Tuberculose multi et ultrarésistante: réunion ministérielle 2009

Une maladie infectieuse mortelle qui ne connaît pas de frontières

OMS/Dominic Chavez 2009

En 2008-2009, un nombre record de cas de tuberculose MR [1] a été déclaré à l’OMS: le nombre de nouveaux cas est estimé à un demi-million par an. La tuberculose pharmacorésistante cause une mortalité plus élevée et elle est nettement plus difficile et plus chère à soigner que la tuberculose pharmacosensible.

La tuberculose ultrarésistante (UR) [2], forme de tuberculose MR de souche hautement pharmacorésistante dont l’issue est bien plus défavorable, est aujourd’hui signalée dans plus de cinquante pays. Elle résulte d’une mauvaise prise en charge de la tuberculose MR. Aujourd’hui, seulement 3% environ du nombre estimatif de cas de tuberculose MR suivent un traitement conforme aux normes de l’OMS, et nombreux sont les malades mal soignés par différents dispensateurs publics ou privés.

On peut écarter la menace que la tuberculose MR et la tuberculose UR font peser sur l’ensemble du monde en mettant en place sans plus attendre des mesures de lutte antituberculeuse dans l’ensemble du système de santé, comme le recommande la stratégie Halte à la tuberculose. Si les pays ne font rien, ils risquent de devoir faire face à une épidémie de tuberculose multi et ultrarésistante (MR/UR) plus importante.

" Une généralisation de la tuberculose ultrarésistante constituerait un revers très sérieux."
Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS à la 61e Assemblée mondiale de la santé.

L'explosion des dépenses de santé

En 2009, il faudra 1,2 milliard de dollars pour financer le diagnostic et le traitement de la tuberculose MR et UR, ce budget atteindra quelque 11 milliards pour la période 2010-2015, sans compter les coûts à la charge des patients eux-mêmes.

Ces dépenses exerceront une forte pression sur le budget santé des gouvernements et les systèmes de santé publique déjà en difficulté dans les pays en développement, à revenu intermédiaire et dans les économies en transition.

Les pays doivent réagir sans plus attendre s'ils ne veulent pas faire face à des dépenses bien plus élevées à l'avenir.

Ne rien faire coûtera de toute évidence plus cher que d'agir. Il faut sans retard mener une action de bien plus grande ampleur au niveau mondial pour prévenir la tuberculose pharmacorésistante.


[1] On parle de tuberculose multirésistante (tuberculose MR) quand le bacille tuberculeux résiste aux deux médicaments antituberculeux de première intention les plus efficaces (isoniazide et rifampicine).

[2] On parle de tuberculose ultrarésistante (tuberculose UR) quand un bacille tuberculeux multirésistant résiste aussi aux médicaments antituberculeux de deuxième intention les plus efficaces (tous les médicaments de la famille des fluoroquinolones et l’un des trois médicaments injectables amikacine, capréomycine et kanamycine).