Initiative pour un monde sans tabac

Informations sur les aspects économiques de la lutte antitabac


Les taxes et les pauvres

L’un des problèmes soulevés par les gouvernements est la nature régressive des taxes pour les fumeurs pauvres. Avec leur hausse, la part des dépenses de tabac dans les revenus des ménages s’accroît, imposant un fardeau supplémentaire sur le budget familial, notamment chez les fumeurs pauvres. Cet argument vaut pour tous les biens et services.

En ce qui concerne les produits du tabac, nocifs pour la santé, le contre-argument apparaît en regardant les avantages et les coûts d’une augmentation des taxes, au-delà de l’impact sur les revenus des ménages. Selon les données disponibles, les pauvres sont plus sensibles aux hausses des prix, en conséquence de quoi on s’attend à ce que l’élévation des taxes conduise probablement la majorité des fumeurs à réduire leur consommation ou à arrêter de fumer.

Pour les fumeurs pauvres, leur famille et plus généralement la société dans son ensemble, les avantages du sevrage sont énormes car ils entraîneront une baisse des dépenses de santé et un surcroît de ressources pour d’autres biens essentiels, nourriture ou éducation par exemple.

De plus, les gouvernements pourraient affecter les revenus supplémentaires générés par l’augmentation des taxes sur le tabac à des programmes sociaux bénéficiant aux pauvres, comme des services de santé abordables et accessibles, une assurance maladie et des programmes de sevrage du tabac (WHO technical manual on tobacco tax administration, 2010).

Pour contrer les arguments économiques invoqués contre la lutte antitabac, il faut renforcer les données factuelles, ainsi que les compétences techniques et analytiques des responsables publics, des milieux universitaires et de la société civile. Cela permettra de faire avancer le programme de la lutte antitabac et d’apporter des améliorations à l’économie comme à la santé publique.

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