakistan entraînent un risque accru de propagation internationale de la poliomyélite. Les populations réfugiées et mobiles risquent par ailleurs d’échapper à la vaccination, s’ajoutant aux populations d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique chez lesquelles la vaccination a été omise ou est insuffisante. On estime que 3 à 4 millions de personnes déplacées ont gagné la Turquie, le Liban et la Jordanie, formant le noyau d’un mouvement massif de migration en Europe.

Poliovirus dérivés d’une souche vaccinale

Les flambées actuelles de PVDVc dans 3 Régions de l’OMS révèlent de graves lacunes des programmes de vaccination systématique dans les pays touchés, entraînant de vastes poches de vulnérabilité aux flambées de poliomyélite. En 2015, cinq flambées de poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale se sont déclarées: 3 flambées de PVDVc1 (Madagascar, République démocratique populaire lao et Ukraine) et 2 flambées de PVDVc2 (Guinée et Nigéria). En outre, un autre cas de PVDV2 dans un État en conflit du Soudan du Sud est source d’inquiétude.

Aucune exportation internationale de PVDVc n’a été observée en 2014 et 2015. Néanmoins, on a enregistré au moins cinq épisodes passés de propagation internationale de PVDVc, tous dus au PVDVc de type 2. Historiquement, le risque global de propagation internationale de PVDVc semble plus faible que pour le PVS, mais peut être exacerbé par l’absence de mesures adéquates de lutte contre le PVDVc.

Le Comité s’est dit préoccupé par la lenteur de la riposte initiale en Ukraine et à Madagascar, mais encouragé par l’intensification actuelle des activités. Des efforts supplémentaires devront être consentis pour améliorer la qualité des AVS dans ces 2 pays. Le Comité a également indiqué que des activités ciblées de communication et de sensibilisation des communautés sont nécessaires en République démocratique populaire lao et en Ukraine pour surmonter la réticence manifestée à l’égard de la vaccination et a appelé l’IMEP à contribuer à l’élaboration de stratégies et de supports de communication à cette fin.

En raison de la flambée de maladie à virus Ebola qui a fragilisé les systèmes de santé, les taux de vaccination et la surveillance de la PFA ont enregistré un déclin considérable en Guinée et dans les pays voisins que sont le Libéria et la Sierra Leone, entraînant un risque de nouvelle propagation de PVDVc; le Comité a instamment prié les partenaires internationaux d’accroître leur soutien à la riposte menée en Guinée contre la flambée de PVDVc. Il a ajouté que l’analyse d’échantillons de cas de PFA doit reprendre immédiatement et que les systèmes de surveillance et de vaccination doivent être renforcés dès que possible dans ces 3 pays touchés par Ebola. Le Comité a souligné la nécessité de préserver la qualité du programme, ainsi qu’un fort engagement politique et civique, jusqu’à ce que l’éradication de la poliomyélite soit certifiée à l’échelle mondiale.

Conclusions - Urgence de santé publique de portée internationale

Le Comité a convenu à l’unanimité que la propagation internationale de la poliomyélite constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale et a préconisé de prolonger de 3 mois l’application des recommandations temporaires, telles que révisées. Il est parvenu à cette conclusion en tenant compte des facteurs suivants:

  • la poursuite de la propagation internationale du poliovirus sauvage en 2015, au Pakistan et en Afghanistan;
  • les risques et les coûts qui seraient associés à un échec des efforts d’éradication mondiale de l’une des plus graves maladies à prévention vaccinale dans le monde;
  • la nécessité de continuer à mener une action internationale coordonnée pour améliorer la vaccination et la surveillance du poliovirus sauvage, enrayer sa propagation internationale et réduire le risque de survenue d’une nouvelle propagation;
  • les graves conséquences qu’aurait une poursuite de la propagation internationale pour un nombre croissant de pays dont les systèmes de vaccination ont été fragilisés ou perturbés par des conflits armés ou des situations d’urgence complexes. Dans ces États fragiles, les populations sont particulièrement vulnérables aux flambées de poliomyélite et les flambées sont extrêmement difficiles à juguler, risquant de compromettre l’éradication mondiale de la poliomyélite en sa phase finale;
  • l’importance d’adopter une approche régionale et de favoriser une étroite coopération transfrontalière, étant donné que la propagation internationale de la poliomyélite passe en grande partie par les frontières terrestres, tout en tenant compte du risque persistant d’une propagation internationale distante à partir de zones de transmission active du poliovirus.
  • En outre, s’agissant des PVDVc:
    • les PVDVc présentent également un risque de propagation internationale et, en l’absence d’une intervention d’urgence assortie de mesures adéquates, constituent une menace particulière pour les populations vulnérables, comme évoqué ci-dessus;
    • l’émergence et la circulation de PVDV dans 3 Régions de l’OMS révèlent d’importantes lacunes de l’immunité des populations à un stade critique de la phase finale d’éradication, risquant de compromettre l’éradication mondiale de la poliomyélite;
    • il est particulièrement urgent d’endiguer la transmission du PVDVc de type 2 avant le retrait synchronisé à l’échelle mondiale de la composante de type 2 du vaccin antipoliomyélitique oral, en avril 2016.

