Maladies non transmissibles et santé mentale

Rapport de l’OMS sur la réglementation des cigarettes électroniques et des produits apparentés

Le rapport sur les «inhalateurs électroniques de nicotine», dont les cigarettes électroniques sont le prototype le plus courant, figure à l’ordre du jour de la Sixième Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, qui se tient du 13 au 18 octobre 2014 à Moscou.

Ce nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que les cigarettes électroniques et les dispositifs apparentés, souvent commercialisés par les fabricants comme des aides au sevrage tabagique ou comme des substituts du tabac moins nocifs pour la santé, doivent être réglementés au niveau mondial dans l’intérêt de la santé publique.

Le rapport précise que si les cigarettes électroniques se situent «sur une frontière mouvante entre promesse et menace pour la lutte antitabac», leur réglementation n’en est pas moins indispensable pour:

  • empêcher la promotion des cigarettes électroniques auprès des non fumeurs et des jeunes;
  • réduire au maximum les risques potentiels que présentent les cigarettes électroniques pour les utilisateurs et les non-utilisateurs;
  • interdire les allégations sanitaires infondées au sujet des cigarettes électroniques; et
  • veiller à ce que les mesures de lutte antitabac existantes ne soient pas influencées par les intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac.

Le rapport explique que même si des recherches supplémentaires s’imposent sur de nombreux aspects de l’utilisation des cigarettes électroniques, il faut dès maintenant réglementer ces produits pour des considérations de santé publique, et plus particulièrement:

  • La publicité: un organisme public compétent doit réglementer la publicité en faveur des cigarettes électroniques, la promotion et le parrainage afin qu’ils ne visent pas les jeunes et les non-fumeurs ou les personnes qui ne consomment pas de nicotine actuellement.
  • L’utilisation dans les espaces fermés: des mesures juridiques devraient être prises pour mettre un terme à l’utilisation des cigarettes électroniques dans les espaces fermés, aussi bien dans les lieux publics que sur les lieux de travail. D’après les données dont on dispose, l’aérosol exhalé par le vapoteur augmente la concentration de fond de certaines substances toxiques, de nicotine et de particules dans l’air.

Depuis 2005, l’industrie de la cigarette électronique est passée d’un fabricant en Chine à un chiffre d’affaires mondial estimé à 3 milliards de dollars (US $), avec 466 marques, et l’industrie du tabac est de plus en plus présente sur ce marché. Comme l’indique le rapport, l’OMS s’inquiète du rôle de l’industrie du tabac sur ce marché.

Les dispositions réglementaires envisagées dans le rapport comprennent l’interdiction des cigarettes électroniques aromatisées aux fruits, aux bonbons et aux boissons alcoolisées jusqu’à ce qu’il soit prouvé que ces produits n’attirent pas les enfants et les adolescents.

Les cigarettes électroniques sont commercialisées en près de 8000 arômes différents et on craint que leur utilisation ne soit une passerelle vers l’addiction nicotinique et, à terme, le tabagisme, en particulier chez les jeunes. Le nombre d’adolescents qui essaient la cigarette électronique augmente rapidement, son utilisation ayant doublé dans ce groupe entre 2008 et 2012, selon le rapport.

Le rapport conclut notamment que les données sont actuellement insuffisantes pour pouvoir dire si les cigarettes électroniques aident ou non les fumeurs à arrêter de fumer. Par conséquent, l’OMS recommande pour le moment d’inciter tout d’abord les fumeurs à renoncer au tabac et à se libérer de la dépendance nicotinique en ayant recours à une panoplie de traitements déjà approuvés.

Il précise en outre que, d’après les données existantes, l’aérosol produit par les cigarettes électroniques n’est pas simplement de la « vapeur d’eau » comme le prétendent souvent les stratégies de marketing de ces produits. Même si elles sont probablement moins toxiques que les cigarettes classiques, les cigarettes électroniques présentent un danger pour les adolescents et pour les fœtus dont la mère utilise ces produits.

Il indique par ailleurs que les cigarettes électroniques accroissent l’exposition des non-fumeurs et des tiers à la nicotine et à plusieurs substances toxiques.

La Conférence des Parties est l’organe central et l’organe directeur de la Convention. À ce jour, les Parties à la Convention sont au nombre de 179. La Convention-cadre de l’OMS a été adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé le 21 mai 2003 et est entrée en vigueur le 27 février 2005. Elle est devenue depuis l’un des traités ayant remporté l’adhésion la plus rapide et la plus large dans l’histoire des Nations Unies.

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Paul Garwood
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