Tuberculose (TB)

Déficit de financement de la lutte contre la tuberculose

Il manque 1,6 milliard de dollars pour financer la lutte dans 118 pays admissibles au financement du Fonds mondial.

Mars 2013

Il manque des fonds internationaux d’un montant de 1,6 milliard de dollars (US $) sur les 4,8 milliards de ressources totales nécessaires chaque année pour lutter contre la tuberculose dans 118 pays admissibles au financement du Fonds mondial.

Au cours des trois années de la période 2014-2016, ces fonds permettront de traiter 17 millions de personnes atteintes de tuberculose et de sauver 6 millions de vies dans ces 118 pays.

Combler le déficit de financement de la lutte contre la tuberculose

En 2011, 8,7 millions de personnes ont contracté la tuberculose et cette maladie transmissible a coûté la vie à 1,4 million d’individus. La tuberculose est, à l’échelle mondiale, la deuxième cause de décès dus à des maladies infectieuses, après le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, il faudrait mobiliser au moins 1,6 milliard auprès de la communauté internationale pour combler le déficit de financement pour la période 2014-2016 dans 118 pays à revenu faible ou intermédiaire qui sont admissibles au financement du Fonds mondial.

Le montant total des ressources nécessaires pour combattre la tuberculose et sa forme multirésistante dans ces pays s’élève à 4,8 milliards de dollars (US $) par an.

D’après les projections, les apports nationaux pourraient couvrir l’essentiel (plus de 65%) des besoins de financement liés à la lutte et aux soins antituberculeux dans ces 118 pays, soit l’équivalent de 3,2 milliards. Mais il faudra pour cela que le financement de la lutte contre la tuberculose progresse parallèlement à la croissance économique et qu’un engagement politique accru intervienne, particulièrement dans les pays dont la contribution actuelle n’est pas à la mesure de leurs moyens financiers.

La présente estimation des besoins mondiaux de financement de la lutte antituberculeuse pour la période 2014-2016 est la première à être faite. Elle s’appuie sur le travail approfondi mené avec neuf pays à forte charge de morbidité, en collaboration avec le Fonds mondial et le Partenariat Halte à la tuberculose, en vue de réexaminer les priorités des pays pour les trois années à venir et d’estimer les fonds disponibles et les déficits de financement.

Le Fonds mondial constitue le plus vaste effort de financement de la lutte antituberculeuse par les donateurs internationaux.

Un soutien financier indispensable pour sauver des vies

Des progrès notables ont été accomplis au cours des 20 dernières années; ainsi, l’accès à des soins antituberculeux de qualité s’est considérablement élargi. Le soutien financier de la communauté internationale des donateurs est indispensable pour pérenniser les acquis et en accélérer l’impact.

Selon l’OMS, combler le déficit de financement permettrait d’administrer un traitement complet à 17 millions de personnes atteintes de tuberculose, y compris sa forme multirésistante, et de sauver 6 millions de vies au cours des trois prochaines années.

Déficit de financement par région et par an

  • Afrique: 930 millions de dollars (US $);
  • Amériques: 30 millions de dollars (US $);
  • Asie du Sud-Est: 150 millions de dollars (US $);
  • Europe: 200 millions de dollars (US $).
  • Méditerranée orientale: 160 millions de dollars (US $);
  • Pacifique occidental: 150 millions de dollars (US $);

Plus de 58% du montant de quelque 1,6 milliard de dollars (US $) sollicité auprès des donateurs est destiné à la Région africaine de l’OMS. Les déficits à combler pour les autres Régions de l’OMS s’établissent comme suit:

  • 12% dans la Région européenne;
  • 9% dans la Région du Pacifique occidental;
  • 10% dans la Région de la Méditerranée orientale;
  • 9% dans la Région de l’Asie du Sud-Est; et
  • 2% dans la Région des Amériques.

Domaines d'investissement prioritaires de 2014 à 2016

Généralisation du diagnostic et du traitement efficace contre la tuberculose sensible aux médicaments

  • Montant total nécessaire chaque année: 2,6 milliards de dollars (US $)
  • Fonds disponibles pour 2011: 2 milliards

Dans les pays à faible revenu, en particulier en Afrique, c’est principalement dans ce domaine que le financement devra être renforcé. Des investissements dans les soins antituberculeux de base permettront de prévenir le développement de la pharmacorésistance.

Traitement de la tuberculose multirésistante

  • Montant total nécessaire chaque année: 1,3 milliard de dollars (US $)
  • Fonds disponibles pour 2011: 0,5 milliard de dollars (US $)

C’est dans ce domaine qu’il faudra le plus accroître le financement au cours des prochaines années.

Diagnostic rapide et renforcement connexe des laboratoires

  • Montant total nécessaire chaque année: 0,6 milliard de dollars (US $)

Le montant des fonds disponibles pour 2011 n’est pas connu, mais à l’époque, les outils de diagnostic rapide n’étaient guère utilisés.

Activités de collaboration tuberculose/VIH (à l’exclusion des traitements antirétroviraux)

  • Montant total nécessaire chaque année: 0,3 milliard de dollars (US $)
  • Fonds disponibles pour 2011: 0,1 milliard de dollars (US $)

Ces chiffres ne tiennent pas compte du traitement antirétroviral des patients tuberculeux vivant avec le VIH, qui est financé par les programmes de lutte contre le VIH et leurs donateurs.

Recherche et développement

  • Montant total nécessaire chaque année: 2 milliards de dollars (US $)
  • Fonds disponibles pour 2011: 0,6 milliard de dollars (US $)

Mise au point de nouveaux médicaments antituberculeux, outils de diagnostic et vaccins, par exemple.

Priorité aux pays à faible revenu

On estime que le financement national pourrait augmenter progressivement pendant la période 2014-2016, en particulier s’agissant des pays à revenu intermédiaire - tranche inférieure et tranche supérieure. À l’exception des pays à faible revenu, la plupart des pays devraient être en mesure de couvrir une grande partie – mais non la totalité – de leurs besoins de financement de la lutte contre la tuberculose en faisant appel à des sources intérieures.

Les pays à faible revenu auront sans doute besoin d’un soutien international plus important.

Le Fonds mondial, dans le cadre de son nouveau modèle de financement, vise à satisfaire en priorité les besoins financiers des pays à faible revenu.

Montant total des ressources nécessaires et déficits de financement international

  • 36 pays à faible revenu – montant nécessaire: 0,7 milliard – déficit: 0,5 milliard
  • 53 pays à revenu intermédiaire – tranche inférieure: montant nécessaire: 2,1 milliards – déficit: 0,6 milliard
  • 29 pays à revenu intermédiaire – tranche supérieure : montant nécessaire: 2 milliards – déficit: 0,5 milliard

La tuberculose multirésistate: un besoin criant de ressources

Selon les projections établies à partir des structures de dépenses actuelles, le déficit de financement le plus important concernera le traitement de la tuberculose multirésistante.

Alors que le nombre de cas notifiés de tuberculose multirésistante augmente dans les pays à forte charge de morbidité, moins de 20% des sujets tuberculeux soupçonnés de tuberculose multirésistante font l’objet d’un dépistage et d’un traitement.

Si l’on peut réunir la totalité des fonds nécessaires, d’ici à 2016, plus de 90% des patients tuberculeux soupçonnés d’être atteints d’une tuberculose multirésistante bénéficieront d’un dépistage et d’un traitement dans sept pays connaissant une charge de morbidité de la tuberculose multirésistante élevée: Afrique du Sud, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Pakistan, Philippines et Ukraine.

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