Neglected tropical diseases

Allocution de Samuel Eto'o
Ballon d'or africain en 2003, 2004, et 2005

19 AVRIL 2007
Madame la Directrice générale, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Je souhaite vous dire combien je suis heureux d'être aujourd'hui parmi vous. Ma présence n'est liée ni au hasard, ni a un intérêt personnel.

Je suis né au Cameroun il y a 25 ans. Lorsque j'étais écolier, l'instituteur nous racontait, comme dans toutes les écoles du Cameroun, l'histoire de la maladie du sommeil. Dans les années 1930, cette terrible maladie ravageait mon pays et tuait indistinctement hommes, femmes, enfants. Les villages étaient alors abandonnés. A cette époque, il fût décidé de mobiliser tous les moyens possibles pour éliminer cette maladie. La première école africaine de laborantins spécialisés fût ouverte à Ayos, prés de chez moi. Un effort gigantesque et plusieurs années de lutte ont permit à toutes ces équipes d'atteindre leur objectif. La maladie disparût presque complètement du Cameroun et d'Afrique en 1962.

Cette belle histoire à laquelle le nom de mon pays est étroitement associée, est toujours enseignée dans les écoles. Cette histoire a appris à tous les Camerounais qu'il est possible de gagner, quel que soit l'adversaire, à la seule condition que chacun y mette toute son énergie.

C'est aussi mon histoire. Celle d'un petit garçon qui rêvait d'être un grand footballeur. Un petit garçon qui n'a jamais oublié l'enseignement de ces milliers d'infirmiers qui ont gagné la plus belle des batailles: celle de la vie.

J'ai beau avoir la chance d'être applaudi dans les plus grands stades du monde, je n'oublie pas et je n'oublierais jamais les enfants d'Afrique et d'ailleurs dont les yeux sont illuminés d'espoir. C'est la raison pour laquelle j'offre une partie de mon énergie à tous ces villageois qui souffrent trop souvent dans l'indifférence.

Je ne suis pas médecin mais je sais, car je les vois lorsque je reviens chez moi, ce que sont ces horribles maladies. Je connais le Noma, je connais l'Ulcère de Buruli et toutes les autres maladies qui nous occupent en ce jour, car elles sont toutes présentes dans nos villages.

C'est vrai que je porte, comme je vous l'ai dit, une attention particulière à la maladie du sommeil car elle est revenue dans nos pays. Mais je souhaite sincèrement m'associer à votre combat contre la négligence. Il n'est rien de pire que d'être oublié, quelque soit l'endroit du monde où l'on habite.

C'est pourquoi, Madame la Directrice Générale, je me sens honoré, de pouvoir apporter ma contribution à l'Organisation mondiale de la Santé, car vous représentez le fer de lance de cette belle initiative.

Chaque semaine, sur les terrains de football, mon travail est de marquer des buts et de donner de la joie aux spectateurs.

Aujourd'hui, je suis ici en tant que supporteur et au nom des peuples d'Afrique et des autres continents, je vous prie, Madame la Directrice Générale, de soulager nos frères et de donner l'espoir aux enfants du monde de vivre dans un monde libre de maladies négligées. J'aimerais que cet effort soit fait maintenant et poursuivi dans l'avenir.

En leur nom également, je prie tous les partenaires présents aujourd'hui, de poursuivre et d'intensifier leur aide.

Je me mets, Madame, à votre disposition, en toute humilité, mais avec toute ma détermination.

Je vous remercie

Share