Tuberculose (TB)

La tuberculose des deux côtés de la frontière

Poste frontière de Maseru, Lesotho – Le Lesotho est une enclave au coeur de l'Afrique du Sud, les déplacements de personnes entre les deux pays sont incessants.

Voyage au coeur de la lutte contre la tuberculose multirésistante et ultrarésistante

Cela pose des problèmes considérables si l’on veut enrayer le flux de la tuberculose pharmacorésistante. «L’un des principaux problèmes réside dans le fait que si quelqu’un contracte la tuberculose en Afrique du Sud et rentre au Lesotho, il ne continue pas toujours le traitement, ce qui fait que la tuberculose ordinaire évolue en tuberculose MR», a déclaré le Dr Mphu K. Ramatlapeng, Ministre de la Santé et de la protection sociale.

Un enfant joue de la guitare sur un chemin de terre
OMS/Dominic Chavez
Palamang Lenkoe joue de la guitare sur un chemin de son village, Sekhutlong au Lesotho.

Les ministres de la santé de la région ont engagé des discussions sur les moyens d’échanger des informations en matière de lutte antituberculeuse, mais a-t-elle précisé « nous n’avons pas beaucoup avancé jusqu’à présent. Tant que nous ne l’aurons pas fait, si un seul pays a un problème de tuberculose, tous les autres en auront aussi.»

Le Lesotho a fait de son côté un petit pas en recrutant les deux premiers gardes-frontière du pays chargés de surveiller les problèmes de santé liés à l’environnement.

Fin 2008, après avoir travaillé pendant deux mois, les officiers ont déclaré qu’ils n’avaient pas arrêté une seule personne pour des raisons de santé – et qu’ils n’auraient pas su comment le faire. «Ce n’est pas si pratique», a expliqué Bonang Ntsaole, 23 ans, dans le bureau qu’il partage avec un douanier qui procède à des vérifications au passage du bétail.

Bonang Ntsaole a expliqué que lui et son assistant, Keneude Senoko, ne disposent d’aucun équipement permettant de dépister les maladies, ni de laboratoire pour effectuer les analyses. Ils ont demandé une infirmière, un mini-dispensaire, un véhicule, des vêtements de protection, des gants et des masques. Jusqu'à présent, ils n’ont rien reçu.

Ils souhaitent aussi collaborer avec les gardes-frontière sud-africains en charge des questions de santé, mais ceux-ci sont à une heure de marche et ne viennent sur la frontière que deux fois par semaine. Et eux-mêmes travaillent huit heures par jour, cinq jours par semaine, alors que la frontière est ouverte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

«Les gens ne font qu’aller et venir», a dit Bonang Ntsaole, «et nous n’y pouvons rien.»

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