Cadre stratégique 2012 à 2015
Principes de fonctionnement transversaux
Comme indiqué à la section 3, le Partenariat est la principale tribune mondiale où les partenaires issus de multiples groupes se réunissent afin de coordonner et d’échanger leurs informations sur l’action qu’ils mènent en vue d’améliorer la santé de la femme et de l’enfant dans les pays durement touchés. Afin de correspondre à ce rôle et d’accompagner la réalisation des objectifs indiqués, l’accomplissement de sa mission et la mise en œuvre de sa philosophie, le Partenariat structurera ses activités autour de quatre principes de fonctionnement. Ils sont énoncés ci-dessous et examinés à tour de rôle.
Le mode de fonctionnement du Partenariat est centré sur les partenaires
Depuis 2009, le Partenariat est une organisation centrée sur les partenaires. Cela veut dire qu’il se fonde sur ses partenaires et leurs travaux pour accomplir les objectifs qu’il s’est fixés. Comme indiqué plus haut, le rôle du Partenariat ne consiste pas à remplacer ni reproduire l’action ou la gouvernance interne et les processus de responsabilisation de chacun des partenaires – c’est-à-dire des membres du Partenariat. Il constitue plutôt une tribune où des partenaires ont la possibilité d’informer leurs homologues de leurs activités, de se documenter sur les travaux et les expériences en cours, de comprendre ce qui est entrepris ou prévu, de détecter les lacunes ou les chevauchements et, dans le cadre de discussions, d’approuver et de coordonner les étapes suivantes de façon appropriée et pertinente.
Par conséquent, l’approche centrée sur les partenaires mobilise, fait intervenir et autonomise les différents partenaires d’exécution. Elle leur permet de coordonner leurs actions et leurs activités ; elle encourage et promeut la responsabilité mutuelle grâce à des pratiques intégratrices et à la transparence. Ce sont les partenaires eux-mêmes qui continuent d’avoir la capacité, donc la responsabilité, de mettre en œuvre telle ou telle activité – mais avec la possibilité d’agir en coordination avec les autres afin d’accroître leur efficacité et leur efficience économique. Il peut s’agir, par exemple, d’une meilleure coordination des flux d’assistance prodigués par les bailleurs de fonds, d’un accord conclu par les professionnels de santé sur l’application de politiques communes et d’une harmonisation des messages diffusés par les ONG.
Les membres du Partenariat ont un représentant de groupe qui siège au Conseil d’administration, chaque groupe ayant sa propre gouvernance interne, sa structure de communication et de fonctionnement. Le Partenariat s’efforcera d’aller à la rencontre de tous ses membres et de nouer avec chacun le dialogue, soit par l’intermédiaire des représentants pertinents au Conseil d’administration, soit directement, selon ce qui conviendra.
Le Partenariat jouera un rôle de rassembleur et de facilitateur auprès de ses partenaires
Épaulant ses partenaires dans leur action, le Partenariat s’emploiera à jouer un rôle de facilitateur et de rassembleur afin de faire intervenir tous les protagonistes de manière participative et transparente, à savoir :
- Rassembler. Il s’agira d’offrir aux partenaires une tribune leur permettant de débattre et d’approuver les moyens d’harmoniser leurs activités actuelles et nouvelles (de pouvoir remodeler leur conception compte tenu des nouvelles informations disponibles et de coordonner la mise en œuvre des interventions) et de catalyser les activités et approches nouvelles.
- Faciliter. Le Partenariat facilitera activement l’échange entre partenaires (connaissances, innovations, collaborations, etc.) pour tous les objectifs stratégiques et domaines pertinents tendant à améliorer la continuité des soins de santé. Par exemple, il rassemblera les partenaires pour qu’ils examinent les évaluations de la situation actuelle et les progrès accomplis à l’égard des OMD et les approuvent. Cette démarche accompagnera les discussions des partenaires concernant les approches relatives à la mise à disposition des interventions essentielles dans les pays durement touchés.
L’action du Partenariat s’inspirera de la demande des pays et des priorités régionales
Le Partenariat adoptera une approche conforme aux plans nationaux et aux initiatives régionales (comme la Campagne pour la réduction accélérée de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA)26). De ce fait, les activités s’inspireront de la demande effective et des plans de santé nationaux, tels qu’ils ont été formulés par chaque pays, et se fonderont sur les meilleures pratiques mondiales, dont les Principes de Paris et le Programme d’action d’Accra.
