Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant
Avant-propos du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
Auteur(s): Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
Editeur: Partenariat pour la Santé de la Mère, du Nouveau Né et de l'Enfant
Date de publication : 2010
Nombre de pages: 20
Langues: arabe, chinois, anglais, français, russe, espagnol
Chaque année, des millions de femmes et d’enfants meurent de causes évitables. Ce ne sont pas là de simples statistiques. Il s’agit d’êtres humains qui ont un nom et un visage. Leurs souffrances ne sont pas acceptables au XXIe siècle. Par conséquent, nous devons faire davantage pour le nouveau-né afin qu’il ne succombe pas à une infection faute d’une banale injection ; pour le jeune garçon que la malnutrition privera d’une pleine croissance. Nous devons faire davantage pour l’adolescente confrontée à une grossesse non désirée ; pour l’épouse qui apprend sa séropositivité au VIH ; et pour la femme enceinte dont l’accouchement présente des complications.
Ensemble, nous devons engager sans attendre un effort décisif pour améliorer la santé des femmes et des enfants du monde entier. Nous savons ce qui fonctionne. Dans certains pays, nous avons accompli des progrès substantiels en peu de temps. Ce qu’il faut, c’est qu’en oeuvrant au renforcement des systèmes de santé, nous affirmions notre détermination collective à assurer l’accès universel aux services de santé essentiels et aux interventions éprouvées qui sauvent des vies. Le champ d’action est vaste : il va de la planification familiale et de la réalisation des accouchements dans de bonnes conditions de sécurité à l’élargissement de l’accès aux vaccins ou aux traitements contre le VIH et le sida, le paludisme, la tuberculose, la pneumonie et d’autres maladies négligées. Les besoins varient d’un pays à l’autre en fonction des ressources et des moyens de chacun. Souvent, les solutions sont très simples : approvisionnement en eau salubre, allaitement exclusif au sein, nutrition et éducation à la prévention des maladies, pour n’en citer que quelques-unes.
La Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant s’attaque de front au problème. Elle définit les principaux domaines où il faut agir d’urgence pour accroître les financements, renforcer les politiques générales et améliorer la fourniture des services. Ces domaines sont les suivants :
- soutien aux plans de santé pilotés par les pays, par des investissements accrus, prévisibles et durables ;
- prestation intégrée de services de santé et d’interventions qui sauvent des vies – de façon que les femmes et les enfants puissent avoir accès à la prévention, aux traitements et aux soins quand et où ils en ont besoin ;
- renforcement des services de santé, qu’il faudra doter d’un noyau d’agents de santé qualifiés en nombre suffisant ;
- mise en place d’approches novatrices pour le financement, l’élaboration de produits et la fourniture efficiente de services de santé ;
- amélioration du contrôle et de l’évaluation pour faire en sorte que tous les acteurs doivent rendre des comptes pour les résultats obtenus.
Je remercie les nombreux gouvernements, organisations internationales et non gouvernementales, entreprises, fondations, groupes intéressés et défenseurs des droits qui ont pris part à l’élaboration de cette Stratégie mondiale. Nous avons accompli un premier pas. Il nous appartient à tous de faire en sorte que ce plan change véritablement le cours des choses. J’invite chacun à assumer le rôle qui est le sien. La réussite sera au rendez-vous si nous concentrons notre attention et nos ressources sur les personnes, non sur les affections dont elles souffrent, sur la santé, non sur la maladie. Avec des politiques pertinentes, un financement suffisant et équitablement réparti et une détermination inébranlable à fournir les prestations promises à ceux qui en ont le plus besoin, nous pouvons avoir, et nous aurons, un réel impact sur la vie des générations actuelles et futures.
Ban Ki-moon, New York, Septembre 2010