Santé sexuelle et reproductive

Prévalence des mutilations sexuelles féminines

Prévalence des mutilations sexuelles féminines et autres pratiques nocives

Les chiffres

Selon les estimations de l’OMS, entre 100 et 140 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi l’un des trois premiers types de mutilations.

Des estimations fondées sur les données les plus récentes en matière de prévalence montrent qu’en Afrique, 91,5 millions de femmes et de filles de plus de 9 ans vivent actuellement avec les conséquences de mutilations sexuelles féminines. Toujours en Afrique, on estime que 3 millions de filles par an risquent de subir ce type de mutilations.

L’existence de mutilation de types I, II et III est bien établie dans 28 pays d’Afrique et dans quelques pays d’Asie et du Moyen Orient (voir annexe 3). Certaines formes de mutilations sexuelles féminines sont également signalées dans d’autres pays, et notamment certains groupes ethniques d’Amérique centrale ou d’Amérique du Sud.

Avec le développement des migrations, on constate un accroissement du nombre de filles et de femmes vivant en dehors de leur pays d’origine qui ont subi des mutilations sexuelles (Yoder et al., 2004) ou risquent d’être soumises à cette pratique.

La prévalence des mutilations sexuelles féminines a été estimée à partir d’enquêtes nationales de grande ampleur, où l’on demandait à des femmes de 15 ans à 49 ans si elles avaient elles-mêmes subi une excision. Cette prévalence varie beaucoup, aussi bien d’une région ou d’un pays à l’autre qu’à l’intérieur d’une même région ou d’un même pays (voir la carte), l’appartenance ethnique étant le facteur le plus déterminant.

Dans sept pays, la prévalence nationale est très forte (plus de 85%); quatre pays ont une prévalence élevée (60% à 85%) ; dans sept autres pays, la prévalence est moyenne (30% à 40%) et, dans les neuf derniers pays, elle est faible, variant entre 0,6% et 28,2%. Toutefois, les moyennes nationales masquent des variations souvent prononcées d’une région à l’autre.

Le type de pratiques utilisées varie également, essentiellement en fonction de l’appartenance ethnique. D’après les estimations actuelles, environ 90% des mutilations sexuelles féminines sont des mutilations de types I ou II ou des cas où les organes génitaux des filles ont été «entaillés» mais sans ablation de tissu (type IV), et environ 10% des mutilations sont de type III (Yoder et Khan, 2007).

Prévalence des mutilations sexuelles féminines en Afrique et au Yémen (femmes âgées de 15 ans à 49 ans)

Pays où les mutilations sexuelles féminines ont été constatées

On trouvera ci-après la liste des pays dans lesquels des mutilations sexuelles féminines de types I, II, III et des mutilations sexuelles de type IV («entailles») ont été constatées comme constituant une pratique traditionnelle. L’estimation de la prévalence découle des données issues des enquêtes nationales (Enquête sur la démographie et la santé – DHS) publiées par Macro ou des enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS) publiées par l’UNICEF.


Pays Année Prévalence estimée chez les femmes et les jeunes filles
15 – 49 ans (%)
Bénin 2006 12.9
Burkina Faso 2006 72.5
Cameroun 2004 1.4
République centrafricaine 2008 25.7
Tchad 2004 44.9
Côte d’Ivoire 2006 36.4
Djibouti 2006 93.1
Égypte 2008 91.1
Érythrée 2002 88.7
Éthiopie 2005 74.3
Gambie 2005/6 78.3
Ghana 2006 3.8
Guinée 2005 95.6
Guinée-Bissau 2006 44.5
Kenya 2008/9 27.1
Liberia 2007 58.2
Mali 2006 85.2
Mauritanie 2007 72.2
Niger 2006 2.2
Nigeria 2008 29.6
Sénégal 2005 28.2
Sierra Leone 2006 94
Somalie 2006 97.9
Soudan, le nord (environ 80% de la population interrogée) 2000 90
Togo 2006 5.8
Ouganda 2006 0.8
Tanzanie 2004 14.6
Yemen 2003 38.2