Sommaire du savoir sur la santé des femmes et des enfants #16 Les parlementaires

Editeur: Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant
Date de publication: 2011
Langue: anglais, français


Le problème

Des milliers de femmes et des millions d’enfants meurent chaque année de causes qui sont évitables. Plus de 350 000 décès parmi les femmes sont attribués à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement, alors qu’en 2008, 22 millions d’avortements ont été pratiqués dans des conditions dangereuses. Environ 7,6 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2010, et plus de 40 % (3,3 millions) de ces décès sont survenus au cours du premier mois suivant la naissance. On dénombre également 2,6 millions d’enfants mort-nés chaque année dans le monde. Ces pertes de vie inutiles équivalent au refus du droit à la vie de ces femmes et enfants. Récemment, cette affirmation a été reconnue par la résolution du Conseil des droits de l’homme sur la mortalité et morbidité maternelles évitables et droits de l’homme.

Moins de femmes et de bébés sont morts de complications liées à la grossesse et à l’accouchement en 2008 qu’en 1990. Cependant, la réduction annuelle moyenne du taux de mortalité maternelle s’élevait à 2,3 % par année (de 1990 à 2008), au lieu de 5,5 %, soit le taux requis pour atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD). Bien que la mortalité des enfants de moins de cinq ans ait décliné à un taux de 2,2 %, la mortalité néonatale a seulement diminué de 1,7 % par année (de 1990 à 2010), alors que le taux requis pour atteindre l’OMD 4 se situe à 4,4 % par année.

Les progrès en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile (SRMNI) peuvent s’accélérer, si les interventions connues, éprouvées et rentables sont mises en œuvre. Il faut toutefois surmonter les contraintes actuelles. Bien que les solutions techniques, les améliorations de la qualité et les ressources accrues soient évidemment des éléments essentiels, la volonté politique revêt une importance fondamentale. En effet, les parlementaires peuvent fournir le leadership dynamique pour générer une telle volonté et s’assurer que les actions requises soient prises.

Pourquoi des parlementaires?

Le rôle des parlementaires consiste à représenter leurs électeurs, à légiférer, à examiner en profondeur les budgets et à les cautionner, ainsi qu’à surveiller les actions du gouvernement. C’est pourquoi leur présence a une incidence dans la détermination du bien-être des femmes et des enfants.

Défense des droits : En tant que représentants de la population, les parlementaires servent de canaux pour soulever des sujets de préoccupation qui concernent le bien-être des femmes et des enfants. Les parlementaires occupent une position unique pour jouer ce rôle étant donné leurs connaissances directes des réalités locales, ainsi que leur influence pour initier des actions visant à traiter les problèmes locaux. Ainsi, les parlementaires peuvent être des porte-parole et des modèles d’identification en matière d’égalité des sexes et de promotion de la SRMNI. En Ouganda, l’action marquée des parlementaires a permis de convaincre le gouvernement de créer une ligne budgétaire pour l’achat de contraceptifs. Ceux-ci ont également discuté de la nécessité d’allouer davantage de ressources pour des produits de base. Le Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires d’Ouganda recommande activement d’accorder la priorité aux besoins des mères, des nouveau-nés et des enfants en matière de santé. Au Royaume-Uni, le All Party Parliamentary Group on Population, Development and Reproductive Health a fait la promotion du programme d’action de la CIPD au moyen de projets de lois, de réunions, de débats et de consultations.

Élaboration de politiques et de lois : Les lois et les politiques sont élaborées dans le cadre de processus consultatifs au cours desquels les parlementaires jouent un rôle déterminant.

En effet, d’importantes lois et politiques socio-économiques, en particulier celles qui influent sur le bien-être et le statut des femmes, comme celles interdisant la violence contre les femmes et les enfants, protégeant les droits de propriété des femmes, entre autres, ont fait l’objet de débats et d’une législation par les parlements. Les femmes parlementaires, et souvent les caucus de femmes parlementaires, ont fréquemment pris les devants dans ce domaine. Par exemple, le Forum des femmes rwandaises parlementaires, qui recoupe les différents partis, s’est révélé très efficace pour apporter des changements en vue d’améliorer la santé des femmes et des enfants.

Responsabilisation : Les parlementaires du monde entier fournissent un leadership pour veiller à la responsabilisation de leur gouvernement dans la réalisation de progrès. La SRMNI fait partie des enjeux que les parlements peuvent mettre en avant afin de souligner la nécessité d’une responsabilisation accrue. Les parlementaires ont accès à des informations provenant de mécanismes de responsabilisation complémentaires, comme celles du vérificateur général, qui peut les aider à examiner les décisions du gouvernement. Les parlements peuvent également préconiser des affectations budgétaires qui répondent aux besoins des citoyens, ainsi qu’examiner les dépenses du gouvernement en les comparant à son crédit budgétaire et à ses engagements, et exiger que l’on fournisse des rapports sur les finances et les résultats. Par exemple, le Portfolio Committee on Finance en Afrique du Sud, qui comprend des parlementaires de tous les partis, examine les budgets pour que ceux-ci tiennent compte de la spécificité des genres, et pour s’assurer que les allocations budgétaires soient adéquates.

Pourquoi la SRMNI?

Les impératifs que tout pays doit manifester, à savoir une attention particulière et un investissement, pour la SRMNI s’effectuent sur deux plans : les droits de la personne et le développement national.

