Tuberculose (TB)

Tuberculose et appartenance sexuelle

La tuberculose chez la femme

Même si dans la plupart des régions du monde, la tuberculose touche et tue plus d’hommes que de femmes, elle est l’une des principales causes infectieuses de décès chez la femme. Chaque année, 750 000 femmes environ meurent de la tuberculose et plus de trois millions contractent la maladie, ce qui représente environ 17 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) perdues. Étant donné que la tuberculose touche principalement les femmes lorsqu’elles sont économiquement productives et en âge de procréer, leurs enfants et leur famille en ressentent aussi fortement les conséquences. La mortalité, l’incidence et les DALY perdues ne permettent pas de rendre compte de ces conséquences sociales cachées.

Qu’entend-on par «appartenance sexuelle»?

L’expression «appartenance sexuelle» désigne les représentations sociales des hommes et des femmes autres que les caractéristiques biologiques (liées au sexe). Le taux de notification des cas de tuberculose chez les hommes est peut-être partiellement dû à des différences épidémiologiques – en termes d’exposition, de risque d’infection et d’évolution vers la maladie. Certaines études indiquent qu’une plus grande proportion de femmes que d’hommes évoluent vers la tuberculose-maladie et que le taux de létalité est plus élevé dans les premières années où la femme est fertile.

Quelle stratégie?

Les obstacles à la prise en charge de la tuberculose liés à l’appartenance sexuelle varient énormément selon le contexte. Sur la base d’une revue de littérature et de visites sur le terrain, l'équipe Stratégie et opérations de lutte antituberculeuse (TBS) a proposé la stratégie suivante afin d’étudier de façon systématique les différences entre hommes et femmes face à la tuberculose. Il s’agit:

  • de réexaminer les données d’anciennes enquêtes ventilées par âge et par sexe et des données détenues par des programmes de lutte antituberculeuse afin de préciser l’ampleur et la nature des disparités entre hommes et femmes, et d’entreprendre de nouvelles études épidémiologiques pour établir une proportion hommes-femmes de référence dans ce domaine;

  • d’élaborer un protocole générique fondé sur des méthodes appropriées relevant de l’épidémiologie et des sciences sociales permettant de recenser les obstacles et autres problèmes liés à l’appartenance sexuelle qui empêchent l’accès aux soins et les soins eux-mêmes au sein des programmes de lutte antituberculeuse;

  • d’adapter ce protocole en vue d’une étude comparative dans des contextes multiples et divers, dans le cadre d’un programme de lutte antituberculeuse qui fonctionne, auprès de personnel motivé et avec des moyens de recherche au niveau local. La comparaison de divers contextes sociaux et culturels permettra de préciser dans quelles conditions les obstacles liés à l’appartenance sexuelle apparaissent et quelle est leur variabilité, et de proposer des solutions pratiques pour les surmonter.

  • d’expérimenter les interventions proposées pour lutter contre la tuberculose en tenant compte des différences entre hommes et femmes et de comparer les résultats dans différents contextes. de mettre au point des lignes directrices et des outils afin que les programmes de lutte antituberculeuse contribuent à la réduction des disparités entre les sexes.

Activités

Des données ventilées par âge et par sexe sont systématiquement recueillies auprès des programmes nationaux de lutte antituberculeuse et présentées dans le rapport mondial annuel sur la lutte antituberculeuse du Département Halte à la tuberculose. L’équipe Stratégie et opérations de lutte antituberculeuse (TBS) collabore avec le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales (TDR) et le Département Genre, femmes et santé de l’OMS. Lors d’un atelier organisé par le TDR, des protocoles génériques ont été mis au point pour l’étude des différences entre hommes et femmes concernant la lutte contre la tuberculose. Le TDR a ensuite soutenu des projets en Inde, au Bangladesh, au Malawi et en Colombie pour l’adaptation et la mise en oeuvre ces protocoles génériques. Les résultats obtenus dans ces différents contextes ont été analysés et regroupés.

Un rapport, en cours de préparation, enrichira les connaissances déjà acquises et pourra aider les programmes nationaux de lutte antituberculeuse à aborder les questions liées à l’appartenance sexuelle. L’équipe TBS aide également le Département Genre, femmes et santé à préparer un «outil» pour faciliter l’étude et le choix d’interventions permettant de traiter les aspects de la lutte antituberculeuse qui ont trait à l’appartenance sexuelle.

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