Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant


Collaborer pour accélérer les progrès

éléments clés de la Stratégie mondiale

Nous savons ce qui fonctionne : il faut que les femmes et les enfants aient accès à un ensemble intégré d’interventions et de services essentiels assurés par des systèmes de santé efficaces. De nombreux pays réalisent déjà des progrès. En Tanzanie, par exemple, le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans a chuté de 15-20 % grâce à la généralisation d’interventions telles que les programmes de vaccination, la supplémentation en vitamine A et la prise en charge intégrée des maladies de l’enfance. Sri Lanka est parvenu à réduire la mortalité maternelle de 87 % au cours des 40 dernières années en faisant en sorte que 99 % des femmes enceintes bénéficient de quatre consultations prénatales et accouchent dans un établissement de santé.

Nous savons ce que nous devons faire. Conformément aux principes de la Déclaration de Paris, du Programme d’action d’Accra et du Consensus de Monterrey, tous les partenaires doivent collaborer étroitement dans les domaines suivants :

Plans de santé pilotés par les pays.. Les partenaires doivent appuyer les plans nationaux de santé chiffrés existants pour améliorer l’accès aux services. Ces plans portent sur les ressources humaines, le financement, ainsi que la fourniture et le suivi d’un ensemble intégré d’interventions.

Un ensemble intégré et complet d’interventions et de services essentiels.. Les partenaires doivent faire en sorte que les femmes et les enfants aient accès à un ensemble universel de prestations garanties, notamment l’information et les services en matière de planification familiale ; les soins prénatals, néonatals et postnatals ; les soins obstétricaux et néonatals d’urgence ; des soins dispensés par du personnel qualifié lors de l’accouchement dans des établissements appropriés ; des services d’avortement dans de bonnes conditions de sécurité (lorsque l’avortement n’est pas interdit par la loi) ; et la prévention du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles. Les interventions devraient également comprendre : l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois ; les vaccins et la vaccination ; la thérapie de réhydratation orale et la supplémentation en zinc pour traiter la diarrhée ; le traitement des principales maladies de l’enfance ; l’administration de compléments nutritionnels (vitamine A, par exemple) ; et l’accès à des aliments prêts à l’emploi appropriés pour prévenir et traiter la malnutrition.

Soins intégrés.La prise en charge intégrée améliore la promotion de la santé et aide à prévenir et à traiter des maladies telles que la pneumonie, la diarrhée, le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose et les maladies non transmissibles. Il faut établir des liens plus étroits entre les programmes relatifs à des maladies particulières (VIH/sida, paludisme et tuberculose, par exemple) et les services destinés aux femmes et aux enfants (Programme élargi de vaccination, santé sexuelle et génésique et prise en charge intégrée des maladies de l’enfance, par exemple). Les partenaires devraient coordonner eurs efforts avec ceux que mènent les intervenants dans d’autres secteurs pour traiter de questions qui ont une incidence sur la santé, telles que l’assainissement, l’accès à une eau de boisson salubre, la malnutrition, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Renforcement des services de santé.. Les partenaires doivent appuyer les efforts de renforcement des systèmes de santé pour fournir des services intégrés de qualité. Ils devraient étendre la couverture des services existants, en particulier au niveau communautaire et en faveur des populations mal desservies, et gérer plus efficacement des ressources limitées. Il faut aussi qu’ils construisent davantage de structures sanitaires pour permettre aux personnes vulnérables d’avoir accès aux compétences médicales et aux médicaments.

Renforcement des effectifs de santé.. Les partenaires doivent s’employer ensemble à remédier aux graves pénuries d’agents de santé à tous les niveaux. Ils doivent fournir un appui concerté et cohérent pour aider les pays à élaborer et à mettre en oeuvre des plans de santé nationaux prévoyant des stratégies pour former, fidéliser et affecter des professionnels de la santé.

Recherche coordonnée et innovation.. Les partenaires doivent trouver des moyens novateurs pour dispenser des soins de qualité et élargir les programmes de recherche destinés à mettre au point de nouvelles interventions (vaccins, médicaments et dispositifs de diagnostic, par exemple). Ils doivent élaborer, financer et mettre en oeuvre un programme mondial de recherche hiérarchisé et concerté en faveur de la santé de la femme et de l’enfant, et renforcer les établissements et systèmes de recherche des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Le « Consensus mondial pour la santé de la mère, du nouveauné et de l’enfant » (voir Figure 1), élaboré et adopté par toute une série de parties prenantes, propose une démarche pour accélérer les progrès. Il met l’accent sur la nécessité d’articuler les politiques, l’investissement et les prestations autour d’un ensemble cohérent d’interventions prioritaires recouvrant ce que les professionnels de la santé appellent le « continuum des soins », et il offre aux parties prenantes un cadre pour agir en concertation.

