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Quatrième réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (2005) concernant la microcéphalie, d'autres troubles neurologiques et le virus Zika

Déclaration de l'OMS
2 septembre 2016

La quatrième réunion du Comité d'urgence, convoquée par le Directeur général au titre du Règlement sanitaire international (2005) et relative à la microcéphalie, à d’autres troubles neurologiques et au virus Zika s'est tenue par téléconférence le 1er septembre 2016 de 13 h 15 à 15 h 45, heure de l'Europe centrale.

Le Comité a été informé de la mise en œuvre des recommandations temporaires publiées par le Directeur général sur la base des avis formulés aux trois précédentes réunions du Comité d'urgence. Des renseignements lui ont été communiqués concernant la situation pendant et après les Jeux olympiques au Brésil, la propagation géographique récente du virus Zika, l’histoire naturelle et l’épidémiologie, la microcéphalie et les autres complications néonatales associées au virus Zika, le syndrome de Guillain-Barré (SGB) et l'état actuel des connaissances sur la transmission sexuelle du virus Zika.

Les États Parties suivants ont fourni des informations sur la microcéphalie, le SGB et d'autres troubles neurologiques survenant en présence de la transmission du virus Zika ainsi que sur les mesures de lutte mises en œuvre: le Brésil, les États-Unis d'Amérique et Singapour.

Le Comité a félicité le Brésil pour avoir mis en œuvre avec succès des mesures de santé publique appropriées pendant les Jeux olympiques. À ce jour, aucun cas confirmé de maladie à virus Zika n’a été confirmé parmi les personnes qui ont assisté aux Jeux, que ce soit pendant ceux-ci ou depuis leur retour. L'absence de cas corrobore les conclusions de l'évaluation des risques liés aux Jeux olympiques, menée au cours de la 3e réunion du Comité d'urgence.

Ayant examiné les données présentées, le Comité est convenu qu'en raison de la poursuite de la propagation géographique et compte tenu des lacunes considérables dans la compréhension du virus et de ses conséquences, l’infection à virus Zika ainsi que les troubles congénitaux et neurologiques associés continuent de constituer une urgence de santé publique de portée internationale.

Il a réitéré pour les domaines suivants l’avis qu’il avait donné au Directeur général lors de ses réunions précédentes: recherche en santé publique sur la microcéphalie, les autres troubles neurologiques et le virus Zika; surveillance; lutte antivectorielle; communications sur les risques; soins cliniques; mesures concernant les voyages; recherche-développement pour les vaccins, les traitements et les tests de laboratoire. Le Comité a noté que les activités fondées sur cet avis restent valables et sont toutes mises en œuvre. Le Comité a également réitéré son avis précédent selon lequel il ne doit y avoir aucune restriction générale imposée aux voyages et aux échanges commerciaux avec les pays, zones ou territoires où il y a une transmission du virus Zika, notamment les villes brésiliennes qui accueilleront les Jeux paralympiques.

En outre, reconnaissant que l’impact du virus Zika est un motif de préoccupation à long terme, le Comité a recommandé au Directeur général d'envisager d'élaborer un plan approprié sur les infrastructures et la riposte au sein de l'Organisation mondiale de la Santé afin d'assurer la coordination et la responsabilisation à long terme et de garantir ainsi une réponse efficace.

Le Comité a souligné qu'il fallait avoir une meilleure compréhension scientifique de l'épidémiologie du virus Zika, des aspects cliniques de la maladie et de la prévention, recommandé à cet égard plusieurs nouvelles questions de recherche, et rappelé plusieurs questions de recherche précédentes, le but étant:

  • d'améliorer la compréhension des différentes lignées virales, notamment concernant la réactivité et l'immunité croisées, ainsi que de leurs implications cliniques;
  • d'évaluer les facteurs connexes ou facteurs de risques susceptibles d'influer sur la gravité de la maladie;
  • de mieux comprendre l'histoire naturelle de la maladie chez les enfants infectés congénitalement, les femmes enceintes et les autres enfants et adultes;
  • de déterminer la durée et la localisation de la persistance virale chez l'homme et son impact sur la transmissibilité;
  • de mieux établir le risque d'infection et les modes de transmission;
  • d’évaluer l'utilité des outils de lutte antivectorielle et leur faisabilité opérationnelle;
  • de poursuivre la mise au point de mesures de prévention efficaces et sans danger (par exemple, vaccin).

Reconnaissant l'impact que la maladie à virus Zika et ses conséquences auront sur les systèmes de santé fragiles, le Comité a également recommandé à l'OMS de présenter des orientations adaptées sur la surveillance et la prise en charge efficaces de la maladie à virus Zika dans les pays très vulnérables à faibles capacités.

Sur la base de cet avis, le Directeur général a déclaré que l’urgence de santé publique de portée internationale était maintenue. Le Directeur général a publié à nouveau les recommandations temporaires de la 2e et de la 3e réunion du Comité, approuvé les avis complémentaires de la 4e réunion du Comité et les a publiés sous forme de recommandations temporaires au titre du RSI (2005). Le Directeur général a remercié les membres du Comité et les conseillers pour leur avis. Le Comité se réunira de nouveau dans trois mois.