Catégories de risques

Le Comité a donné au Directeur général les conseils suivants en vue de réduire le risque de propagation internationale du poliovirus sauvage et des PVDVc, sur la base d’une stratification des risques établie comme suit:

Poliovirus sauvage

  • États actuellement exportateurs de poliovirus sauvage;
  • États actuellement infectés par le poliovirus sauvage mais qui ne l’exportent pas;
  • États qui ne sont plus infectés par le poliovirus sauvage mais qui restent vulnérables à sa propagation internationale.

Poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale

  • États actuellement exportateurs de PVDVc;
  • États actuellement infectés par le PVDVc mais qui ne l’exportent pas;
  • États qui ne sont plus infectés par le PVDVc mais qui restent vulnérables à l’émergence et à la circulation de PVDV.

Les critères relatifs à la durée de non détection de nouvelles exportations, de nouveaux cas ou d’isolats environnementaux de poliovirus sauvage ont été actualisés et appliqués comme suit par le Comité:

États qui ne sont plus exportateurs (aucune exportation de poliovirus sauvage ou de PVDVc n'a été détectée)

  • Cas dû au poliovirus: 12 mois après la date de survenue du premier cas dû à l’exportation la plus récente PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire à la détection, à l’enquête, aux analyses de laboratoire et à la notification du cas, OU une fois que tous les cas de PFA survenus dans les 12 mois suivant le premier cas dû à l’importation la plus récente ont fait l’objet d’un test démontrant qu’ils ne sont pas imputables à un PVS1 ou un PVDVc nouvellement importé et une fois que les échantillons prélevés dans l’environnement dans les 12 mois suivant le premier cas ont également donné des résultats de test négatifs, la période la plus longue étant retenue.
  • Poliovirus exporté isolé dans l’environnement: 12 mois après le prélèvement du premier échantillon environnemental positif dans le pays vers lequel la nouvelle exportation a eu lieu PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire aux analyses de laboratoire et à la notification.

États qui ne sont plus infectés (aucun nouveau poliovirus sauvage ou PVDVc n’a été détecté)

  • Cas dû au poliovirus: 12 mois après la date de survenue du cas le plus récent PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire à la détection, à l’enquête, aux analyses de laboratoire et à la notification du cas, OU une fois que tous les cas de PFA survenus dans les 12 mois suivant le dernier cas ont fait l’objet d’un test démontrant qu’ils ne sont pas imputables au PVS1 ou au PVDVc et une fois que les échantillons prélevés dans l’environnement dans les 12 mois suivant le dernier cas ont également donné des résultats de test négatifs, la période la plus longue étant retenue.
  • Poliovirus sauvage ou PVDVc isolé dans l’environnement (pas de cas dû au poliovirus): 12 mois après le prélèvement de l’échantillon environnemental positif le plus récent PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire aux analyses de laboratoire et à la notification.

Recommandations temporaires

États actuellement exportateurs de poliovirus sauvage ou de PVDVc

Cette catégorie compte actuellement le Pakistan (dernière exportation de poliovirus sauvage: 27 août 2015) et l’Afghanistan (dernière exportation de poliovirus sauvage: 6 juin 2015).

Les pays exportateurs devraient:

  • si ce n’est déjà fait, déclarer officiellement, au niveau du chef d’État ou de gouvernement, que l’interruption de la transmission de poliovirus constitue une urgence de santé publique nationale. Si cette déclaration a déjà été faite, l’urgence doit être maintenue;
  • veiller à ce que toutes les personnes résidant ou effectuant un séjour de longue durée sur leur territoire (> 4 semaines), quel que soit leur âge, reçoivent une dose de vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) ou de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) dans les quatre semaines à 12 mois qui précèdent un voyage international;
  • veiller à ce que les personnes qui doivent voyager d’urgence (dans un délai de 4 semaines) et qui n’ont pas reçu de dose de VPO ou de VPI au cours des quatre semaines à 12 mois précédents reçoivent une dose de vaccin antipoliomyélitique au plus tard d’ici leur départ car cette administration reste bénéfique, en particulier pour les personnes qui voyagent souvent;
  • veiller à ce que les voyageurs disposent d’un certificat international de vaccination ou de prophylaxie conforme au modèle figurant à l’annexe 6 du RSI, dans lequel la vaccination antipoliomyélitique sera consignée, servant d’attestation;
  • au point de départ, restreindre les déplacements internationaux de tout résident qui ne possède pas de document attestant d’une vaccination adéquate contre la poliomyélite. Ces recommandations s’appliquent aux voyageurs internationaux à tous les points de départ et quel que soit le moyen de transport emprunté (par exemple routier, aérien, maritime);
  • étant donné que les mouvements de population à la frontière pakistano-afghane continuent de favoriser l’exportation du poliovirus sauvage, les 2 pays devraient intensifier encore les efforts transfrontaliers en renforçant sensiblement la coordination aux niveaux national, régional et local pour améliorer la couverture vaccinale des voyageurs franchissant la frontière et des populations à haut risque de part et d’autre de la frontière. Les 2 pays déploient depuis de nombreuses années des équipes permanentes de vaccination aux principaux postes-frontières. L’amélioration de la coordination transfrontalière implique notamment d’assurer une supervision et un contrôle plus étroits de la qualité de la vaccination aux points de transit frontaliers et de suivre la proportion de voyageurs identifiés comme n’étant pas vaccinés après avoir franchi la frontière;
  • continuer d’appliquer ces mesures jusqu’à ce que les critères suivants soient satisfaits:
    • 6 mois au moins se sont écoulés sans nouvelle exportation;
    • des documents attestent de la pleine mise en œuvre d’activités d’éradication de qualité dans toutes les zones infectées ou à haut risque;
    • en l’absence de tels documents, ces mesures demeurent applicables jusqu’à ce que l’État remplisse les critères applicables aux «États qui ne sont plus exportateurs», tels que définis ci-dessus;
  • transmettre au Directeur général un rapport mensuel sur la mise en œuvre des recommandations temporaires relatives aux voyages internationaux, en indiquant notamment le nombre de résidents dont les déplacements ont été restreints et le nombre de voyageurs qui ont été vaccinés et ont reçu les documents appropriés au point de départ.

États actuellement infectés par le poliovirus sauvage ou le PVDVc mais qui ne les exportent pas

Actuellement (un PVDVc quelconque détecté au cours des six derniers mois), cette catégorie compte la Guinée, Madagascar, le Nigéria, la République démocratique populaire lao et l’Ukraine.


Pays Type de virus Nbre de cas depuis le début de la flambée Survenue du cas le plus récent
Nigéria PVDVc2 1 16 mai 2015
Ukraine PVDVc1 2 7 juillet 2015
Guinée PVDVc2 2 20 juillet 2015
Madagascar PVDVc1 11 22 août 2015
Républiq ue démocratique populaire lao PVDVc1 3 7 octobre 2015

Ces pays devraient:

  • si ce n’est déjà fait, déclarer officiellement, au niveau du chef d’État ou de gouvernement, que l’interruption de la transmission de poliovirus constitue une urgence de santé publique nationale. Si cette déclaration a déjà été faite, l’urgence doit être maintenue;
  • encourager les personnes résidant ou effectuant un séjour de longue durée sur leur territoire à se faire administrer une dose de VPO ou de VPI au cours des quatre semaines à 12 mois qui précèdent un voyage international; les personnes devant voyager d’urgence (dans un délai de quatre semaines) devraient recevoir une dose au plus tard d’ici leur départ;
  • veiller à ce que tous les voyageurs ayant reçu ces vaccins disposent d’un document approprié dans lequel la vaccination antipoliomyélitique est consignée;
  • intensifier la coopération régionale et la coordination transfrontalière pour renforcer la surveillance aux fins d’une détection rapide des poliovirus et améliorer sensiblement la couverture vaccinale parmi les réfugiés, les voyageurs et les populations transfrontalières;
  • continuer d’appliquer ces mesures jusqu’à ce que les critères suivants soient satisfaits:
    • 6 mois au moins se sont écoulés sans qu’aucune transmission de poliovirus sauvage ou circulation de PVDV, de source quelconque, n’ait été détectée dans le pays; et
    • des documents attestent de la pleine mise en œuvre d’activités d’éradication de qualité dans toutes les zones infectées ou à haut risque; en l’absence de tels documents, ces mesures demeurent applicables jusqu’à ce que l’État remplisse les critères applicables aux «États qui ne sont plus infectés»;
  • lorsque 12 mois se sont écoulés sans qu’aucune transmission n’ait été constatée, remettre un rapport au Directeur général sur les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations temporaires.

États qui ne sont plus infectés par le poliovirus sauvage ou le PVDVc mais qui restent vulnérables à la propagation internationale, ainsi que les États vulnérables à l’émergence et à la circulation de PVDV

Cette catégorie compte actuellement le Cameroun, l’Éthiopie, la Guinée équatoriale, l’Iraq, Israël, la Somalie, le Soudan du Sud et la Syrie.