Les gouvernements des pays durement touchés sont un groupe essentiel au sein du Partenariat. Ils peuvent fournir une rétro-information, échanger leurs expériences et orienter le débat sur la façon dont leurs meilleurs homologues peuvent contribuer à leurs activités, et coordonner leur action avec les initiatives de développement interne. Toutes les activités du Partenariat vont, par conséquent, respecter le principe de l’appui aux plans nationaux existants. Un thème transversal applicable à tous les objectifs stratégiques pourrait permettre d’intensifier les efforts pour que le groupe des pays participe efficacement.
La définition des meilleures pratiques et possibilités de développer la participation multilatérale des pays, via les partenaires, se poursuivra à mesure que le Plan de travail 2012-2015 avancera.
Le Partenariat continuera de promouvoir le protocole de continuité des soins
La notion de « continuité des soins » est maintenant reconnue comme étant la meilleure approche pour améliorer la santé de la femme et de l’enfant. Elle comprend des séries d’interventions efficaces en la matière – couvrant la période allant de l’avant-grossesse au cinquième anniversaire de l’enfant – qui sont prodiguées soit par les familles et les communautés, soit par les établissements de soins. La notion de « continuité des soins » aide à polariser l’attention sur l’efficacité de la prestation de services de santé, à combler les lacunes qui se font jour et à mettre en lumière les besoins de ressources humaines et financières. Elle est tributaire du bon fonctionnement du système de santé, mais en est aussi le catalyseur.
La continuité des soins s’inscrit dans deux dimensions : i) le cycle de vie et ii) le lieu de dispense des soins. En voici les principaux éléments :
- La dimension « cycle de vie ». Le cycle de vie pertinent est censé démarrer avant la grossesse et, dans le contexte de la santé génésique et sexuelle des femmes, se prolonger pendant la grossesse, l’accouchement, englober la petite enfance du bébé et la santé de sa mère. Les étapes du cycle de vie sont naturellement interdépendantes. La santé génésique aura une incidence sur la grossesse, et la santé de la femme enceinte se répercutera sur celle du nouveau né. À ce titre, les interventions conduites tout au long du cycle de vie doivent être corrélées et solidaires. Par exemple, le cas échéant, les soins prénatals devraient promouvoir la prévention de la transmission de la maladie de la mère à l’enfant,27 la présence d’une accoucheuse qualifiée et le maintien en vie des mères ; à leur tour, ils devraient être associés aux soins post partum, qui s’adressent à la mère et au nourrisson. En permettant de définir la nature des séries intégrées de soins et les modalités applicables à leur dispense, le concept de « continuité des soins » peut être un cadre efficace pour améliorer la qualité de la prestation de services.
- La dimension « lieu de dispense des soins ». De même, la question de savoir où et comment prodiguer les soins témoigne d’une interdépendance. L’éducation des ménages aidera à prévenir les complications sanitaires ; la qualité des soins dispensés dans les communautés réduira le nombre d’hospitalisations ; et la fiabilité des systèmes d’orientation recours pour les soins de santé primaires facilitera le traitement des affections aiguës. Les interventions essentielles qui concernent les problèmes touchant les femmes et les enfants doivent donc être pratiquées à tous les niveaux du système sanitaire – de la maison à la communauté en passant par l’hôpital. Cette dimension inhérente à la continuité des soins reconnaît l’importance du système sanitaire dans son ensemble. Elle reconnaît aussi qu’un système de santé qui fonctionne bien comprend des composantes telles que le personnel de santé, la prestation de services sanitaires, les systèmes d’information sanitaire, les produits médicaux, les vaccins et les technologies, le financement de la santé, l’encadrement et la gouvernance de la santé. En d’autres termes, lorsque les services définis via le protocole de « continuité des soins » seront en place, le système de santé s’en trouvera renforcé.
Ces deux dimensions de la continuité des soins offrent un « espace » permettant de recenser les interventions essentielles reposant sur des bases factuelles et de les mettre en œuvre dans des pays durement touchés, comme le montre la Figure 1.
Dans cet espace, par exemple, il y aura des interventions visant l’avant-grossesse qui pourraient être assurées dans le cadre du foyer, de la communauté et de l’hôpital. De la même manière qu’il y a des interventions communautaires qui s’inscrivent dans toute la durée du cycle de vie. Le principal avantage de l’approche reposant sur la continuité des soins tient à ce qu’elle permet aux partenaires de définir et de mettre en œuvre des interventions qui sont solidaires d’une dimension à l’autre, et de répertorier et traiter toute lacune (par exemple, l’absence d’intervention lors d’un accouchement à domicile) – comme celles qui font l’objet de la Figure 2.