Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant


Introduction

Alors qu’il nous reste à peine 5 ans pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les dirigeants de la planète doivent redoubler d’efforts pour améliorer la santé de la femme et de l’enfant. La communauté mondiale n’a pas investi suffisamment dans la santé des femmes, des adolescentes, des nouveau-nés, des nourrissons et des enfants en général. Il en résulte que des millions de décès évitables surviennent chaque année1 et que l’OMD 5 – améliorer la santé maternelle – est celui pour lequel nous sommes le moins avancés.

Pourtant, la possibilité s’offre aujourd’hui à nous d’accomplir des progrès réels et durables – les dirigeants mondiaux s’accordant de plus en plus à reconnaître que la santé des femmes et des enfants est la clé pour atteindre tous les objectifs de développement.

La présente Stratégie mondiale exige de tous les partenaires qu’ils s’unissent et agissent en concertation. Tous – gouvernements, société civile, organisations communautaires, institutions mondiales et régionales, donateurs, fondations philanthropiques, organismes des Nations Unies et autres organisations multilatérales, banques de développement, secteur privé, personnels de santé, associations professionnelles, universitaires et chercheurs – ont un rôle important à jouer.

Sauver 16 millions de vies d’ici

Chaque année, quelque 8 millions d’enfants meurent de causes évitables et plus de 350 000 femmes décèdent de complications évitables liées à la grossesse ou à l’accouchement.1 Si nous parvenons à combler les lacunes évoquées dans le présent document, les gains seront énormes. Pour la seule année 2015, atteindre les cibles fixées pour l’OMD 4 (Réduire de deux tiers la mortalité des enfants de moins de 5 ans) et l’OMD 5 (Réduire de trois quarts la mortalité maternelle et assurer l’accès universel à la santé génésique) permettrait de sauver les vies de 4 millionsd’enfants et de quelque 190 000 femmes.

Dans les 49 pays du monde ayant le revenu le plus faible, les progrès seraient gigantesques. Entre 2011 et 2015, nous pourrions prévenir les décès de plus de 15 millions d’enfants de moins de 5 ans, dont plus de 3 millions de nouveau-nés. Nous pourrions aussi prévenir 33 millions de grossesses non désirées et empêcher que 570 000 femmes environ meurent de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Nous pourrions en outre éviter à 88 millions d’enfants de moins de 5 ans des retards de croissance et en protéger 120 millions contre la pneumonie.

Des avancées réelles sont parfaitement possibles. On en constate déjà dans certains des pays les plus pauvres du monde, où la santé de la femme et de l’enfant a été placée parmi les grandes priorités des programmes de santé nationaux

Grâce aux innovations intervenues dans les domaines de la technologie, des traitements et de la prestation des services, il est désormais plus facile de dispenser des soins mieux adaptés et plus efficaces, tandis que des mécanismes de financement existants ou nouveaux rendent ces soins plus abordables et plus accessibles. En investissant encore davantage dans ces domaines, nous observerons des améliorations importantes. Aujourd’hui déjà, il y a chaque jour 12 000 décès d’enfants de moins qu’en 1990.2

Donner la priorité aux plus vulnérables

La présente Stratégie est centrée sur les périodes où femmes et enfants sont le plus vulnérables. Pour les femmes enceintes comme pour les nouveau-nés, c’est pendant l’accouchement et les quelques heures et jours qui suivent que le risque de décès est le plus élevé. Les adolescents aussi sont vulnérables, et nous devons faire en sorte qu’ils aient la maîtrise de leurs choix de vie, y compris de leur fécondité.

Il faut pour cela vouer une attention particulière aux femmes et aux enfants les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre : les plus démunis, ceux qui vivent avec le VIH/sida, les orphelins, les membres des populations autochtones et les groupes les plus éloignés des services de santé.

Le moment est venu pour tous les partenaires d’unir leurs forces dans le cadre d’un effort concerté. Il s’agit concrètement d’élargir la couverture d’un ensemble d’interventions à fort impact et de leur donner la priorité, de renforcer les systèmes de santé et d’intégrer les efforts consacrés à diverses maladies et à des secteurs tels que ceux de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement et de la nutrition. Il s’agit aussi de promouvoir les droits de l’homme, l’égalité des sexes et la réduction de la pauvreté.

Tous les acteurs devraient s’employer à optimiser les investissements actuels. Tous sont comptables de leurs engagements et tous doivent mobiliser les financements additionnels et prévisibles nécessaires pour assurer les services de santé essentiels et atteindre les OMD liés à la santé.

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« La possibilité s’offre aujourd’hui à nous d’accomplir des progrès réels et durables – les dirigeants mondiaux s’accordant de plus en plus à reconnaître que la santé des femmes et des enfants est la clé pour atteindre tous les objectifs de développement. »