Santé publique et environnement

Questions fréquentes sur le mercure et la santé

Octobre 2011

1. Qu’est ce que le mercure?

Le mercure et ses composés constituent l’un des dix groupes de produits chimiques extrêmement préoccupants pour la santé publique selon l’OMS. Cette organisation a identifié ces produits comme hautement dangereux et des mesures supplémentaires s’imposent pour prévenir leurs effets préjudiciables sur la santé. Le mercure est un élément présent dans la nature que l’on retrouve dans l’air, l’eau et les sols. Il existe sous plusieurs formes : mercure élémentaire (également appelé mercure métallique), inorganique ou organique, dont les effets toxiques sont variables. Le mercure est une substance toxique connue, qui est nocive pour les êtres humains, et en particulier pour les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants.

2. Quelles sont les principales sources d’exposition humaine au mercure?

Les rejets de mercure dans l’environnement résultent pour une grande part des activités humaines. La combustion du charbon pour la production d’électricité et le chauffage constitue de loin la première source d’émissions de mercure. Le charbon contient du mercure qui est libéré lorsqu’il brûle. Près de la moitié des émissions de mercure dans l’atmosphère proviennent des centrales électriques et des chaudières industrielles au charbon et de l’utilisation domestique de ce minerai pour le chauffage et la cuisine. Parmi les autres sources importantes d’émissions de mercure, figurent les processus industriels, les incinérateurs de déchets et l’extraction minière du mercure, de l’or et d’autres métaux. Le mercure étant un élément naturellement présent dans l’environnement, il est aussi libéré par l’activité volcanique et l’érosion des roches.

3. Dans quels produits manufacturés peut-on trouver du mercure?

Le mercure est présent en quantités variables dans de nombreux produits, dont les piles et les batteries ; certains appareils de mesure comme les thermomètres et les baromètres ; les commutateurs et les relais électriques dans les équipements ; certaines lampes, y compris les ampoules à économie d’énergie utilisées par les ménages ; les amalgames dentaires ; et certains cosmétiques et produits pharmaceutiques. On le trouve aussi dans des produits éclaircissants pour la peau, qui sont toutefois largement interdits.

Il importe de prendre des précautions appropriées lorsqu’on utilise ou l’on se débarrasse de produits contenant du mercure.

4. En quoi le mercure est-il nocif pour la santé humaine?

Les gens sont exposés principalement au méthyle mercure lorsqu’ils consomment du poisson ou des crustacés contenant ce composé. Pratiquement tout individu présente au moins des traces de méthyle mercure dans ses tissus, ce qui reflète l’omniprésence de ce composé dans l’environnement et l’ampleur de l’exposition à travers la consommation de poissons et de crustacés. Les gens peuvent être exposés aux différentes formes de mercure selon les circonstances.

Chez le fœtus, le nourrisson ou l’enfant, le principal effet sanitaire du méthyle mercure est l’apparition de troubles du développement neurologique. L’exposition in utero, qui peut résulter de la consommation par la mère de poissons ou de crustacés contenant du méthyle mercure, est susceptible d’avoir des effets préjudiciables sur le cerveau et le système nerveux en développement de l’enfant. Des effets sur la cognition, la mémoire, l’attention, le langage, la motricité fine et la vision dans l’espace ont été observés chez des enfants exposés au méthyle mercure dans l’utérus de leur mère.

