Tuberculose (TB)

À la recherche de nouveaux partenaires pour vaincre la tuberculose multirésistante

Les Philippines tentent de lutter contre la tuberculose multirésistante (MR) depuis pratiquement aussi longtemps que n’importe quel autre pays du monde. Et pourtant cette lutte ne fait que commencer.

Voyage au coeur de la lutte contre la tuberculose multirésistante et ultrarésistante

Huit ans après sa mise en oeuvre, le programme de traitement de la tuberculose MR s’est étendu essentiellement au "Grand Manille", ce qui représente environ 13% de la population d’un pays comptant 91 millions d’habitants et 7107 îles.

Les habitants qui vivent hors de cette zone métropolitaine et qui ont le malheur de contracter la tuberculose MR ne peuvent encore choisir qu’entre deux alternatives: regagner la région de Manille pour y être soignés ou ne pas recevoir le bon traitement.

Des jeunes patients portant un masque sur le visage reçoivent des médicaments antituberculeux
OMS/Dominic Chavez
Au Centre international de la Tuberculose de Manille, la jeune Charlene atteinte de tuberculose multirésistante participe à la distribution de médicaments pour ses camarades.

Un chiffre permet de comprendre les besoins: le programme de lutte contre la tuberculose MR a traité environ 1300 patients au cours de ses huit premières années d’existence, mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 12 000 personnes sont infectées chaque année par la tuberculose MR aux Philippines.

Pour répondre à ces besoins non satisfaits, le gouvernement philippin a lancé au début de 2009 un ambitieux programme de trois ans visant à élargir le traitement de la tuberculose MR aux principales régions du pays. Au cours de la première année, ce programme espère ouvrir des centres de traitement de la tuberculose MR dans six régions.

Ce passage à une plus grande échelle passe par l’identification de partenaires locaux, par la sélection de structures pour les dispensaires et les laboratoires, par l’équipement des laboratoires et par la formation d’une vaste gamme de personnel de santé.

«Il va falloir entreprendre un travail impressionnant pour réaliser tout cela» , a expliqué le Dr Rosalind G. Vianzon, Directrice du programme national de lutte antituberculeuse, qui dépend du Département de la Santé. « Nous ne sommes pas en avance. Nous devons courir pour rattraper notre retard».

Michael N. Voniatis, un expert en tuberculose de l’OMS qui travaille au bureau du Dr Vianzon, a déclaré que le secteur public du "Grand Manille" et ses partenaires privés avaient prouvé que le pays était capable de traiter efficacement la tuberculose MR. «Mais les trois prochaines années seront décisives pour le succès des tentatives d’interruption de la transmission dans tout le pays», a-t-il prévenu.

Le Dr Vianzon assure que son bureau a beaucoup appris des expériences acquises dans le "Grand Manille" – notamment qu’il a besoin de toutes les aides possibles.

«Notre expérience de ces dernières années nous a appris que nous, au gouvernement, ne sommes pas en mesure de résoudre tout seuls un problème aussi grave que la tuberculose, ou un problème encore plus grave tel que la tuberculose MR», a-t-elle déclaré. «Nous avons besoin que tous les partenaires s’impliquent – qu’ils soient privés ou publics. Nous avons besoin de tout le monde.»

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