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La flambée d’Ebola dans les pays d’Afrique de l’Ouest ne constitue plus une urgence de santé publique de portée internationale

Déclaration de l'OMS
29 mars 2016

La neuvième réunion du Comité d’urgence convoquée par le Directeur général au titre du Règlement sanitaire international (2005) (RSI) concernant la flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest s’est tenue par téléconférence le mardi 29 mars 2016 de 12 h 30 à 15 h 15.

Le Directeur général a demandé au Comité de lui donner ses opinions et points de vue pour savoir si l’événement constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) et si les recommandations temporaires actuelles doivent être prolongées, abrogées ou révisées.

Les représentants de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone ont présenté la situation épidémiologique, les travaux en cours pour éviter une réémergence du virus Ebola et les capacités de détecter tout nouveau groupe de cas dans chacun des pays et d’intervenir rapidement.

Le Comité a relevé que, depuis sa dernière réunion, les 3 pays ont répondu aux critères pour confirmer l’interruption des chaînes initiales de transmission du virus Ebola. Plus précisément, ils ont désormais achevé la période de 42 jours d’observation suivie de 90 jours de surveillance renforcée depuis que leur dernier cas lié à la chaîne initiale de transmission a donnée deux tests négatifs. La Guinée a franchi ce tournant le 27 mars 2016.

Le Comité a observé que, comme on s’y attendait, de nouveaux groupes de cas d’Ebola continuent de se produire avec des réintroductions du virus à mesure qu’il s’élimine de la population des survivants, mais à une fréquence décroissante. On en a ainsi détecté 12 jusqu’à présent; le plus récent a été signalé le 17 mars 2016 en Guinée et cet événement n’est pas encore terminé. Le Comité s’est dit impressionné par la détection de tous ces groupes de cas et la riposte si rapide jusqu’à présent, ce qui a limité la transmission à 2 générations de cas au maximum dans les 11 groupes où elle a été interrompue.

Le Comité a été d’avis que la transmission du virus Ebola en Afrique de l’Ouest ne constitue plus un événement extraordinaire, que le risque de propagation internationale est désormais faible et que les pays ont actuellement la capacité de riposter rapidement à de nouvelles émergences du virus. En conséquence, l’opinion du Comité est que la situation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest n’est plus une urgence de santé publique de portée internationale et qu’il convient de mettre fin aux recommandations temporaires adoptées pour la riposte. Le Comité a souligné qu’aucune restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux ne doit être appliquée pour la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone et que si de telles mesures ont été prises, elles doivent être levées immédiatement.

Reconnaissant que de nouveaux groupes de cas dus à des réémergences pourraient se produire dans les prochains mois, à l’instar de ce qu’il se passe dans d’autres régions d’Afrique subsaharienne où le virus Ebola est présent dans l’écosystème, le Comité a insisté sur le fait que ces pays doivent maintenir les capacités et la préparation pour prévenir, détecter de nouveaux groupes de cas à l’avenir et y riposter.

Les efforts doivent être intensifiés aux niveaux national et international pour veiller à ce que les survivants de sexe masculin puissent faire analyser leur sperme, afin d’y établir l’éventuelle persistance du virus, et connaissent ainsi leur statut. Il sera particulièrement important de veiller à ce que les communautés puissent s’engager rapidement et sans réserve dans toute riposte future, que les cas soient rapidement isolés et pris en charge et que des listes appropriées des contacts soient communiquées aux autorités frontalières.

Le Comité a aussi insisté sur le besoin crucial d’une poursuite de l’aide internationale des donateurs et de l’assistance technique pour prévenir, détecter toute nouvelle flambée d’Ebola en Afrique de l’Ouest et y riposter rapidement. L’aide internationale est en particulier requise pour maintenir et, le cas échéant, étendre les capacités de diagnostic en laboratoire et de surveillance, soutenir les moyens de vaccination pour riposter à la flambée et poursuivre les activités pertinentes de recherche-développement (par exemple sur les options thérapeutiques visant à supprimer l’excrétion persistante du virus). Il a accordé une attention spéciale au besoin de veiller à ce que des services de soins cliniques, d’analyses en laboratoire et d’action sociale suffisants et adaptés soient accessibles à l’ensemble de ceux qui ont survécu à cette crise sanitaire exceptionnelle.

Se fondant sur l’avis du Comité d’urgence et sur sa propre évaluation de la situation, le Directeur général a mis fin à l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) concernant la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, conformément au Règlement sanitaire international (2005). Elle a aussi mis fin aux recommandations temporaires publiées en relation avec cet événement, souscrit à l’avis de santé publique rendu ci-dessus par le Comité et insisté sur l’importance pour les États Parties de lever immédiatement l’application à ces pays de toute restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux. Le Directeur général a remercié les membres du Comité d’urgence et les conseillers pour le service rendu et leurs avis d’experts et leur a demandé d’être disponibles pour une nouvelle réunion si nécessaire.