Pandémies et conséquences du choléra

Pandémies

Les catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme, de même que les conditions régnant dans les camps de réfugiés surpeuplés, peuvent augmenter beaucoup les risques d'épidémies. Il en résulte souvent des flambées explosives avec des taux de létalité élevés. A la suite de la crise au Rwanda en 1994 par exemple, il y a eu 48 000 cas de choléra, dont 23 800 mortels, au cours des flambées qui se sont produites dans les camps de réfugiés de Goma, au Congo. Bien qu'elles soient rarement aussi mortelles, les flambées posent toujours un grave problème de santé publique et entraînent des perturbations considérables de la vie sociale et économique, ainsi que des pertes en vies humaines. Rien qu'en 2001, l'OMS et ses partenaires du Réseau mondial d'alerte et d'action en cas d'épidémie ont participé à la vérification de 41 flambées dans 28 pays.

Tout au long de l'histoire, des flambées dévastatrices de choléra ont frappé sporadiquement les populations du monde entier. Hippocrate (460 - 377 avant JC) et Galien (129 - 216 après JC) décrivaient déjà une maladie qui pourrait être le choléra et de nombreux indices font penser qu'une maladie de ce type était connue dès l'antiquité dans les plaines du Gange.

Les connaissances modernes sur le choléra ne remontent cependant qu'au début du 19ème siècle, lorsque les chercheurs ont commencé à progresser dans leur compréhension des causes et du traitement de la maladie. La première pandémie, ou épidémie mondiale, a commencé en 1817 à partir de la zone d'endémie en Asie du Sud-Est et s'est propagée dans d'autres régions du monde. Cette pandémie et celles qui ont suivi ont fait des ravages et se sont répandues dans le monde entier avant de reculer.

En 1961, la septième vague pandémique démarre en Indonésie et gagne rapidement d'autres pays asiatiques, l'Europe, l'Afrique et finalement, en 1991, l'Amérique latine qui n'avait plus eu de choléra depuis plus d'un siècle. Elle se propage alors rapidement sur ce continent où elle provoque près de 400 000 cas et 4 000 décès dans 16 pays des Amériques cette année-là.

En 1992, un nouveau sérogroupe, dérivant génétiquement du biotype El Tor, apparaît au Bangladesh où il provoque une épidémie étendue. Appelée V. cholerae O139 Bengal, cette nouvelle souche a été détectée dans 11 pays et demande d'être étroitement surveillée. Bien qu'on ne dispose d'aucun élément pour évaluer la portée de ce nouveau développement, la possibilité d'une nouvelle pandémie ne saurait être écartée. En 1905 par exemple, El Tor avait été isolé comme une souche non virulente mais elle a acquis par la suite une virulence suffisante pour provoquer la pandémie actuelle.

Conséquences économiques et sociales

En dehors des souffrances éprouvées par les malades, les flambées de choléra provoquent la panique, désorganisent les structures économiques et sociales et peuvent freiner le développement des communautés touchées. Cédant à une panique injustifiée, certains pays imposent des restrictions aux voyageurs venant des pays où sévissent des flambées épidémiques de choléra ou limitent les importations de certains aliments. C'est ainsi que, en raison des embargos sur le commerce des denrées alimentaires et des conséquences négatives qu'elle a eu sur le tourisme, la flambée de choléra au Pérou en 1991 a coûté US $770 millions à ce pays.

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