Figure 1. Le Consensus mondial pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant

La santé de la femme et de l’enfant et les objectifs du Millénaire pour le développement

La santé de la femme et de l’enfant, qui fait l’objet des OMD 4 et 5, intervient dans la réalisation de tous les OMD :

Éliminer l’extrême pauvreté et la faim (OMD 1). La pauvreté favorise les grossesses non désirées et la mortalité et la morbidité liées à la grossesse chez les adolescentes et les femmes, et la sous-alimentation et d’autres facteurs en rapport avec la nutrition interviennent pour 35 % dans les décès d’enfants de moins de 5 ans, en même temps qu’ils nuisent à la santé des femmes. Faire payer moins cher les services de santé réduit la pauvreté et incite davantage les femmes et les enfants à consulter. De nouveaux efforts sont nécessaires au niveau communautaire pour que les interventions nutritionnelles (promotion de l’allaitement maternel exclusif pendant 6 mois, supplémentation en micronutriments et déparasitage, par exemple) fassent partie des soins courants.

Assurer l’éducation primaire pour tous (OMD 2). L’égalité des sexes n’est pas encore une réalité dans le domaine de l’éducation. Elle est pourtant essentielle car si les filles et les femmes sont instruites, les perspectives d’avenir de toute la famille se trouvent améliorées, ce qui contribue à rompre le cycle de la pauvreté. En Afrique, par exemple, les enfants ont 40 % de chances de plus de vivre au-delà de l’âge de 5 ans si les mères ont été scolarisées pendant au moins 5 ans. Les écoles peuvent servir de points de contact pour les femmes et les enfants : elles permettent de communiquer des informations relatives à la santé, d’offrir des services et de promouvoir l’éducation sanitaire.

Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (OMD 3). L’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes ont une incidence positive sur la santé de la femme et de l’enfant en augmentant les choix en matière de procréation, en réduisant le nombre de mariages précoces et en constituant un instrument de lutte contre la discrimination et la violence sexiste. Les partenaires devraient étudier les moyens de coordonner leurs programmes de sensibilisation et d’éducation (y compris ceux qui s’adressent aux hommes et aux garçons) avec les travaux des organisations oeuvrant pour l’égalité des sexes. Des programmes communs pourraient être envisagés, notamment, pour les services de planification familiale et d’éducation sanitaire et les dispositifs permettant de repérer les femmes exposées au risque de violences conjugales.

Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies (OMD 6). Beaucoup de femmes et d’enfants meurent inutilement de maladies que nous avons les moyens de prévenir et de traiter. En Afrique, un traitement efficace du VIH/sida, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME), et la prévention et le traitement du paludisme ont permis de réduire la mortalité de la mère et de l’enfant. Nous devrions coordonner les actions que nous menons dans ces domaines, par exemple en intégrant la PTME dans les services de santé destinés à la mère et à l’enfant et en proposant aux mères qui présentent leurs enfants pour les faire vacciner d’autres interventions essentielles.

Assurer un environnement durable – accès à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement (OMD 7). Une eau insalubre et un assainissement insuffisant provoquent des maladies telles que la diarrhée, la fièvre typhoïde, le choléra et la dysenterie, en particulier chez les femmes enceintes, d’où l’importance cruciale d’un accès durable à une eau de boisson salubre et à des installations sanitaires appropriées. Les efforts communautaires en matière de santé doivent viser à mener une action éducative auprès des femmes et des enfants au sujet de l’assainissement et à améliorer l’accès à une eau de boisson salubre.

Mettre en place un partenariat mondial pour le développement (OMD 8). Il est indispensable d’établir un partenariat mondial et de fournir de manière efficace une aide et des financements suffisants. Il faut en outre poursuivre la collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques et le secteur privé pour donner accès aux médicaments essentiels à un prix abordable aux personnes qui en ont le plus grand besoin et permettre à celles-ci de bénéficier des nouvelles technologies et connaissances.

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