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L’OMS appelle les pays et ses partenaires à s’unir pour mettre fin à la tuberculose

Déclaration
22 mars 2016

En perspective de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, qui aura lieu le 24 mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle les pays et les partenaires à s’unir pour mettre fin à la tuberculose.

Cet appel est lancé au moment où s’ouvre l’ère des objectifs de développement durable (ODD). Mettre fin à la tuberculose d’ici à 2030 est l’une des cibles des ODD et le but même de la Stratégie de l’OMS pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose.

L’objectif est ambitieux. Même si la lutte contre la tuberculose a fait d’importants progrès – 43 millions de vies sauvées depuis 2000 –, la bataille n’est qu’à moitié gagnée : chaque jour, plus de 4000 personnes meurent de cette maladie infectieuse majeure. Les communautés les plus touchées par la tuberculose sont les communautés pauvres, vulnérables et marginalisées.

Il faut une collaboration resserée

Seule une collaboration resserrée entre instances gouvernementales et en leur sein, et avec les partenaires de la société civile, les communautés, les chercheurs, le secteur privé et les organismes d’aide au développement permettra de venir à bout de la tuberculose. Cette collaboration suppose une approche pan-sociétale et pluridisciplinaire dans le contexte de la couverture sanitaire universelle.

La dynamique s’amplifie au niveau des pays et des communautés, y compris dans les 30 pays qui supportent l’essentiel de la charge de la tuberculose (plus de 85% de la charge mondiale). Plusieurs pays renforcent les orientations stratégiques de leur programme de lutte contre la tuberculose en adoptant des outils nouveaux, en élargissant l’accès aux soins et en agissant en coordination avec d’autres branches de l’administration publique pour réduire les coûts supportés par les patients.

D’autres pays s’associent avec des chercheurs pour accélérer la mise au point de tests diagnostiques, de médicaments et de vaccins et pour améliorer la prestation de services.

Des progrès importants

Ainsi, l’Inde, qui enregistre plus de cas tuberculose et de tuberculose multirésistante que tout autre pays, s’est engagée à instaurer l’accès universel aux soins antituberculeux dans le cadre de sa campagne pour «une Inde sans tuberculose» (TB-free India). Le ministère de la Santé et de la famille développe son potentiel en matière de test de diagnostic rapide de la tuberculose pharmacorésistante et commence à utiliser la bédaquiline, nouveau médicament recommandé par l’OMS pour le traitement de la tuberculose multirésistante.

En outre, la déclaration des cas de tuberculose étant devenue obligatoire en 2012 et grâce à l’intensification des efforts déployés pour faire participer le secteur privé, les notifications de cas ont augmenté de 29% pour la seule année 2014.

Dans le cadre des mesures qu’elle prend pour instaurer la couverture sanitaire universelle, l’Afrique du Sud a beaucoup élargi l’accès au test Xpert MTB/RIF, test rapide de diagnostic moléculaire de la tuberculose et de la tuberculose pharmacorésistante. L’Afrique du Sud est le pays qui compte le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH bénéficiant d’un traitement préventif contre la tuberculose.

La Thaïlande, où un pourcentage élevé de la population a accès aux services de santé à un coût modique, s’emploie en priorité à faire en sorte que tous les résidents, y compris les migrants, aient accès au traitement antituberculeux.

En Fédération de Russie, un groupe de travail de haut niveau réunissant l’ensemble des instances gouvernementales a renforcé les politiques de lutte contre la tuberculose au cours des 15 dernières années. La Fédération de Russie indique que depuis 2005, la mortalité due à la tuberculose a baissé de plus de 50 % et les cas notifiés, de 20%. En 2016, l’OMS collaborera avec le Ministère de la santé pour évaluer ces données et aider à déterminer les facteurs ayant contribué à ce recul.

