Nutrition

Carences en micronutriments

Anémie ferriprive

Quelques faits

  • Dans les pays en développement, 1 femme enceinte sur 2 et environ 40 % des enfants d’âge préscolaire seraient anémiques.
  • Dans nombre de ces pays, l’anémie ferriprive est aggravée par les helminthiases, le paludisme et d’autres maladies infectieuses comme le VIH et la tuberculose.
  • L’anémie joue un rôle dans 20 % des décès maternels. Parmi d'autres conséquences on relève: une perturbation du développement physique et cognitif, une hausse du risque de morbidité chez l’enfant et une baisse de la productivité au travail chez l’adulte.

Le défi à relever

La carence en fer est le trouble nutritionnel le plus commun et le plus répandu dans le monde. Si elle touche un grand nombre d’enfants et de femmes dans les pays en développement, il s’agit également de la seule carence en nutriments dont la prévalence est élevée dans les pays industrialisés. Les chiffres sont impressionnants:

2 milliards de personnes – soit plus de 30% de la population mondiale – souffrent d’anémie, principalement en raison d’une carence en fer, et, dans les régions défavorisées, cette situation est souvent aggravée par les maladies infectieuses.

Le paludisme, le VIH/sida, l’ankylostomiase, la schistosomiase et d’autres infections comme la tuberculose sont des facteurs particulièrement importants qui contribuent à la prévalence élevée de l’anémie dans certaines régions.

La carence en fer est la maladie qui frappe le plus grand nombre de personnes; elle constitue donc une affection de santé publique ayant atteint des proportions épidémiques. Avec des manifestations plus subtiles que la malnutrition protéino-énergétique, par exemple, les principales conséquences générales de la carence en fer sont la mauvaise santé, les décès prématurés et la perte de revenus.

La carence en fer et l’anémie réduisent la capacité de travail des individus et de populations entières, ce qui a des conséquences économiques graves et entrave le développement national. Globalement, ce sont les personnes les plus vulnérables, les plus pauvres et les moins instruites qui sont les plus touchées par la carence en fer, et ce sont elles qui ont le plus à gagner à sa réduction.

La riposte: une offensive en trois parties

Invisible mais omniprésent dans de nombreux pays en développement, le vrai poids de la carence en fer et de l’anémie se cache dans les statistiques des taux de mortalité en général, de l’hémorragie maternelle, des mauvais résultats scolaires et de la baisse de productivité. L’anémie ferriprive touche des millions de personnes. Les conséquences sanitaires sont discrètes mais désastreuses, minant le potentiel de développement des individus, des sociétés et des économies nationales.

Les choses pourraient être différentes. Non seulement nous connaissons les causes, mais il existe également des solutions aussi abordables qu’efficaces. En raison de leurs liens étroits, la carence en fer et l’anémie pourraient être combattues simultanément au moyen d’une approche multifactorielle et multisectorielle. La riposte devrait en outre être adaptée à la situation locale et tenir compte de l’étiologie propre à l’anémie ainsi que des groupes de population touchés.

L’élimination de l’anémie ferriprive exige des mesures réellement courageuses de la part des gouvernements, du monde entier et de la communauté internationale. Il est temps d’agir.

Les choses pourraient être différentes ...

L’OMS a mis sur pied un ensemble exhaustif de mesures de santé publique pour faire face à tous les aspects de la carence en fer et de l’anémie. Ces mesures sont actuellement mises en œuvre dans des pays où la prévalence de la carence en fer, de l’anémie, du paludisme, des helminthiases et de la schistosomiase est élevée.

Accroître l’apport en fer Diversification de l’alimentation afin d’inclure des aliments riches en fer et d’accroître l’absorption du fer ; enrichissement des produits alimentaires et supplémentation en fer.

Lutter contre les infections Programmes de vaccination et de lutte contre le paludisme, l’ankylostomiase et la schistosomiase.

Améliorer l’état nutritionnel Prévention des autres carences nutritionnelles, par exemple en vitamine B12, en acide folique et en vitamine A, et lutte contre ces carences.

Pourquoi éliminer l’anémie ferriprive?

Les avantages sont nombreux. Un traitement rapide peut redonner la santé aux personnes et augmenter jusqu’à 20% les niveaux de productivité nationaux. Pour aider les pays à combattre l’anémie, l’OMS a élaboré des lignes directrices sur la lutte contre la carence en fer et l’anémie, ainsi qu’un manuel d’évaluation de l’ampleur du problème et de suivi des interventions.

À cause de l’anémie ferriprive, l’énergie et la vitalité consacrées au développement sont moindres. Nous avons les moyens et le potentiel nécessaires pour améliorer la situation. Nous devons efficacement les mettre à profit.