Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant


Nous responsabiliser

Une démarche de responsabilisation est fondamentale. Elle garantit que tous les partenaires respectent leurs engagements, permet de voir comment les actions et les investissements engagés se traduisent en résultats tangibles et sont porteurs de meilleurs résultats à long terme, et de savoir ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et ce qui appelle une plus grande attention. Les principes de base sont les suivants :

  • mise en avant du leadership national et de l’appropriation des résultats par les pays ;
  • renforcement de la capacité de contrôle et d’évaluation des pays ;
  • allégement de la charge que représente la notification, par un alignement sur les dispositifs que les pays utilisent pour contrôler et évaluer leurs stratégies sanitaires nationales ;
  • renforcement et harmonisation des mécanismes internationaux existants permettant de suivre les progrès accomplis au regard de tous les engagements pris.

Figure 3. Mécanisme de suivi des progrès

Le principe duleadership national et de l’appropriation par les pays est le fondement de la responsabilisation. Pour l’essentiel, le contrôle, l’évaluation et la notification ont lieu, ou du moins débutent, au niveau du pays, et les partenaires à tous les niveaux devraient s’efforcer de responsabiliser les pays pour leurs stratégies sanitaires nationales. Il faudrait que de vigoureux efforts communautaires soient menés pour rendre les gouvernements et les organisations comptables du respect de leurs engagements et garantir l’utilisation transparente des fonds. Ainsi, en Inde, la Mission nationale de la santé rurale est dotée d’un mécanisme communautaire de contrôle de la performance qui est chargé de s’assurer que les services atteignent leurs objectifs et que les communautés participent à leur mise en oeuvre.

Le renforcement des capacités nationales exige également que l’on effectue des estissements harmonisés dans les systèmes de contrôle et d’évaluation pour accroître la quantité de données disponibles et en améliorer la qualité. Ce soutien devra aller dans le sens des efforts des pays visant à renforcer leurs systèmes d’information sanitaire conformément à ce que préconise l’appel à l’action sur l’information dans ce domaine.36 Les investissements prioritaires seront différents selon les pays. Il pourrait s’agir, notamment, de combler les lacunes en ce qui concerne les données essentielles (relatives aux naissances, aux décès de mères et d’enfants, à la situation sanitaire et à la couverture des interventions), de suivre plus efficacement les ressources et les dépenses, et d’améliorer l’analyse de la qualité des données. Disposer de données essentielles est indispensable pour que les agents de santé soient en possession des informations dont ils ont besoin pour prendre des décisions.

Il convient d’utiliser également les mécanismes mondiaux existants à l’appui des efforts de responsabilisation aux niveaux national et mondial. Par exemple, un objectif clé du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveauné et de l’enfant (PSMNE) consiste à suivre les progrès accomplis et les engagements pris concernant les OMD 4 et 5. Plusieurs mécanismes sont à l’étude pour suivre les engagements financiers et les versements des donateurs, dont les évaluations par les pairs des politiques d’aide et de leur mise en oeuvre menées dans le cadre du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, et le rapport Countdown to 2015. On étudie actuellement d’autres mécanismes susceptibles d’être utilisés pour rendre compte du travail des organisations de la société civile et contribuer aux initiatives menées au niveau des pays, comme la promotion des comptes sanitaires nationaux pour le suivi des dépenses de santé, et l’initiative des Nations Unies destinée à mettre au point un outil unique pour l’évaluation des coûts.

L’allègement de la tâche de notification imposée aux pays favorisera un processus de contrôle, d’évaluation et de notification plus rapide, plus efficace et plus efficient. Il importe d’accélérer les efforts en vue d’élaborer un ensemble agréé d’indicateurs sanitaires de base, qui permettra de réduire le nombre total d’indicateurs que les pays doivent notifier tout en garantissant la collecte d’informations essentielles, notamment sur la question de savoir si des efforts sont entrepris pour instaurer l’égalité des sexes et fournir des services aux communautés vulnérables. Cela incitera également les pays à présenter régulièrement des rapports nationaux précis, qui permettront d’évaluer et de suivre les performances et les progrès accomplis. Grâce à cela, les donateurs et les institutions multilatérales devraient présenter moins de demandes de rapports séparés

Pour faire en sorte que les parties prenantes rendent compte de leurs engagements et que les progrès soient continus, il conviendrait de faire le point tous les deux ans sur la mise en oeuvre des engagements pris dans le cadre de la présente Stratégie mondiale, conformément à la pratique internationale établie. On s’appuiera pour ce faire sur les principes énoncés dans le présent document tout en veillant à ce que les initiatives existant aux niveaux national et mondial en matière de contrôle et de notification soient coordonnées et complètent l’élaboration d’un dispositif de présentation de rapports comparables de qualité.

Les initiatives et mécanismes actuels – tels que les rapports sur les OMD, Countdown to 2015, le Partenariat international pour la santé et initiatives apparentées, les travaux d’analyse et de recherche menés par des institutions universitaires et internationales, et d’autres processus similaires – guideront l’élaboration du rapport biennal. Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies invite l’Organisation mondiale de la Santé à assurer la présidence d’un processus visant à déterminer quelles sont les dispositions institutionnelles internationales les plus efficaces pour la présentation de rapports, la surveillance et la responsabilisation au niveau mondial concernant la santé de la femme et de l’enfant, notamment par l’intermédiaire du système des Nations Unies.

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« Le principe du leadership national et de l’appropriation par les pays est le fondement de la responsabilisation. Il faudrait que de vigoureux efforts communautaires soient menés pour rendre les gouvernements et les organisations comptables du respect de leurs engagements et garantir l’utilisation transparente des fonds. »