Mélamine et acide cyanurique

Toxicité, évaluation préliminaire du risque et orientation sur les teneurs dans les denrées alimentaires

25 septembre 2008

Introduction

On a notifié en Chine une incidence accrue des calculs rénaux et de l’insuffisance rénale chez les nourrissons et l’on pense qu’elle est liée à l’ingestion de préparations pour nourrissons contaminées à la mélamine. On a découvert que la mélamine avait été délibérément ajoutée dans le lait brut pendant un certain nombre de mois afin de gonfler sa teneur apparente en protéines.

En 2007, il y a eu aux États-Unis une grande flambée d’insuffisances rénales chez les chats et les chiens en relation avec l’ingestion d’aliments pour animaux contenant de la mélamine et de l’acide cyanurique. La mélamine avait été délibérément ajoutée à l’un des ingrédients. Isolée, elle a une toxicité faible mais des études expérimentales ont montré que l’association à l’acide cyanurique conduit à la formation de cristaux néphrotoxiques.

On ne sait pas si l’acide cyanurique a lui aussi été délibérément ajouté ou s’il est un produit dérivé de la préparation de mélamine qui a été utilisée. L’analyse de l’ingrédient contaminé (du gluten) à l’origine de cette flambée a révélé la présence des triazines suivantes: mélamine 8.4%, acide cyanurique 5.3%, ammelide 2.3%, ammeline 1.7%, uréidomélamine et méthylmélamine <1% pour chacune d’elles (Dobson et al 2008).

Il semble que l’on puisse retrouver la mélamine dans le lait et dans les produits laitiers à des teneurs variables allant de quelques parties par milliard à des valeurs comptées en parties par million. À la suite de l’incident concernant la nourriture pour animaux en 2007, des évaluations préliminaires du risque ont été publiées par des autorités nationales et régionales. Elles sont à la base de cette orientation préliminaire mise au point pour aider au processus décisionnel sur les problèmes sanitaires potentiels concernant les teneurs en mélamine dans l’alimentation.

Nous proposons cette orientation préliminaire comme une première approche pragmatique en attendant de disposer de plus d’informations pour faire une évaluation plus détaillée. Il faut noter qu’il existe actuellement de grandes incertitudes sur ces évaluations, qu’elles empêchent de donner des orientations plus détaillées et qu’elles soulignent le besoin d’obtenir davantage de données.

L’OMS a entrepris d’élaborer une évaluation plus complète en réunissant des chercheurs internationaux.

Partager