Les adolescentes, les femmes, les nouveau-nés et les enfants détiennent le droit à la survie et le droit de jouir du meilleur état de santé qu'ils soient capables d'atteindre. De plus, les filles et les femmes ont le droit de décider librement et de manière responsable du nombre d’enfants qu’elles auront et de leur espacement, de même que le droit de ne pas souffrir de discrimination associée à leur choix. Les décès et les états d’incapacité et de mauvaise santé évitables découlant de la conception, de la grossesse et de l’accouchement sont par conséquent des « enjeux en matière de droits de la personne ».

Soins refusés : droits refusés. Des soins de santé cliniquement efficaces et sécuritaires pour les femmes et les enfants ne sont pas toujours disponibles pour un grand nombre, bien que ceux-ci représentent un droit. L’accès à ces soins est influencé par les niveaux de revenu, l’éducation, le lieu de résidence, le statut socio-culturel des femmes, l’âge, etc. Les systèmes de santé manquant de ressources et équipements, ainsi que l’absence de politiques de soutien, sont responsables à parts égales des inégalités d’accès aux soins liés à la SRMNI.

La continuité des soins pour la SRMNI comprend la prestation de services intégrés aux femmes et aux enfants, de la période précédant la grossesse à l’accouchement, et de la période postnatale ainsi que durant l’enfance. Ils sont offerts par les familles et les collectivités, par le biais de services en consultation externe, de cliniques et d’autres établissements de santé. La réalisation d’interventions éprouvées sous forme d’ensembles de soins à tous les stades est cruciale pour la sauvegarde de la vie de la femme, du nouveau-né et de l’enfant. L’accès à la contraception et à des services de planification familiale peut permettre de prévenir des grossesses non désirées, des avortements pratiqués dans des conditions dangereuses et de sauver un grand nombre de vies. La prise en charge qualifiée à l’accouchement et les soins obstétricaux d’urgence peuvent rendre l’accouchement plus sécuritaire pour les mères et les nouveaux-nés. Lorsque la mère survit à l'accouchement, les chances de survie du nouveau-né et de ses autres enfants s’améliorent également.

Pourquoi maintenant?

Alors que nous nous rapprochons de la date-cible de 2015 des objectifs du Millénaire pour le développement, on dénote actuellement un intérêt et un élan politique renouvelés concernant les enjeux de la SRMNI. Les parlementaires doivent saisir ce moment opportun pour s’engager activement à faire progresser la SRMNI, alors que l’on assiste à l’émergence de plusieurs opportunités pour renforcer les liens.

La Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant, lancée en septembre 2010 par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a permis de rassembler des gouvernements, des donateurs, des organismes multilatéraux, la société civile, des milieux universitaires, des professionnels de la santé et le secteur privé dans la consécration de ressources et l’élaboration de politiques en faveur de la santé de la femme et de l’enfant. La Stratégie mondiale perçoit le leadership des parlementaires comme un élément vital, car ceux-ci sont en mesure de « demander des comptes à leurs gouvernements locaux concernant leurs résultats. »

L’Union interparlementaire (UIP) s’est engagée formellement à soutenir la Stratégie mondiale conformément à son engagement à long terme visant à promouvoir la santé des femmes et des enfants. Cette décision fait suite à l’engagement de l’UIP :

  • à la Conférence du Compte à rebours vers 2015, en Afrique du Sud, en 2008;
  • à une réunion de La Haye, en 2008;
  • à une réunion de suivi à Kampala;
  • à la réunion de 2010 des Présidentes de parlement, à Berne, laquelle a donné lieu à une initiative visant à accroître l’action parlementaire afin d’améliorer la santé maternelle et infantile.

De plus, le Parlement panafricain a adopté une résolution en 2010 relativement à l’appui politique et budgétaire parlementaire pour la mise en œuvre de la Déclaration de l’Union africaine sur la santé maternelle, néonatale et infantile et le développement en Afrique. Voici quelques exemples seulement parmi les nombreuses initiatives qui témoignent de l’impulsion de l’investissement des parlementaires à la SRMNI.

La Commission de l’information et de la redevabilité pour la santé de la femme et de l’enfant. Les engagements générés par la Stratégie mondiale se concentrent sur la « réduction des barrières financières, la création d’un environnement politique plus fort à l’égard de la santé maternelle et infantile, ainsi que le renforcement et l’amélioration de la prestation des services de santé ». Ces mesures ont également fait en sorte que la production de rapports, la surveillance et la responsabilisation soient nécessaires pour s’assurer que les engagements se traduisent par des actions et des résultats sur le terrain. La Commission, qui a achevé son travail en septembre 2011, a proposé un cadre en matière de production de rapports, de surveillance et de responsabilisation. À présent, un Groupe d’examen composé d’experts est chargé de suivre le processus de mise en œuvre. Les parlementaires ont un rôle crucial à jouer, soit de responsabiliser les gouvernements à produire des rapports, d’examiner les dépenses publiques et de surveiller le rendement des gouvernements.

Conclusion

L'Union interparlementaire vise à « améliorer l’accès à des services de santé améliorés pour les femmes et les enfants et à responsabiliser davantage les acteurs de la santé publique », tout en apportant « une assistance ciblée visant à renforcer les fonctions législatives et de contrôle des parlements dans les pays où femmes et enfants n’ont pas un accès équitable aux services de santé de base ». Ce soutien en vue de la Stratégie mondiale de la part des parlements est crucial pour assurer les droits des femmes et des enfants de jouir du meilleur état de santé qu’ils soient capables d’atteindre.

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Note: Le texte intégral ainsi que tous les graphiques, tableaux et références des Sommaires du Savoir sont disponibles seulement dans les versions pdf.