5. Comment le mercure pénètre-t-il dans la chaîne alimentaire?

À mesure que le mercure traverse divers milieux environnementaux (air, sédiments, eau), il fait l’objet de transformations complexes. Une fois déposé dans les sols et les sédiments, il peut y être méthylé, transformation qui résulte dans une large mesure du métabolisme bactérien. Le méthyle mercure, qui constitue la forme la plus toxique du mercure, subit une bioamplification dans les réseaux trophiques, et notamment dans les réseaux trophiques aquatiques (chez les espèces de poissons situés plus haut dans la chaîne alimentaire, par exemple). Il s’accumule biologiquement (atteint une concentration plus forte que dans l’environnement) chez les poissons et les mammifères de mer et d’eau douce. Plus le poisson ou le mammifère est vieux, plus la concentration de méthyle mercure qu’il contient est forte. Le méthyle mercure se bioamplifie, c’est-à-dire que plus un organisme occupe une position élevée dans la chaîne alimentaire, plus sa concentration de méthyle mercure est forte. C’est pourquoi les grands poissons prédateurs ont une plus grande probabilité d’avoir une forte teneur en méthyle mercure, mais les poissons plus petits, notamment dans les zones contaminées, peuvent aussi contenir une concentration importante de mercure.

6. Que peut-on faire pour réduire les risques pour la santé humaine?

Promouvoir l’utilisation de sources d’énergie propres ne faisant pas appel à la combustion du charbon.

En effet, la combustion de charbon pour la production d’électricité et le chauffage représente de loin la plus importante source d’émissions de mercure et une préoccupation de santé publique majeure. Près de la moitié des émissions de mercure dans l’atmosphère proviennent des centrales électriques et des chaudières industrielles au charbon et de l’utilisation domestique de ce minerai. Le charbon contient du mercure qui est libéré lors de sa combustion. Celle-ci provoque également l’émission d’autres polluants atmosphériques dangereux, comme les particules PM10 (c’est-à-dire les particules en suspension dans l’air dont le diamètre est inférieur ou égal à 10 microns), qui sont capables de pénétrer dans les poumons et dans la circulation sanguine et présentent une grande nocivité pour la santé. Le passage à des sources d’énergie propres pourrait apporter des bénéfices sanitaires connexes substantiels.

Éliminer l’extraction minière du mercure et l’utilisation de cet élément dans l’extraction de l’or et dans d’autres procédés industriels.

Le mercure est un élément qui ne peut être détruit. Par conséquent, le mercure utilisé est recyclable pour les usages essentiels restants ; son extraction minière primaire n’est plus nécessaire. L’utilisation du mercure dans la production des alcalins chlorés et du chlorure de vinyle monomère est en cours d’élimination progressive. Son emploi pour extraire l’or de manière artisanale ou à petite échelle est particulièrement dangereux et l’impact sanitaire sur les populations vulnérables est important. Venir à bout de l’extraction minière informelle à petite échelle du mercure est une tâche difficile, qui nécessite l’intervention de multiples acteurs, dans la mesure où les communautés sont souvent confrontées à la pauvreté.

Passer aux thermomètres et aux sphygmomètres sans mercure dans les soins de santé.

Les thermomètres et les sphygmomètres au mercure ne sont plus nécessaires dans les soins de santé. Des alternatives validées et abordables à l’emploi du mercure sont disponibles.

Éliminer progressivement l’utilisation des produits renfermant du mercure et non essentiels et mettre en œuvre des pratiques sans risque pour la manipulation, l’utilisation et l’élimination des produits contenant du mercure restants.

De nombreux produits contiennent du mercure et notamment les piles et les batteries, certains appareils de mesure comme les thermomètres et les baromètres, les commutateurs et les relais électriques dans les équipements, certaines lampes, les amalgames dentaires, certains produits éclaircissants pour la peau et d’autres cosmétiques, et certains produits pharmaceutiques. Une série de mesures a été prise pour réduire les quantités de mercure présentes dans ces produits ou pour éliminer progressivement les produits concernés. Dans le domaine de la santé, les amalgames dentaires sont utilisés dans presque tous les pays. Une consultation d’experts de l’OMS organisée en 2009 a conclu qu’une interdiction mondiale à court terme des amalgames poserait un problème pour la santé publique et le secteur dentaire, mais qu’une élimination progressive devait être visée à travers la promotion de mesures préventives et de solutions de remplacement de l’amalgame ; la recherche et le développement d’alternatives peu onéreuses ; l’éducation des professionnels de la dentisterie et la sensibilisation du public. L’utilisation du mercure dans certains produits pharmaceutiques, comme par exemple l’emploi du thiomersal (éthyle mercure) comme agent conservateur dans certains vaccins, met en jeu des quantités très faibles par rapport à d’autres sources de mercure et représente un usage essentiel. Il n’existe pas d’élément laissant entrevoir un danger possible pour la santé avec les quantités de thiomersal actuellement utilisées dans les vaccins humains. Des quantités notables de mercure inorganique sont également ajoutées dans des produits éclaircissants pour la peau. De nombreux pays ont interdit les produits éclaircissants contenant du mercure en raison de leur dangerosité pour la santé humaine.