La tuberculose multirésistante est un autre problème crucial. Il faut de toute urgence lutter efficacement contre la résistance aux antimicrobiens pour mettre fin à la tuberculose d’ici à 2030. Des investissements plus importants s’imposent aussi car la lutte contre la tuberculose reste insuffisamment financée au niveau mondial, en ce qui concerne tant la mise en œuvre que la recherche.

Le Brésil et le Viet Nam, qui offrent tous deux de bons services de base contre la tuberculose, investissent dans la recherche pour diminuer la charge de la maladie. Le Brésil a formé un réseau national de chercheurs se consacrant à la tuberculose, le REDE-TB, qui travaille sur les sciences fondamentales, les essais cliniques et les priorités de la recherche opérationnelle. Le Viet Nam a formé le partenariat VICTORY («Viet Nam Integrated Centre for Tuberculosis and Respirology Research»), qui a entrepris une enquête sur la prévalence de la tuberculose et qui développe des outils pour prioriser les interventions contre la tuberculose multirésistante.

De nombreux problèmes subsistent

Malgré ces progrès, il reste des problèmes considérables comme la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des ressources humaines et financières et les graves épidémies parallèles d’infection à VIH, de diabète et de tabagisme.

L’OMS entend continuer à collaborer avec les pays et ses partenaires dans le monde entier pour résoudre ces problèmes et intensifier l’action collective qui permettra de venir à bout de la tuberculose.

Quelques faits sur la tuberculose dans le monde

  • La tuberculose est, avec le VIH/sida, l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde.
  • En 2014, 9,6 millions de personnes ont contracté la tuberculose et 1,5 million en sont mortes, parmi lesquelles 380 000 personnes vivant avec le VIH.
  • Plus de 95% des décès par tuberculose se produisent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et la maladie est l’une des 5 principales causes de décès chez les femmes âgées de 15 à 44 ans.
  • On estime qu’en 2014, un million d'enfants ont contracté la tuberculose et 140 000 en sont morts.
  • La tuberculose est une des principales causes de décès chez les sujets VIH-positifs : en 2014, 1 décès sur 3 liés au VIH était dû à la tuberculose.
  • On estime à 480 000 le nombre de cas de tuberculose multirésistante dans le monde en 2014.
  • Le taux de mortalité due à la tuberculose a chuté de 47 % entre 1990 et 2015.
  • On estime que 43 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2014 grâce au diagnostic et au traitement de la tuberculose.
  • La Stratégie de l’OMS pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose vise à réduire de 90% les décès par tuberculose et de 80% le nombre de nouveaux cas entre 2015 et 2030, et à faire en sorte qu’aucune famille touchée par la tuberculose ne soit exposée à des dépenses catastrophiques à cause de la maladie.

Note aux rédactions:

L’OMS définit comme suit les 30 pays supportant la plus lourde charge de tuberculose:

Les 20 pays qui enregistrent la charge la plus lourde en chiffres absolus (nombre estimatif de nouveaux cas de tuberculose par an): Afrique du Sud, Bangladesh, Brésil, Chine, Éthiopie, Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Kenya, Mozambique, Myanmar, Nigéria, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, République démocratique du Congo, République populaire démocratique de Corée, République-Unie de Tanzanie, Thaïlande et Viet Nam.

Les 10 pays qui enregistrent les taux d’incidence les plus élevés (nombre estimatif de nouveaux cas de tuberculose pour 100 000 habitants) et, selon les estimations, au moins 10 000 nouveaux cas de tuberculose chaque année: Angola, Cambodge, Congo, Lesotho, Libéria, Namibie, République centrafricaine, Sierra Leone, Zambie et Zimbabwe.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2016, l’OMS a publié une brochure qui expose les mesures prises dans ces pays.

Pour plus d’informations, prière de contacter:

Hannah Monica Dias
Chargée de communication
Programme mondial de lutte contre la tuberculose, OMS
Téléphone: +41-22 791 4695
Courriel: diash@who.int

Christian Lindmeier
Chargé de communication, OMS
Téléphone: +41 22 791 1948
Portable: +41 79 5006552
Courriel: lindmeierch@who.int

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