Ces pays devraient:

  • renforcer de toute urgence la vaccination systématique pour accroître l’immunité de la population;
  • améliorer la qualité de la surveillance pour réduire le risque d’une transmission non détectée de poliovirus sauvage ou de PVDVc, en particulier dans les populations mobiles et vulnérables à haut risque;
  • redoubler d’efforts pour garantir la vaccination des populations mobiles et transfrontalières, des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, des réfugiés et d’autres groupes vulnérables;
  • renforcer la coopération régionale et la coordination transfrontalière afin de garantir la détection rapide des poliovirus sauvages et des PVDVc et la vaccination des groupes de population à haut risque;
  • continuer d’appliquer ces mesures et tenir une documentation attestant de la pleine mise en œuvre d’activités de surveillance et de vaccination de qualité;
  • lorsque 12 mois se sont écoulés sans signe d’une réintroduction du poliovirus sauvage ou d’une nouvelle émergence et circulation de PVDVc, remettre un rapport au Directeur général sur les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations temporaires.

L’IMEP et les autres organisations internationales, en particulier l’Alliance GAVI, doivent fournir tout le soutien nécessaire à la réduction du risque d’émergence et de circulation de PVDV.

Les pays ci-dessous devraient transmettre un rapport final selon le calendrier suivant:


Pays Survenue du cas le plus récent/isolement d’un échantillon + dans l’environnement Rapport final
Éthiopie 5 janvier 2014 février 2016
République arabe syrienne 21 janvier 2014 février 2016
Israël 30 mars 2014 avril 2016
Iraq 7 avril 2014 mai 2016
Soudan du Sud 19 avril 2015 mai 2016
Guinée équatoriale 3 mai 2014 juin 2016
Cameroun 9 juillet 2014 août 2016
Nigéria 16 mai 2015* août 2016
Somalie 11 août 2014 septembre 2016

* PVDVc2 le plus récent au Nigéria

Compte tenu des lacunes programmatiques, des difficultés et de la vulnérabilité exceptionnelles auxquelles sont confrontés la Guinée équatoriale, l’Iraq et la Syrie, le Comité a demandé au Secrétariat de lui remettre un rapport de situation sur ces pays lors de la prochaine réunion, en février 2016.

Considérations supplémentaires pour tous les pays infectés

Le Comité a instamment invité les partenaires mondiaux qui œuvrent en faveur de l’éradication de la poliomyélite à fournir, à ce stade crucial du programme, un appui optimal à tous les pays infectés pour les aider à mettre en œuvre les recommandations temporaires au titre du RSI. Compte tenu de l’évolution de la situation, le Comité a estimé nécessaire que le risque de propagation internationale et les mesures visant la réduction de ce risque fassent l’objet d’un examen et d’une évaluation périodiques.

Le Comité a conseillé aux partenaires internationaux d’aider les pays touchés par les PVDVc à élaborer des stratégies et supports de communication appropriés pour que la population comprenne bien ce que sont les PVDVc et en quoi ils se distinguent du poliovirus sauvage, et garde confiance dans l’efficacité, l’innocuité et la nécessité des vaccins antipoliomyélitiques durant la phase finale d’éradication.

Conscient que les PVDVc révèlent de graves lacunes des programmes de vaccination systématique dans les pays par ailleurs exempts de poliomyélite, le Comité a recommandé que les partenaires internationaux impliqués dans la vaccination systématique, par exemple l’Alliance GAVI, fournissent un appui urgent aux pays touchés pour améliorer les programmes nationaux de vaccination.

Le Comité a demandé au Secrétariat de mener une analyse des avantages pour la santé publique et des coûts associés à l’application de la recommandation temporaire imposant aux pays exportateurs de vacciner tous les voyageurs internationaux avant leur départ.

Sur la base de l’avis rendu au sujet du poliovirus sauvage et des PVDV circulants, des rapports soumis par l’Afghanistan, la Guinée, Madagascar, le Nigéria, le Pakistan, la République démocratique populaire lao et l’Ukraine et des informations actuellement disponibles, le Directeur général a accepté l’évaluation du Comité et a établi, le 25 novembre 2015, que les événements lié au poliovirus constituent encore une urgence de santé publique de portée internationale, y compris en ce qui concerne les PVDVc.

Le Directeur général a approuvé les recommandations du Comité concernant les «États actuellement exportateurs de poliovirus sauvage ou de PVDVc», les «États actuellement infectés par le poliovirus sauvage ou le PVDVc mais qui ne les exportent pas» et les «États qui ne sont plus infectés par le poliovirus sauvage mais qui restent vulnérables à la propagation internationale et États vulnérables à l’émergence et à la circulation de PVDV» et a prolongé, à compter du 25 novembre 2015, l’application des recommandations temporaires au titre du RSI, telles que révisées par le Comité, afin de freiner la propagation internationale des poliovirus.

Le Directeur général a remercié les membres et les conseillers du Comité pour leur avis et leur a demandé de réévaluer la situation dans un délai de 3 mois.

Partager