7. Quelles mesures spécifiques l’OMS prend-elle pour réduire les risques?

L’une des grandes missions de l’OMS est de constituer une base scientifique permettant une gestion rationnelle des produits chimiques et de renforcer les capacités au plan national et dans le domaine de la sécurité chimique. Cette activité aide les Etats Membres de l’OMS à focaliser leurs actions sur les moyens les plus efficaces pour prévenir ou réduire les risques sanitaires. L’OMS doit examiner et analyser les éléments scientifiques accumulés et s’appuyer sur l’avis d’experts pour formuler des conclusions, et identifier les interventions efficaces.

L’OMS diffuse des données sur les effets sanitaires des différentes formes de mercure, des conseils pour l’identification des populations risquant d’être exposées au mercure, des outils pour réduire l’exposition à cet élément, ainsi que des conseils pour le remplacement des thermomètres et des sphygmomètres au mercure dans les soins de santé. Elle dirige des projets visant à promouvoir la gestion et l’élimination rationnelles des déchets de soins de santé et a facilité la mise au point d’un dispositif sans mercure, validé et abordable, pour mesurer la pression artérielle. Elle aide également les pays à éliminer progressivement l’utilisation des thermomètres et des sphygmomètres au mercure dans les soins de santé.

8. Qu’est ce que le Comité de négociation intergouvernemental chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur le mercure?

En février 2009, le Conseil d’administration du PNUE a reconnu la nécessité de mettre au point un instrument international juridiquement contraignant sur le mercure pour faire face aux risques pour la santé humaine et l’environnement résultant des rejets anthropogènes de mercure.

Le travail de préparation de cet instrument est effectué par un Comité de négociation intergouvernemental convoqué par le PNUE. L’objectif est que les négociations soient terminées avant la vingt-septième session régulière du Conseil d’administration/le Forum ministériel mondial sur l’environnement en 2013.

La participation au Comité de négociation intergouvernementale (CNI) est ouverte à tous les gouvernements. Des organisations intergouvernementales et des représentants de la société civile peuvent aussi en faire partie en tant qu’observateurs.

9. Quel est le rôle de l’OMS dans les négociations préliminaires au traité?

En tant qu’agence spécialisée des Nations Unies, l’OMS dispose d’un statut d’observateur au CNI. Son rôle est de fournir des informations indépendantes faisant autorité en accord avec les éléments disponibles sur chacune de ces questions et d’aider à la collecte d’autres informations le cas échéant.

10. Quelles seront les implications du traité juridiquement contraignant sur le mercure et quelle incidence aura-t-il sur le secteur de la santé?

Ce traité offre aux gouvernements et aux autres parties prenantes une opportunité de premier plan pour prendre des mesures visant à réduire l’exposition au mercure. Il faut s’attaquer sérieusement à la réduction des principales sources de mercure pour atteindre les objectifs de santé publique. Les différents usages et émissions de cet élément ont un potentiel de nuisance pour la santé humaine très variable. Deux types d’actions intéresseront le secteur de la santé : les mesures pour diminuer l’exposition humaine au mercure au bénéfice de la santé publique et celles pour réduire les usages du mercure dans les soins de santé.

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