Sécurité des patients

Evaluation de l’iatrogénèse en Méditerranée orientale et en Afrique

La prévalence des incidents iatrogènes est désormais évaluée dans plusieurs pays, grâce à l’effet stimulant d’une série d’ateliers organisés en Egypte.

En décembre 2005, l’OMS a organisé un premier séminaire de formation de cinq jours au Caire (Egypte). Les pays de la Région de la Méditerranée orientale (EMRO) qui ont participé à ce séminaire sont l’Egypte, la Jordanie, le Koweit, le Maroc, le Soudan, la Tunisie et le Yémen. La Région de l’Afrique (AFRO) était représentée par le Kenya et l’Afrique du Sud. Chaque pays avait délégué une équipe composée d’infirmiers cliniciens, de spécialistes des dossiers médicaux, de cliniciens, d’épidémiologistes, de chercheurs et de fonctionnaires des ministères. A la suite de ce séminaire, des études de prévalence ont été lancées dans huit des pays participants. Deux ateliers de suivi ont eu lieu en mai 2006 et en février 2007.

Les études sont dirigées par le Dr Ross Wilson, Directeur du Centre pour l’amélioration des soins de santé du Royal North Shore Hospital, Sydney (Australie), Mme Sisse Bjorn Olsen, chercheuse en soins cliniques au Département des technologies biochirurgicales et chirurgicales, Imperial College, Londres (Royaume-Uni) et le Dr Philippe Michel, Directeur du programme d’évaluation des stratégies sanitaires de la Haute Authorité de Santé (France). Le Dr Ahmed Abdullatif, coordonnateur des systèmes de santé au Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale (EMRO) assure la coordination des huit études, avec l’aide de son équipe et de l’équipe des chercheurs au Secrétariat.

Les ateliers ont permis de former les équipes des huit pays participants aux techniques d’analyse rétrospective des dossiers et à l’organisation et à la direction des études de recherche sur la sécurité des patients. A ce jour, les études des huit pays sont en bonne voie. Les résultats seront communiqués en 2007-2008.

L’expérience montre que dans tous les pays, il est possible de mettre le doigt sur des dysfonctionnements des systèmes de santé grâce à une analyse approfondie des incidents iatrogènes. Lorsqu’on peut remonter aux causes, il apparaît souvent que ces incidents sont liés à un défaut de communication entre les soignants eux-mêmes ou entre les soignants et les patients. Les dysfonctionnements dans l’organisation ou la gestion sont parfois incriminés, notamment le manque de personnel ou le mauvais fonctionnement des structures périphériques comme la pharmacie, la banque du sang ou les services de nettoyage.

Partager