Les activistes disent aux décideurs du G8 que le progrès dans la lutte contre la pauvreté est menacé

16 AVRIL 2010 | VANCOUVER - Les décideurs du monde ont reçu un message puissant de la part des défenseurs des personnes les plus pauvres du monde. Les promesses ne suffisent pas. Selon l’OECD, il manque 18 milliards $ pour respecter les engagements du G8 envers la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. Les conséquences du changement climatique empirent les vies de millions de personnes en Afrique et en Asie. Le Canada doit tenir les pays membres responsables de leurs engagements lors du Sommet du G8 à Muskoka en juin.

Les « sherpas » du G8 – les hauts fonctionnaires qui tracent le parcours pour leurs dirigeants politiques – sont à Vancouver afin de finaliser l’ordre du jour du Sommet. Ils ont tenu un dialogue avec la société civile du G8 aujourd’hui, où étaient présents 60 activistes mondiaux de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique latine, du Canada et des États-Unis. Tous étaient d’accord que le G8 accuse un retard dans ses propres engagements et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement dont l'échéance est 2015.

« La bonne nouvelle, c’est que nous avons pu leur montrer de réels progrès en matière d'éducation et de lutte contre la maladie, telle que la tuberculose et la malaria, » a déclaré Gerry Barr, président du Conseil d’administration d’Abolissons la pauvreté et chef de la direction du Conseil canadien pour la coopération internationale. « Mais tout cela régresse en raison des effets du changement climatique, de la crise économique et notamment du désistement de certains pays du G8 à payer ce qu'ils avaient promis. »

« Nous avons essayé de tous leur faire comprendre le besoin de suivre l'initiative canadienne en matière de santé de la mère et de l’enfant avec du nouvel argent pour des initiatives pressantes » a expliqué la Dre Dorothy Shaw du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant. « Nous venons tout juste de voir de nouvelles statistiques prometteuses qui démontrent que lorsque la bonne combinaison d’interventions est mise en œuvre, le taux de mortalité maternelle baisse. »

Le journal médical prestigieux The Lancet a publié cette semaine un sondage montrant une baisse de la mortalité maternelle, notamment en Chine et en Inde où la croissance économique augmente et où les gouvernements et les donateurs ont tous deux investi davantage dans les programmes maternels.

Mais les délégués faisant pression sur les équipes du G8 pour un plan d'action visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à aider les pays durement frappés à s'adapter n'ont reçu aucune indication que leur message a été entendu.

« Nous demandons un plan décisif qui permettra de combattre le changement climatique, » a annoncé Zoë Caron, de WWF-Canada. Le choix est clair pour le G8 de juin : amenez-nous à cette transformation vers une économie verte et propre. » Mais le Canada semble réticent à prendre des initiatives réelles de son propre chef et a décidé pour la première fois de l’histoire récente du G8, de ne pas tenir une réunion des ministres de l’Environnement.

Les activités de lutte contre le SIDA ont décrit aux sherpas comment le progrès en matière d'accès au traitement a permis d’aider plus de 4 millions de personnes vivant avec le virus du VIH. « Comparativement à il y a dix ans, c’est une bonne nouvelle, mais ça ne suffit pas pour atteindre les objectifs que le G8 s’était donné pour l’accès universel. Masaki Inaba, de l’AMCP du Japon, a déclaré que le monde « a besoin d’un effort massif afin d’atteindre ce besoin vital. » Nous incitons les pays donateurs à ne pas utiliser la crise économique comme excuse pour ne pas ajouter les ressources nécessaires. »

Le G8 avait promis de faire une priorité de la responsabilisation envers ses engagements. Responsabiliser les pays riches est une bonne nouvelle pour Glenn Farred, le délégué de l’AMCP de l’Afrique du Sud. « Mais un simple rapport sur les progrès du G8 ne suffit pas. Nous leur avons dit que nous avons besoin de garantir la réalisation de ces promesses et de mécanismes pour s’assurer que les pays receveurs soient obligés de rendre compte du financement qu'ils reçoivent. »

Personne-ressource

Kelly Crichton
Coordonnatrice des médias
ABOLISSONS LA PAUVRETÉ
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